I.'u ONOMISl E
Oui, dans les moments <»ù nos prix sont un peu plus bas que chez eux, comme à notre tour nous allons acheter en Angleterre dans les moments où les prix j -"Ut un peu plus bas que chez nous. Mais consultez l. - statistiques du commerce des grains, el vous vous convaincrez que toujoun ce commerce ne déplace que des quantités insignifiantes, entre les I qui bou firent simultanément d'un déficit. El nçoil Bans peine, puisque dans ces paj - les
prix sont à peu près au même niveau, et que le commerce ne se soucie pas d'acheter pour revendre sans bénéfice. C'est, dans ce cas, l'intérêt même du commerce qui sert de préservatif contre les exportations.
LE PROQIBITIONNISTE.
Supposons cependant que deux pays soient limitrophes, que l'un soit grand, l'autre petit: nepourrat-il pas arriver que le premier accapare à son profit la subsistance du second?
l'émeutier.
Voilà le danger!
l'économiste.
Voilà la chimère ! L'épuisement des subsistances appartient à la même famille que l'épuisement du numéraire dont les partisans de la balance du commerce menacent les pays qui négligent de protéger leurs manufactures. C'est un conte bleu !
LE PROHIB.ITIONNISTE.
Un conte bleu, l'épuisement du numéraire! Comment! vous n'admettez pas qu'un pays qui achète plus qu'il ne vend soit obligé de payer la différence en numéraire, et qu'il finisse inévitablement par être dépouillé de ses métaux précieux?
l'économiste.
Où donc a-t-on vu qu'un pays ait été dépouillé de son numéraire pour avoir importé plus de marchandises qu'il n'en exportait? Citez-m'en un seul qui ait été victime d'une catastrophe de cette espèce. Vous vous taisez. C'est qu'en effet l'épuisement du numéraire est une pure chimère ; c'estqu'il est impossible
qu'un pays soit dépouillé do son numéraire.
Pourquoi cela?
l'économiste.
Pour la raison fort simple qu'aussitôt qu'on exporte du numéraire, le numéraire hausse comme toute autre marchandise, et qu'on cesse alors de trouver profit à en exporter. .Voilà pourquoi on ne saurait citer un seul pays qui ait jamais été épuisé de son numéraire. On n'en pourrait non plus, et pour la même raison, citer un seul qui ait été dépouillé de sa subsistance. « L'épuisement des subsistances » n'est qu'un argument ridicule, un de ces monstres en papier peinl donl se servent les soldats chinois pour terrifier des adversaires aussi polirons qu'euxmêmes, mais qui excitent simplement la risée de ceux qui en connaissent l'étoffe.
LE PROHIBITIONNISTE.
Soit; mai- du moins la prohibition empêche i<>ujours une certaine quantité de grains de sortir du surtout après la récolte. Elle provoque ainsi une baisse au commencement de l'hiver, ce qui rassura les populations h leur donne confiance dans l'avenir. Voilà un résultat matériel et un résultat moral qui ont bien leur valeur.
il i onomisti .
Eh bien ! examinons de près ce résultat maté] iel et
mitai moral de la prohibition ;i la sortie.