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à des espèces encore existantesj mais qui ont changé depuis y il s'était trouvé très embarrassé pour expliquer la disparition de ces formes anciennes. La tentative qu'il fit pour cela, à propos des grands animaux Vertébrés, est même assez malheureuse : les Palaeotheriunij les Anoplotherium^ les Megalonyx, les Megatheriunty les Mastodontes n'auraient péri, si tant est qu'ils aient péri, ajoutait Lamarck, que parce que nos ancêtres seraient parvenus à détruire tous les individus des espèces qu'ils n'ont pas voulu conserver ou réduire ii la domesticité *.
C'est h Ch. Darwin qu'il était réservé de faire disparaître cette difficulté en découvrant le procédé par lequel les formes nouvelles, mieux adaptées aux conditions de milieu, suppriment peu à peu, par la concurrence vitale, les types anciens moins bien armés dans cette lutte pour l'existence.
• La struggle for llfe et la survivance du plus apte, puis, comme conséquence immédiate, la sélection naturelle, c'est-à-dire le choix nécessaire et irraisonné fait par la nature des individus les mieux harmonisés avec le milieu, telles sont les idées fécondes et nouvelles que Darwin exposa en 1858, près de cinquante ans après la publication de l'immortelle Philosophie zoologique.
Comme Lamarck, Darwin avait eu ses précurseurs. Il était impossible, en effet, qu'un phénomène aussi évident que celui de la lutte pour la vie n'eût pas frappé les naturalistes et même les hommes ignorant les sciences naturelles, mais doués de quelque esprit d'observation.
Aristote, dont les œuvres eurent pendant tout le moyen âge une influence peut-être égale à celle de la Bible et même supérieure dans le domaine scientifique, Aristote, dont le nom se trouve mêlé à l'histoire de toutes les grandes questions de philosophie biologique, a décrit en termes très précis les combats auxquels se livrent les animaux d'une espèce dont l'habitat est limité lorsque la nourriture vient à manquer :
« Toutes les fois que les animaux habitent les mêmes lieux et qu'ils tirent leur vie des mêmes substances, ils se font mutuellement la guerre; si la nourriture est par trop rare, les bêtes mêmes de race semblable se battent entre elles. C'est ainsi que les Phoques d'une même région se font une guerre implacable, mâle contre mâle, femelle contre femelle, jusqu'à ce que l'un d'eux ait tué l'autre