SUR L’ATTRACTION DE GRAVITÉ
Suite de V attraction de gravitation • — . De la pesanteur , — De la chute des corps . — De la
résistance de l’air, — - De ï ascension des corps légers,
Emilie.
O ’ai raconte à ma sœur Caroline tout ce que vous m’avez appris de philosophie naturelle; et elle en a e'té si enchantée, qu’ell© espère que vous aurez la bonté de l'admettra à vos leçons.
Mad. B.
Très-volontiers , mais je ne vous croyoîs aucun goût pour les études de cette nature ,
J’avoue , mad. B. , que jusqu’à présent je ne m’étois pas formé une idée fort agréable de la physique ni des physiciens \ mais ce
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qu’Emilie m’a dit a excité si fort ma curio4 site, que je serai bien contente si. vous vou-< lez me permettre de devenir une de vos élèves.
Mad. B.
Je crains de ne pas vous trouver si traî-* table qu’Emilie ; je sais que vous êtes plus att lâchée à vos propres opinions,,
CaPlOLINE,
Hé bien, vous aurez d’autant plus de mé^ rite à les réformer, mad. B. ; et d’après toutes les merveilles qu’Emilie m a rapportées , je vois que j’aurai mauvais jeu à défendre mes idées, quand elles ne seront pas d’accord ave© les vôtres,
Mad.
Je m’attends bien que vous avancerez nombre d’objections ; mais je les admettrai volontiers , tant qu’elles seront un moyen d’éclaircir le sujet. Emilie, vous rappelezvous les noms des propriétés générales des corps?
sun l’attraction BE GRAVITÉ, 57
C’est l’impénétrabilité, l’étendue , la figure, la divisibilité , l’inertie et l’attraction.
Mad. B.
Très -bien. Souvenez-vous que ces propriétés sont communes à tous les corps , et qu’on ne peut les en dépouiller : toutes les autres se nomment accidentelles, parce qu’elles dépendent du rapport ou de la liaison d’un corps à un autre.
Caroline. ?
Cependant, mad. B. , il y a bien d’autres propriétés essentielles aux corps , que celles qu’Emilie vient d’indiquer, La couleur et la pesanteur , par exemple , sont communes à tous les corps et ne dépendent pas de leuf liaison mutuelle , mais existent dans les corps eux memes; elles ne peuvent donc pas être regardées comme des propriétés accidentelles.
Je vous demande pardon ; ces propriétés n’existent pas dans les corps indépendamment de leur liaison avec d’autres corps»
58 sur l’attraction le crayit£%
Caroline.
Quoi ! Les corps n’ont - ils pas tous un certain poids? Celte table ne pèse- 1~ elle pas plus que ce livre ? et si un corps pèse plus qu’une autre , peut-il ne pas y avoir une chose telle que la pesanteur?
Mal. B.
Non, sans doute; mais cette propriété ne paroît pas essentielle aux corps; elle dépend de leur liaison mutuelle : la pesanteur est un effet du pouvoir d’attraction , sans quoi la table et le livre n’auroient pas du tout d© poids*
Emilie.
Je crois que je comprends; n’est-ce pas l’attraction de gravité qui donne le poids aux corps ?
Mal. B.
C’est cela. Je vous ai dit que cette attraction étoit proportionnelle à la quantité de matière que les corps contiennent ; la terre en contenant bien plus que chacun des corps qui sont à sa surface , a une force d’atirac-