‹ Conversations sur la philosophie naturelleChapitre 50 sur 54 · DE DA STRUCTURE DE L’ŒIL · texte numérisé non relu

DE DA STRUCTURE DE L’ŒIL

les yeux jeunes et bien constitues, les filets musculaires , auxquels le cristallin est attaché , le gouvernent si bien, que le foyer des rayons tombe toujours sur la rétine , et qu’il se forme une image distincte des objets tant lointains que rapprochés.

Dens les yeux des poissons, qui sont les seuls yeux que j’aie vus séparés de la tête, la cornée n’a pas de renflement dans la partie de l’œil qui se voit en dehors.

Mad. B.

La cornée de l’oeil des poissons n’est pas plus convexe que le reste du globe de l’œil; mais pour suppléer à ce manque de convexité, leur cristallin est sphérique, et réfracte les rayons si fort, qu’il n’a pas besoin du secours de la cornée pour amener le foyer sur la rétine.

Emilie.

Pourquoi, je vous prie, ne pouvons-nous pas voir distinctement un objet quand nous l’approchons très-près de l’œil?

ET DES INSTRUMENS OPTIQUES. 5lg

Mad. B.

Parce que les rayons tombent sur le cristallin trop divergens pour être réfractés à un foyer sur la rétine; ainsi la confusion, qui vient de ce que nous regardons un objet trop près de l’œil, est semblable à celle qui vient de l’aplatissement du cristallin ; les rayons atteignent la rétine avant d’avoir été rassemblés en un foyer ( figure 4 ). Sans cette imperfection , nous pourrions voir et distinguer les parties des objets qui nous sont actuellement invisibles à cause de leur petitesse ; car nous pourrions les approcher beaucoup de l’œil, et leur image sur la réliriü seroit tellement agrandie qu’elle les rendroit visibles.

Et ne pourroit-on pas inventer un moyen de faire converger sur la rétine des rayons émanés d’un point très-voisin de l’œil?

Mad. B.

Le microscope est destiné à cet usage. Le microscope simple (fig. 5) n’est autre chose

5ao DE DA STRUCTURE DE D’dlD ,

qu’une lentille convexe, au foyer de laquelle on met l’objet. En regardant à travers cette lentille , on peut beaucoup approcher l’œil de l’objet ; car la lentille AB, en diminuant la divergence des rayons , avant leur entrée dans la pupille C , les fait tomber parallèles sur le cristallin D , qui les fait réfracter en tin foyer sur la rétine RR*

Emilie.

C’est une admirable invention et rien n’est plus simple ; la lentille ne grossit l’objet qu’eo nous permettant de le rapprocher de notre œil.

Mad. B.

Les lentilles qui ont le plus court foyer grossissent le plus l’objet, parce qu’avec leur secours on peut le voir de plus près.

Emilie.

Mais une lentille qui a un foyer très-court est très bombée ou convexe , et la protubérance delà lentille empêche l’œil d’approche^ beaucoup de l’objet.

ET DES INSTRITMENS OPTIQUES. 5si

Mad. B.

On v remédie en faisant la lentille extrêmoment petite ; elle pent alors être sphérique sans occuper beaucoup d’espace, et elle réunit ainsi les avantages d’avoir un fover court , et de permettre à l’œil d’approcher de l’objet.

Caroline.

Nous avons à la maison un microscope qui est un instrument beaucoup plus compliqué que celui que vous nous avez décrit.

Mad. B.

C’est le microscope double (fig. 6), dans lequel ce n’est pas l’objet, AB, mais son image grossie, ab , que vous voyez. Dans ce microscope on emploie deux lentilles , l’une LM pour grossir l’objet, et qu’on nomme objectif, l’autre, NO, n’agit que comme le microscope simple , et on l’appelle oculaire.

Il y a une autre espèce de microscope, qu’on nomme le microscope solaire et qui étonne par ses grossissemens ; dans cet instrument nous voyons aussi l’image for-

52 2 BE LA STRUCTURE BE l’<EIL ,

mée par une lentille et non l’objet luinie tue* Comme le soleil lui» , je peux vous en montrer l’effet ; mais pour cela il nous faut leï mer les volets , et ne laisser entrer (pi un peut faisceau de lumière, par l’ouverture du volet qui nous a servi pour la chambre obscure, Nous placerons à présent devant 3a lentille CD, prescju’à son foyer, l’objet AB, cjui est un petit insecte (pl.xxm, fig. i)c

L’image EF sera donc représentée sur le mur opposé, comme le paysage l’étoil dans 3a chambre obscure , avec cette différence , qu ehe sera grossie au lieu d’être diminuée*, Je vous laisserai expliquer cela en examinant la figure.

Emilie.

Je vois cela d’un coup-d’œiî; l’image EF est, grossie, parce qu’elle est pins loin de 3a lentille que î objet AB * tandis que l’image du paysage et oit diminuée , parce qu’elle é'oit plus pies de la lentille que le paysage. Une lentille répond donc au but de grossir aussi bien que de diminuer les objets?

tl. xxm .

Mad. B.

Oui ; si on veut grossir l’image on place l’objet près du foyer de la lentille $ si on veut la diminuer, on place l’objet loin de la lentille, pour qu’il se forme une image au foyer ou près de ce point.

Caroline.

La force de ce microscope pour grossir est prodigieuse* mais le manque de lumière rend l’image indistincte et l’instrument bien imparfait. Ne seroit-il pas plus clair, si on agrandissoit l’ouverture du volet pour laisser entrer plus de lumière.

Mad. B.

Si on faisait entrer toute la lumière, elle ne tomberoit pas sur l’objet ; cela ne feroit donc qu’èclairer la chambre et rendre parla l’image moins distincte.

Emilie.

Mais ne pouvons* nous pas, par une autre

lentille , porter en un foyer sur l’objet un

grand pinceau de ravons , et concentrer ainsi sur lui toute la lumière qu’on lait entrer.

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