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Maintenant il est certaines phrases qui sont inconciliables avec la foi au christianisme ; écoutons une dissertation curieuse fournie par M. le chevalier Artaud, dans son histoire de Pie VIT, ouvrage si justement couronné par l'académie française, qui a décerné à l’auteur le grand prix - Monthyon.
Pendant qu'on traitoit à Paris pour le concordat, le pape étoit circonvenu par tous ceux qui avoient intérêt à troubler la bonne harmonie qui alloit s'établir. Un jour, dans une entrevue, Pie VII prit une feuille imprimée, la lut tout bas, et me dit ( à M. Artaud): Voil& une proclamation faiteen Egypte, où, en s'adressant aux Turcs, il y a deux ans, on assure qu'on a déjà chassé de Rome le vicaire de J.-C. sur la terre. C’est s’accuser injustement et gratuitement. Ce n'est pas par ordre de Bonaparte que Pie VI a été enlevé ; on n’a .pas été si cruel. Vous concevez, Monsieur, que nos amis nous font connoître ces sortes de pièces pour nous éclairer et nous aider à nous mieux conduire.
Cette pièce étoit UN FAUX MONITEUR . imprimé sur un papier commun, que des malveillants avoient fait fabriquer, et qui étoit censé renfermer des actes relatifs à l'expédition de Bonaparte en Egypte.
Je tiens de M. le général comte de Montholon que le général Menou fut vivement réprimandé par Napoléon, pour avoir embrasse l'islamisme ;
ce fut la raison qui empécha de lui confier le commandement de l’armée, Kléber étant plus jeune que lui et moins ancien de grade.
Mais on dit que Bonaparte n’étoit pas chrétien dans le fond du cœur, que son .christianisme était un besoin de son ambition et le corollaire de son système de gouvernement. C'est là une de ses assertions qu'on avance sans la prouver. Le christianisme n'est pas autre chose que la conscience elle-même ,.si bien qu'écouter sa conscience, c’est être chrétien. Ceci posé, qu'on lise les phrases suivantes, écrites par Napoléon dans sa première jeunesse,et qui sont tirées de sa lettre à Buttafuoco, et de son discours à l’académie de Lyon. |
Malheur à celui qui nie la moralité de la cons-
‘cience, il ne connoît de la vie que les rebuts et 1xs PLAISIRS DES SENS... L'état du riche est l'empire de l’imagination déréglée, de la vanité, nes sours- SANCES DKS SENS, des caprices, des fantaisies, ne l'enviez jamais... LEs PLAISIRS DES SENS émoussent la délicatesse du sentiment ..….. il y a dans l'aspect de la nature une électricité qui nous fait éprouver des émotions délicieuses SANS AUCUN ÉBRANLEMENT VIOLENT... Selon le monde infôme l'argent pro- Cure LES PLAISIRS DES SENS, ET LES PLAISIRS DES SENS SONT LES SRULS.... L’égoiste ne connoît dans le cours de sa vie que les calculs de son intérêt, l'ins-
tinct de la destruction, l'avidité la plus infitme, 12 PLAISIRS, LES VILS PLAISIRS DES SENS.
Je le demande à ceux qui ont une connoissance de- la religion et le sentiment des vertus les plus délicates qu'elle commande, cette religion, ces vertus étoient-elles ignorées du jeuneofficier capable d'écrire des maximessi pures, si énergiques ???
C'est encore dans M. de Bourrienne que se trouve le passage suivant :
Le son des cloches produisoit sur Bonaparte un effet singulier que je n'ai jamais pu m'expliquer ; il l’entendoit avec délice; lorsque nous étions à la Malmaison, et que nous nous promenions dans l'allée qui conduit à la plaine de Ruel, combien de fois le son de la cloche de ce village n'a-t-il pas interrompu les conversations les plus sérieuses. Il s’arrétoit pour que le mouvement de nos pas ne lui fit rien perdre d’un retentissement qui le charmoit. Il se fachoit presque contre moi, de ce que je n'éprouvots pas les mêmes impressions que lui. L'action produite sur ses sens étoit telle, qu’il avoit la voix émue et qu'il me disoit alors : « CELA ME RAPPELLE LES PREMIÈRES ANNÉES QUE J’AI PASSÉES À BRIENNE, J'ÉTOIS HEUREUX ALORS ! j'ai été viNGT rols témoin du singulier effet que produisoit le son de la cloche sur Napoleon.
Il est une autre objection plus mesurée.
« Pourquoi dit-on, l'empereur n’avoit-il pas son chapelain à Rochefort ? » Ceci n’est plus une eon-
damnation sans appel. Ce langage du moins est celui de la bonne compagnie. Rien d’injurieux ! il n’y a même plus d’affirmation. On doute, et il semble qu’on veut s’éclairer. Notre réponse sera courte et péremptoire : d’abord la rapidité des événements de Waterloo et la précipitation du départ de Paris ; ensuite, un document officiel inédit qu’on lira dans le cours de cet ouvrage, constate que le chapelain ne fut pas tout-à-fait oublié, puisqu'il faisoit diligence pour arriver à Londres, et qu’il y rejoignoit l’empereur, si le cabinet anglais n'avoit précipité le départ pour Sainte- Hélène. Lafayette et les représentants français avoient affecté une brutalité inouie, dans leur empressement pour éloigner l’empereur de Paris, aussitôt qu'ils eurent prononcé la déchéance. Le cabinet anglais imita cet exemple : les uns et les autres avoient peur sans doute, que le nom seul du héros n’exerçât quelque influence mystérieuse sur les esprits, qui le cherchoient comme un s0leil éclipsé, et qu'il ne se fit dans sa fortune, un de ces revirements dont il savoit tirer un si grand parti. Toujours est-il certain que l'abbé Buonavita, le même qui plus tard fut le chapelain de Longwood, et qui était attaché à là chapelle des Tuileries, dans les cent jours, était parti de Paris avec l’ordre de rejoindre : malheureusementilne put arriver à Londres que deux jours après le départ de l’empereur.