‹ Conversations inédites de madame la marquise de MaintenonChapitre 5 sur 51 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

l'ame de Françoise le sentiment des de^ voirs que lui împosoient le nom et l'illustration de son aïeul.

Constant d'Aubigné mourut vers i645, peu de temps après le retour de sa femme, ne laissant aucune ressource à sa famille. Madame d'Aubigné, revenue en France, ne put refuser à madame de Villette de lui confier de nouveau sa jeune fille; elle n'y consentit cependant qu'avec un regret extrême, et pour obéir à l'impérieuse loi delà nécessité. Elle craignoit pour les principes religieux de Françoise, et elle eut en effet la douleur de lui voir embrasser le calvinisme, dont madame de Villette faisoit profession.

Mademoiselle d'AubJLmé trouva dans le château de Murçay de fréquentes occasions de se livrer au penchant qu'elle avoit naturellement de soulager les malheureux : elle y distribuoit souvent d'abondantes aumônes, au nom de sa tante, pour les vertus de laquelle elle conserva toujours tant de vénération, que, pressée d'abjurer l'hérésie , et convaincue sur les principaux points de dissidence, ellerésistoit encore

et ne vouloit se rendre qu'à condition qu'on ne l'obiigeroît pas de croire que sa tanteseroit damnée.

Madame de Neuillan, pour faire sa cour à la reine-mère , et peut-être aussi à la prière de madame d'Aubigné^ obtint un ordre pour retirer Françoise d'Aubigné des mains de madame de Villette. On employa tous les moyens pour ramener Françoise à la religion de sa mère, mais les exhortations et les conférences demeurèrent long-temps infructueuses. Madame de Neuillan résolut de la vaincre par les humiliations, et mademoiselle d'Aubigné, reléguée parmi les domestiques, fut chargée des détails les plus abjects. « Je com- « mandois dans la basse cour, disoit-elle « depuis , et c'est par ce gouvernement « que mon ï'ègne a commencé ».

On finit cependant par sentir l'inconvenance de ce traitement , et mademoiselle d'Aubigné fut mise au couvent des Ursulines de Niort, où, après une longue résistance, elle finit par faire son abjuration. De ce moment madame de Villette refusa d'acquitter sa pension, lesre-

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