‹ Conversations sur la philosophie naturelleChapitre 28 sur 54 · DE DA DUNE, CÎC · texte numérisé non relu

DE DA DUNE, CÎC

moins attirées, auront une force centrifuge plus grande.

Mad. B.

Afin de rendre la question plus simple , supposons que la terre soit partout couverte par l’océan, comme elle est représentée dans la fig, 5 , pl. xn ; L est la lune ; A, B, C, D la terre ; et X, le centre commun de gravité et de mouvement de ces deux planètes. Maintenant les eaux à la surface de la terre autour de A, étant plus attirées que toute autre partie, seront élevées; car d’ailleurs Fattraction de la lune, en B et C, est moindre ; et en D, la plus foible de toutes. Mais la force centrifuge en D sera la plus grande , et les eaux y auront , en conséquence , le plus de tendance à s’éloigner de la lune; les eaux, en B et C , en auront moins ; et en A , moins que partout ailleurs. Donc les eaux en D tendent à s’éloigner, en même temps qu’elles sont moins attirées ; ainsi elles ne peuvent manquer de s’élever et de former une protubérance., semblable à celle qui est en A.

Emilie.

La marée A est donc produite par Fat-

BE LA LUNE , etG,

traction de la lune et croît par la foiblesse de la fo rce centrifuge en cette partie; et la marée D est produite par la force centrifuge^ et croît par la foiblesse d’attraction de la lune»

Et quand la haute marëe est en À et en D? il y a peu d’eau en B et en C. De nouveau maintenant, je crois comprendre la nature des marées, quoique ce soit moins aisé, je l’avoue , que je ne l’avois cru d’abord.

Mais, Mad. B, , pourquoi le soleil ne produit-il pas des marées aussi bien que la lune; car son attraction est encore plus grande ?

Mad. B»

Cela auroit lien à une égale distance , mais notre proximité de la lune rend son influence plus puissante. Le soleil a néanmoins un effet considerable sur les marées, et les augmente ou les diminue suivant qu’il agit en conjonction ou en opposition avec la lune»

Emilie.

Je n’entends pas très-bien.

iJJE LA LUNE , elC.'

Mad. B.

La lune met un mois à tourner autour de la terre; deux fois donc, pendant ce temps, à la pleine lune et à son renouvellement , elle est dans la même direction que le soleil; tous deux étant en conjonction agissent de même sur la terre, et produisent ensemble ce qu’on appelle les hautes marées, comme on le voit dans la figure 4, en A. et B ; mais quand la lune est à la partie intermédiaire de son orbite, le soleil, au lieu de l’aider, diminue sa force en agissant en opposition à elle; et il se produit de plus petites marées, qu’on nomme basses marées , comme 011 le voiL dans la figure 5.

Emilie.

J’ai souvent remarqué ces différences , quand j’ai été au rivage de la mer.

Mais puisque l’attraction est mutuelle entre la lune et la terre, nous devons produire des marées à la lune, et elles doivent etre plus grandes à proportion de ce que notre planète est plus grande ; cependant la lune ne paroît pas d’une forme ovale.

DE LA LUNE , etCJ

Mad. B*

Vous devez vous souvenir que, pour rendre Pexplication des marées plus claire , nous supposions toute la surface de la terre couverte par l’océan ; niais il n’en est pas ainsi, ni pour la terre ni pour la lune; et la terre, qui coupe l’eau, détruit la régularité de l’effet.

Caroline.

C’est vrai ; nous devons néanmoins être sûrs que toutes les fois que la marée est haute , la lune est immédiatement sur nos

têtes.

Mad. B.

On ne peut pas non plus dire cela ; car comme un effet semblable est produit dans le lieu du globe , immédiatement sous la lune, et du côté le plus éloigné d’elle , elle ne peut pas culminer à la fois sur la tête des habiians de deux parties directement opposées. Bailleurs, comme l’orbite de la lune est très- près d’etre parallèle à celle de la terre, elle n’est jamais verticale que pour les habitans de la zone torride; dans ce climat, les marées sont donc plus grandes, et elles

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