SUR ^ATTRACTION UE GRAVITÉ
les maisons et les églises sont fixées si ferme au sol?
J*ai peur que le hasard seul m’ait fait bien répondre ; car je commence à soupçonner que les maçons et les charpentiers ne donneroient que bien peu de stabilité a leurs bâlimens ? sans l’aide de l’attraction.
Mad. B.
C’est certainement par l’efiet de l’attraction qui existe entre les pierres et le mortier que l’on bâtit une muraille , et l’attraction qui l’attache à la terre est si forte 5 qu’elle résiste à toute au lie impulsion ; autrement elle se mouvroit nécessairement vers les montagnes * mais la force inférieure doit ce* der à la force supérieure. Il y a néanmoins quelques circonstances dans lesquelles l’attraction des grands sorps peut modifier sensiblement celle de la terre. Si ^ sur la pente d’une montagne ? vous tenez un fil a plomb à la main , la pesanteur ne le fera pas tomber perpendiculairement sur la terre ? mais il s’inclinera un peu vers la montagne 3 et cela est du à l’attraction latérale de la montagne ; qui se combine à l’altraclion perpendiculaire de la terre.
SUH l’atTRACLXON DE GRAVITÉ- Emilie.
Mais la grandeur d’une montagne est vraiment une bagatelle , en comparaison de la masse entière de la terre.
L’attraction , vous le savez, diminue quand îa distance croît, et dans l’exemple du fîi à plomb, le poids suspendu est beaucoup plus près de la montagne que du centre de la terre.
Caroline*
Mais je vous prie , mad. B. , les deux bassins d’une balance sont -ils suspendus parallèlement l’un à l’autre ?
Mad. B.
Vous vouiez, je suppose, en d’autres termes, demander si deux lignes, qui sont perpendiculaires à 3a terre , sont parallèles 1 une a l’autre. Je crois deviner le but d® voire question • mais je voùdrois que vous tâb ^liassiez d’y répondre vous-même*
Caroline.
Je croyois que de telles lignes devoienl
toutes deux tendre par la gravité au même
pointeau centre de la terre 5 cependant des
SUB. n’ATTfc ACTION DE GBAYITÉ. 45.
lignes qui tendent au même point ne peuvent pas être parallèles, puisque des lignes parai* lèles sont toujours à une distance égale l’un© de l’autre et ne peuvent jamais se rem* contrer.
Mad. B.
Très -bien expliqué. Vous voyez mainte^ nant l’usage de vos notions sur les parallèles : si vous aviez ignoré les propriétés d© ces lignes , vous n’auriez pas tiré une tell© conclusion. Cela peut vous donner une idée de l’avantage que procure une connoissance , même légère , de la géométrie , lorsqu’on veut apprendre la physique; et si après que je vous aurai exposé les premiers élémens de celte dernière , vous étiez tentée d’en poursuivre l’étude, je vous conseillerois de vous y préparer en acquérant une connoissance plus approfondie de la géométrie. Celle science vous apprendroit que des lignes qui tombent perpendiculairement à la surface d’une sphère, ne peuvent être parallèles entr’elles , tandis que des lignes qui tombent perpendiculaires à une surface plane , sont toujours parallèles , parce que si on les prolongeoit , elles ne se rencontreroient jamais.
46 sur i/attractton dè gravité*
Emilie.
Et cependant les deux bassins d’une balance , qui pendent perpendiculairement à la terre, semblent être parallèles.
Mad. B*
Parce que la sphère est si grande , et en conséquence les bassins de la balance convergent si peu , que leur inclinaison est im~ perceptible à nos sens; mais si nous pouvions construire des balances dont le fléau fut long de plusieurs degrés, leur convergence seroit très-évidente ; mais comme cela ne peut se faire , traçons une petite figure de la terre , et alors nous pourrons y représenter une balance de la proportion qu’il nous plaira (fig. 1 9 planche I
Caroline.
Cette figure rend cela très - clair ; deux corps donc ne penvent pas tomber sur k terre parallèlement ?
Mail B*
Non , jamais.