Naval timber and ar oriculture
L'économiste anglais Malthus, dans son Essai sur le principe de la population^ était arrivé par des considérations de statistique sur la multiplication des hommes d'une part, et, d'autre part, sur la production des aliments animaux ou végétaux nécessaires à leur consommation, à formuler la loi empirique suivante :
« Dans un espace déterminé, une île par exemple, tandis que le nombre des hommes s'accroîtra en progression géométrique, la quantité de substance nécessaire à leur entretien n'augmentera que suivant une progression arithmétique. » On sait la conclusion pratique que Malthus tirait de cette proposition. Les conclusions théoriques que Darwin en a déduites ont une importance bien plus considérable.
« La lutte pour l'existence, dit-il *, résulte inévitablement de la rapidité avec laquelle tous les êtres organisés tendent à se multiplier. Tout individu qui, pendant le terme naturel de sa vie, produit plusieurs œufs ou plusieurs graines, doit être détruit à une période quelconque de^son existence ou pendant une saison quelconque, car autrement, le principe de l'augmentation en progression géométrique étant donné, le nombre de ses descendants deviendrait si considérable qu'aucun pays ne pourrait les nourrir. Aussi comme il naît plus d'individus qu'il n'en peut vivre, il doit y voir dans chaque cas lutte pour l'existence, soit avec un individu de la même espèce, soit avec des individus d'espèces différentes, soit avec les conditions physiques de la vie. C'est la doctrine de Malthus appliquée avec une intensité beaucoup plus considérable à tout le règne animal et à tout le règne végétal, car il n'y a là ni production artificielle d'alimentation, ni restriction apportée au mariage par la prudence. Bien que quelques espèces se multiplient aujourd'hui plus ou moins rapidement, il ne peut en être de même pour toutes, car le monde ne pourrait plus les contenir. »
Darwin ne s'est pas contenté d*étudier avec le plus grand soin les différentes formes de la concurrence vitale et les aptitudes qu'elle développe chez les êtres vivants. Il a, en outre, plus que ses devanciers, approfondi dans tous leurs détails les phénomènes si complexes de l'hérédité et essayé de les grouper dans sa théorie, fort imparfaite d'ailleurs, de la Pangenèse.
Enfin, de ces notions combinées de la lutte pour la vie et de l'hérédité, Darwin a déduit, avec beaucoup de force et un grand luxe