‹ Conversations inédites de madame la marquise de MaintenonChapitre 19 sur 51 · XL NOTICE · texte numérisé non relu

XL NOTICE

» commençai, disoit-elle, à voir qu'il ne >♦ me seroit peut-être pas impossible d'é- M tre utile au salut du roi , je commençai » aussi à être convaincue que Dieu ne » m'avoit amenée à la cour que pour cela, V et je bornai là toutes mes vues '. «

L'année suivante, madame de Montespan alla aux eaux de Bourbon, et madame de Maintenon resta près du roi. Laissons madame de Sévigné faire elle-même le tableau de la nouvelle situation de celle qu'elle désigne comme Xamie de l'amie. « Parlons àaXamie^ elle est en- « core plus triomphante; tout est soumis )' à son empire; toutes les femmes-de- » chambre de sa voisine (madame de w Montespan) sont à elle; l'une lui tient » le pot à pâte , à genoux devant elle ; )^ l'autre lui apporte ses gants ; l'autre » l'endort; elle ne salue personne ■*. »

Au retour de Bourbon , toutes les réso huions s'étant évanouies, madame de Montespan crut avoir repris son premier em^

' Xl^ Entretien.

* Lettre à sa tîllc, du 6 mai 167^.

sur. MADA.ni: irj. maiistknois. xlî

pire; mais ni sa beauté, ni les agréments <le son esprit, ne faisoient oublier madame de Maintenon , avec laquelle le roi continua d'avoir de fréquentes conversalions : souvent il venoit chez la maîtresse pour y causer avec Xamie , et il avoit de la peine à dissimuler son regret, s'il ne l'y rencontroit pas. L'empressement de Louis XIV n'étoit plus le même; les soins qu'il donnoit encore étoient plutôt l'effet de l'habitude que l'expression d'un sentiment qui, une fois éteint , ne sait plus renaître. Madame deLudres et ensuite mademoiselle deFontanges, avoient trouvé le moyen de plaire : madame de Montespan ne cessoit de tourmenter le roi par les accès d'une jalousie inquiète; et souvent madame deMaintenon, appelée pour rétablir le calme , devenoit bientôt ellemême l'objet des hauteurs et des emportements de la maîtresse irritée. Chaque jour voyoit renaître des scènes nouvelles, (\\\\ faisoient regretter à madame de Maintenon de n'avoir pas pris plus tôt le parti de la retraite. « Je nesaurois comprendre, ») écrivoit-clle à l'abbé Gobelin, que la

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