A M. ÉM. ALGLAVE
Lille, le 25 janvier 1877.
Mon cher arai,
J'ai lu avec le plus vif intérêt le très remarquable article de M. Delbœuf : Les mathématiques et le transformisme *. Il rae paraît devoir entraîner la conviction dans un bon nombre d'esprits, chez tous ceux qui regardent l'introduction prudente des mathématiques dans une science comme la marque d'un état de perfection relative et le point de départ de progrès ultérieurs. Toutefois, quelques lecteurs de la Revue pourraient s'être laissé effrayer par le titre même de l'article et l'emploi de formules algébriques dans un sujet de cette nature : il est peut-être utile de leur montrer que l'éminent professeur de Liège ne s'est pas placé sur un terrain trop éloigné de la réalité et que les propositions qu'il établit sont, jusqu'à un certain point, susceptibles d'une vérification expérimentale en attribuant au mot expérience un sens plus large que celui qu'on lui donne ordinairement.
Et d'abord insistons sur ce fait que Delbœuf a parfaitement saisi le point faible des .objections soi-disant mathématiques qu'on a dirigées