‹ Conversations sur le commerce des grains et la pro tection de l'agricultureChapitre 22 sur 59 · LE PROHIBITION NIS PB · texte numérisé non relu

LE PROHIBITION NIS PB

Toujours la liberté 'in commeroe '

L'É( 0NOMI8TE.

Partout et toujours.

i.'i Miaiiin.

»ue, pour nia part, que vos raisonnementi commencent a m'ébranler un peu. .le comprends bien, par exemple, qu'en réglementant et en vexant

une industrie ou un commerce, on en détourne la concurrence, et qu'on crée ainsi un monopole dont les consommateurs payent les frais.

l'économiste.

Enfin !

Je conviens qu'entre le monopole qu'on crée ainsi, d'une manière artificielle, en réglementant, et... l'économiste.

... En cassant des vitres?

l'émeutier.

En cassant des vitres, soit ! je conçois, dis-je, qu'entre ce monopole et la concurrence, on choisisse la concurrence. Mais, je le déclare, elle ne m'inspire pas encore assez de confiance pour que je lui abandonne le soin de pourvoir à la subsistance des populations. Cette grande tâche, voyez-vous, c'est le gouvernement qui doit la remplir; c'est le gouvernement qui doit nourrir le peuple ! Voilà la vraie solution du problème des subsistances, la solution la plus simple et la plus économique.

l'économiste.

En apparence. La plus compliquée et la plus chère en réalité.

LE PROHIB1TIONNISTE.

Cette fois, je suis pleinement de votre avis.

l'émeutier.

J'ai relu nos grands penseurs, et'je vous avertis que vous ne me convertirez pas aisément. l'économiste.

Nous verrons bien.

QUATR I ËME CON VERSATION

Sommaire : Comment le gouvernement de l'Icaric nourrit son peuple. — Agréments d'un repas icarion. — Partage et distribution des mets. — Les fonctionnaires porte-corbeilles. — Que l'auteur du Voyage en Icarie a organisé la servitude de l'estomac. — Expérience tentée pendant la révolution française. — Comment la Convention, après avoir anéanti le commerce des grains et proscrit ceux qui le faisaient, a essayé de nourrir le peuple. — Résultats désastreux de cette expérience. — Ce que doit faire le gouvernement pour que le peuple soit nourri ; ce qu'il ne doit pas faire. — Que la liberté du commerce seule peut nourrir le peuple.

L'ÉCONOMISTE

Notre discussion a fail un grand pas. Vous êtes tombés d'accord avec moi qu'on ne peut qu'aggraver les maux de la disette el les perpétuer en réglementant la production alimentaire el en entravant le commerce des grains.

i.i. PR0HIB1T10NHISTE.

A l'intérieur.

i.'u ONOMJG J i ..

A l'intérieur, si il ' flous examinerons plus tard ce

• ju'il convient de faire à l'extérieur. En attendant,

sommes d'accord sur les r< cléments restrictifs

des marchés, bui le maximumt sur la taxe du p. un,

LE GOUVERNEMENT QUI NOURRIT LE PEUPLE. 12o

l'émeutier.

Fort bien, mais je vous avertis que si j'ai reculé, c'est pour mieux sauter. Avez-vous lu Gabet? l'économiste.

Sans doute.

LE PROHIBITIONNISTE.

Gabet, l'auteur du Voyage en Icarie, une rapsodie communiste ! Il a fondé une communauté aux Etals- Unis, mais l'affaire a marché tout de travers. Une scission s'est opérée dans la communauté, et les mécontents' ont traîné le fondateur de l'Icarie devant la police correctionnelle. Gabet a eu des désagréments judiciaires.

Qu'importe ! Son Voyage en Icarie n'en est pas moins un chef-d'œuvre.

l'économiste.

Gomment donc se fait-il que le spectacle du bonheur dont jouit la communauté icarienne n'ait pas encore converti les Américains au cabétisme ? l'émeutier.

C'est que, voyez-vous, en- toutes choses, les commencements sont difficiles. Et puis, il y a tant d'envieux! Gela n'empêche pas Gabet d'être un génie organisateur de premier ordre. Vous allez en juger par un simple extrait de son chapitre sur la nourriture des Icariens. Vous savez que le Voyage en Icarie est écrit sous la forme d'un roman. l'économiste.

G'est une forme qui me paraît judicieusement choisie.

Un grand seigneur anglais, un lord, visite cette république idéale, dont les attraits finissent par le séduire. Yoici la description qu'il donne du mécanisme merveilleux, — merveilleux de simplicité surtout, — à l'aide duquel le gouvernement icarien nourrit son peuple. Écoutez :

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