SUR ^ATTRACTION DE GR AVITÛ
tion nécessairement plus grande et doit attirer toutes les choses vers elle ; par conséquent , les corps qui ne sont pas soutenus tombent à terre , tandis que ceux qui le sont, pressent l’objet, qui prévient leur chute , d’un poids égal à la force avec laquelle* ils gravitent vers la terre.
Caroline.
Ainsi la même cause qui occasionne la chute des corps , produit aussi leur poids. Que j’élois sotte de n’y avoir pas pensé, puisque c'est la conséquence naturelle et nécessaire de l’attraction ; mais l’idée que les
corps ne fussent pas réellement pesans , n© m’étoit pas entrée dans la tête» Mais 9 Mad. B , si l’attraction est une propriété essentielle de la matière, la pesanteur doit l’être? aussi ; car comment l’une peut-elle exister sans l’autre ?
Mad. B.
Supposez qu’il n’y eût qu’un corps existai dans l’espace infini , quel seroit son poids?
Caroline.
Il dépendrait de son volume ? ou, eu par-
4o sur l?attr action de gravite,
îant avec plus d’exactitude, de la quantile dô matière qu’il contiendroit.
Emilie,
Non , non ; quelle que fût la masse du corps, il n’auroit pas de poids, parce que riennel’attireroit. JN’ai-je pas raison, mad. B.?
Mad. B.
Oui ; vous voyez donc qu’il seroit possible que l’attraction existât sans la pesanteur; toutes les particules dont un corps est composé pos~ séderoient le pouvoir d’attraction , mais elles ne pourroient l’exercer qu’entre elles-mêmes; la masse totale n’ayant lien qu’elle pût attirer ou qui pût l’attirer, n’auroit pas de pesanteur.
Je suis à present bien convaincue que îa pesanteur n’est pas essentielle à l’existence des corps; mais qu’avez-vous â objecter aux couleurs, Mad. B.? vous ne nierez pas, je pense , qu’elles existent réellement dans les corps eux-mêmes.
Mad. B.
Lorsque nous traiteions le sujet des cQU«
sur l’attraction de GRAVITÉ. 4l
leurs , je crois que je réussirai à vous convaincre que les couleurs sont aussi des qualités accidentelles, lout-à-fait distinctes des corps auxquels elles paroissent appartenir.
Caroline.
Oli! expliquez- le nous, je vous prie, des à présent 3 je meurs d’envie de le savoir.
Mad. B.
Si nous ne procédons pas avec quelque ordre et quelque méthode , vous trouverez à la fin de notre cours , que vous avez appris peu de chose. Allons donc réguliès eraent , et revenons à nos propriétés générales , avant d’aller plus loin.
Emilie.
Pour revenir à l’attraction qui me paroît la plus intéressante de toutes , il me semble qu’elle doit être mutuelle entre deux corps, et si cela est ainsi , lorsqu’une pierre tombe vers la terre qui l’attire, la terre doit s’élever et faire une partie du chemin pour aller à sa rencontre.
Certainement 3 mais vous devez vous rap«
4s sur l’attraction de gravite.
peler que la force d’attraction est proportionnée a la quantité de matière que les corps Contiennent ; et si vous considérez l’énorme différence qu’il y a à cet égard entre la pierre et la terre ? vous ne serez pas surprise de ne pas apercevoir la terre s’élever pour rencontrer la pierre • car quoiqu’il soit vrai qu’une attraction mutuelle a lieu entre la terre et la pierre , celle de la dernière est si petite en comparaison de celle de la première f qu’elle en rend l’effet insensible.
Emilie.
Mais puisque l’attraction est proportionnée a la quantité de matière que les corps contiennent , pourquoi les montagnes n’attirentelles pas vers elles les maisons et les églises?
Caroline.
O ciel , Emilie , quelle idée ! Comment les maisons et les églises pourroient- elles s& mouvoir j lorsqu’elles sont filées si ferme à terre ?
Mad. B.
La question d’Emilie n’est point absurde * et votre réponse ? Caroline , est parfaitement juste * mais pouvez- vous nous dire pourquoi