‹ Conversations sur la philosophie naturelleChapitre 21 sur 54 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

Des Planètes et de leur mouvement. — ~ Dit mouvement diurne de la terre et des Pla~ nèles «r

J E viens à vons aujourd’hui, Mad. B., toutà Fait animée de l’esprit d’opposition* car j’ai découvert une objection si forte à votre th éone de l’attraction , que je doute même si votre grand enchanteur Newton , avec sa baguette magique d’attraction y serait capable de la détruire.

Mao, B.

Eh bien, ma chère Caroline , quelle est* je vous prie , cette importante objection?

Caroline.

Vous dites que les corps attirent en proportion de îa quantité de matière qu’ils con-

CAUSES BU MOUV.t A. DE LA TERRE. 169

tiennent ; cependant tout le monde sait que le soleil est plus grand que la terre , pourquoi donc ne l’attire — t — îl pas? \ ous ne direz pas apparemment que nous tombons sur le soleil ?

Emilie.

Quelque plausible que semble votre objection , Caroline , je crois que vous lui donnez trop de poids; quand nous avons sous les yeux des preuves si convaincantes de savoir et de sagacité, quand nous voyons les opinions de Newton universellement adoptees, pouvons-nous croire que quelqu’objection nouvelle vienne tout-à-coup les renverser?

Caroline.

Cependant j’avoue que je n ai pas du penchant à accorder une loi implicite aux opinions même du grand Newton ; car à quoi nous serviroit notre raison , si nous rejetions le privilège d’en faire usage en jugeant par nous-mêmes.

Mad. B.

C’est cette raison même qui nous apprend, que quand nous 5 novices en science, nous

élevons des objections contre les théories établies par des hommes d’un savoir éminent, nous devrions nous défier de uotre propre opinion plutôt que de la leur. Je suis loin de vouloir imposer à vos questions la plus petite gêne; vous ne pouvez pas mieux vous convaincre de la vérité d’un svstème qu’en trouvant qu’il résiste a toutes vos attaques; mais je vous donnerai l’avis de ne pas avancer vos objections avec autant de confiance , afin que la découverte de leur foiblesse vous cause moins de mortification* Pour répondre à celle que vous venez de proposer, je puis seulement vous dire que la terre est réellement attirée par le soleil.

Caroline.

Prenez garde, au moins, que le soleil ne nous consume pas, Mad. B.

Mad. B.

ïî n’y a pas de danger ; mais notre enchanteur Newton , comme il vous plaît de l’appeler, ne peut se tirer de cette difficulté sans l’aide de quelques figures cabalistiques, que je dois tracer pour lui.

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