XXXVIII NOTICE
de jours après, l'appela madame de Maintenon; et depuis elle n'a plus porté d'autre nom. « Il est vrai , écrit-elle à madame de « Coulanges , que le roi m'a nommée ma- « dame de Maintenons que j'ai eu l'imbé- « cillité d'en rougir, et tout aussi vrai « que j'aurois de plus grandes compîai- « sances pour lui, que celle de porter le (' nom d'une terre qu'il m'a donnée '. >^
Le roi et madame deMontespan, troublés par les prédications de la semaine sainte de l'année 1675 ^ , résolurent de se séparer ; et madame de Montespan quitta la cour. Le roi fit appeler madame de Maintenon, pour connoître jusqu'aux plus légères circonstances de ce départ. Celle-
' Quand sa faveur fut plus déclarée , les courtisans l'appelèrent madame de Maintenant, i T'. la lettre de madame de Sévigné, du 18 septembre 1680. )
* Ce ne fut pas en if>76 , comme Rulhière a cherclié à l'établir. ( V, VHistoire de Bossuct , par M. le cardinal de Bausset, t. II , note d»; la page 53 , et la note de la lettre 36o de mon édition des Lettres de madame de Sévigné , in-S« , t. II , p. 269. )
SUR MADAME DE MAINTtNON. XXXIX
ci joignit ses efforts à ceux de Bossiiet et de Moiitaiisier : elle exposa au roi , avec une fermeté respectueuse, combien de semblables attachements nuisoient à sa gloire. « Il vient un temps, lui disoit-elle, « où de longs regrets succèdent à de « courtes passions : jetez les yeux sur les « Carmélites, et voyez comme on s'en « punit. »
Louis XIV avoit déjà commencé à revenir des préventions qu'il avoit d'abord entretenues contre madame de Maintenon; les lettres, tout-à-ia-fois nobles , simples et spirituelles, que celle-ci lui avoit écrites àl'occasiondu duc du Maine, avoient appris au roi que cette femme tant redoutée étoit l'ennemie de l'affectation : cette conversation acheva de l'en convaincre; et la courageuse libellé de madame de Maintenon inspira au monarque un sentiment profond d'estime mêlée de respect. De ce moment , il rechercha les occasions de lui parler ; et il paroît que de son côté, madame de Maintenon crut avoir reçu d'en-haut la mission de travailler à la conversion du roi : '< Quand jo