CHAPITRE IX
O jour de colère et de vengeance...
Lorsque le souverain juge paraîtra pour examiner les actions de l’homme selon la rigueur de sa justice!!!
(Prose de la messe des morts).
Après sa mort, son visage portoitencore l’empreinte du calme de son âme.
Il y avoit six heures que Napoléon étoit sans vie; les exécuteurs testamentaires avoient pris ‘connaissance d'un codicille, qui devoit être ouvert immédiatement après la mort de l'empe- . reur : Ce codicille étoit relatifaux gratifications qu'i | accordoit sur sa cassette à toutes les personnes de sa maison et à des aumônes que Napoléon ordonnoit de distribuer aux pauvres de Sainte-Hélène.
Le corps resta exposé le 6 et le7 mai, dans une chapelle ardente, sur un des lits de campagne; ce lit étoit surmonté de petits rideaux blancs, qui servoient de sarcophage... Le manteau de drap bleu, que Napoléon avoit porté à la bataille de Marengo, couvroit le corps: les pieds et les mains étoient libres ; l'épée au côté gauche etun crucifix sur la poitrine; … derrière la tête étoit un antel, où / prétre en surplis et levisage inondé de larmes, réciloit des prières.
Le8 mai, la messe funèbre fut dite avec toute la solemnité possible à Sainte-Hélène. Les troupes prirent le deuil et les armes dès la pointe du jour. Le gouverneur arriva avec le contreamiral at toutes les autorités civiles et militaires de l'ile, qui se trouvèrent réunies à Longwood. La journée étoit magnifique. La population pleine de respact et d'émotion , couvrait les .avenuess la musique couronnoit les hauteurs. Jamais spectacle aussi triste, aussi imposant, n'avoit été étalé dans ces lieux, Midi et demi sonnent, les grenadiers soulèvent avec peine le cercueil, qu’ils parviennent à transporter dans la grande allée du jardin , où les attend le char funèbre. Ils le placent sur le char , le couvrent
— 155 — ° d'ub drap de veleurs violet et dy manteau que Napoléon portoit à Marengo. La maison dé l'eme pereur est en deuil. L'abbé Yignali marche le premier, revètu des ornements sacerdotaut ; #vec lesquels on célèbre li messe, ayant à ses côtés le jeune Henri Bsrtrand , portant un béi niitier d'argent avec son goupillon: puis le doc+ teur Antommarchi, lejeune Napoléon Bertrand, M. Marchand , les comtes Bertrand et Monthoi Jon, qui étolent à cheval; la comtesse Bertrand dvec sa fille Hortense, dans une calèche attelée de deux chevaux , conduits à la main par ses domestiques; ensuite venoient tous les officiers de terre et de mer, ayant à leur tête le gouverneur de l'ils.et le contre-amiral, le général Goffin et lé marquis de Montchenu, tous à che: val. Quinre pièces d'artillerie étoient placées le long de la route, et les canoniers se tenoient à leurs pièces, prêts à faire feu. Des corps de musiciens, placés de distance en distance, ajoutoient encore par leurs sons lugubres à la tristeshe et À là solennité de la cérémonie.
Parvenu à un certain endroit où le char ne pouvoit plus avancer, on fit halte : les grenadiers prirent alors Je cercueil sur leurs
épaules, et le portèrent ainsi jusqu'au lieu de la sépulture, par une nouvelle ronts , qui avoit été pratiquée exprès sur les flancs de la montagne. Les comtes Bertrand et Montholon, Marchaud et le jeune Napoléon Bertrand, portent . les quatre coins du drap. Le cercueil ést déposé sur les bords de la tombe, que l'on avoit tendue en noir. Tout présente un aspect lugubre, tout concourt à augmenter la tristesse et la douleur dont les cœurs sont remplis. L'émotion est profonde , concentrée et silencieuse. On découvre le cercueil. L'abbé Vignali récite les prières accoutumées, et le corps couvert de cette pluie vivifiante des bénédictions catholiques, est descendu dans sa dernière demeure, Jes pieds vers lorient et la tête à l'occident. L'artillerie fit aussitôt entendre trois salves consécutives de quinze coups chacune; le vaisseau amiral avoit tiré pendant la marche vingt-cinq coups de canon, de minute en minute. On soulève une énorme pierre , on la pose au dessus du eercueil , appuyée de chaque côté sur un mur; c'est cette masse qu'on fixe avec de la mäconnerie , et recouverte d’une couche de ciment, qui ferme la tombe. Aussitôt Ja foule
se jette sur les saules qui ombragent la tombe et qui sont déjà l’objet de la vénération ; chacun vouloit en avoir une branche. Il ne fut permis , ni d'élever une pierre tumulaire , ni d'écrire une modeste inscription. Mais on plaça une garde de douze hommes avec deux factionnaires et deux officiers, qui devoient y rester d perpétuité, disoit-on. Signe extraordinaire de la puissance d’un mortel qui faisoit décerner par ses ennemis à son sépulcre un honneur qui avoit été jusque-là le privilège inoui et exclusif du sépulchre du Calvaire!!!
démon, — Christianisme extérieur et matériel de Napoléon. — Absence de foi prouvée par l’absence de pratique. — Les partis qui divisent la France. — Le pape prisonnnier. — Divorce de Jérome Napoléon. — Divorce de Napoléon. — Refus du pape d’être l’allié de Napoléon. — Attentat sacrilége sur le pape. — Napoléon accusé de despotisme et de cruauté. — Assassin du duc d’Enghien. — Tison de discorde. —Le feu des vices réclame le feu de l'enfer, — Équipée de l’île d'Elbe. — Homicide. — Fin des accusations. — Exhortation de la Vierge à l'ange gardien. — — Discours de l’ange gardien qui réfute les arguments da démon. — Nobiesse de l'âme de Napoléon, = Les intentions. — Péché originel et ses suites. — La damnation est le fait de la méchanceté propre des individus. — L'être animal et l’être spirituel. — L'âme de Napoléon dans le sein de sa mère. —- Vertüs de la mère de Napoléon. — Ondoyé et baptisé. — Enfance extraordinaire. — École de Brienne. — La sensibilité est l’éceuil du cœur. —
… Raison et foi de l’écolier. — Sa première communion. — Danger
de l'imsgination. — Effet des mauvaises lectures. — Adhésion à
: la révolutien française.—Trompé par des sophismes et désabusé
par des forfaits. — Besoin d'agir. — Les fautes de la jeunesse de Napoléon n'ont pas été stériles, — Sa foi sort victorieuse du républicanisame. — Chrétien et vertueux à l’armée d'Italie. — L'idée de l'ambition suprême simultanée avec celle du rétablissement de la religion. — Son épée et sa croyance. Hiérarchie nouvelle créée par Napoléon. — Son erreur sur l'indépendance du pouvoir témporel. — Erreur de la passion plutôt que du jagement libre de la volonté, — Condamnation du divorce dont le crime est rejeté sur l’officialité servile de Paris qui l’approuva. — Responsabilité du sang versé à la guerre ou par les tribunaux.
* Excuse de l’orgueil qui étoit l'expression des nécessités de la
politique plus que d’nn cœur altier, — Éloge du cœur de Napoléon. — Son horreur pour la guerre civile. — L'emploi de son temps justifié. — Observation du dimanche sous son règne. — Son droit au paradis fondé sur l’examen de sa vie toute entière et sur la rémission de ses péchés. — Satan vaincu de son propre aveu. — Apparition de plusieurs millions d’élus sauvés par le
. concordat. — Fuite de Satan. — Supplication de la Vierge en
faveur du héros restaurateur des autels de son fils. — Parole de Ja Vierge qui annonce à Napoléon son admission dans le paradis,