‹ Conversations sur le commerce des grains et la pro tection de l'agricultureChapitre 50 sur 59 · I.l. PR01 i i I lONNie il · texte numérisé non relu

I.l. PR01 i i I lONNie il

Tant pis pour eux. On les laisserait crier. Chacun pour

i.'i I ONOMIfl 1 1 .

Le droil compensateur serait donc uniforme .'

LE PROTECTIONNISTE

Gela va sans dire.

l'économiste.

Et qui le payerait?

LE PROTECTIONNISTE

La belle question ! L'importateur étranger donc. Aujourd'hui, il est affranchi de toute charge, tandis que nous ployons sous le faix, nous autres agriculteurs.

L' ÉCONOMISTE

Vous, un agriculteur? Je vous croyais avocat.

LE PROTECTIONNISTE

Quand nous défendons un client, nous nous identifions avec lui. Notre client, c'est l'agriculture (tirant à son tour une brochure de sa poche). Ecoutez ce que disait M. Pouyer-Quertier du privilège; oui, du privilège, le mot n'est pas trop fort, que votre libreéchange accordait au blé étranger contre le blé national, avant le rétablissement de la protection.

« Pourquoi, parce que j'ai le privilège d'être Français, exigez-vous de moi que les céréales que je produis vous payent 34' p. 100 de mon revenu, tandis que vous n'exigez rien des blés, des avoines ou des orges qui viennent de l'étranger? De quel droit ces produits usent-ils de nos chemins de fer que nous avons payés et pour lesquels nous payons encore chaque année des garanties d'intérêt? Gomment! voilà du blé qui passe sur une route, sur un chemin de grande communication que vous entretenez avec des pierres, que vous payez, et ce blé américain ne payerait rien pour la dégradation de cette route que vous continuerez à entretenir ! (Vifs

applaudissements, — oui et bien mérités.) Est-ce que vous ne trouvez pas que ceci révolte le sens commun? »

Certainement, cela révolte le sens commun. Seriezvous d'un autre avis?

l'économiste.

Je m'en garderais bien. Vous venez de m'ouvrir l'esprit. Cette petite citation renferme en quelques lignes la plus grande découverte du xix° siècle. Nous n'avons plus à nous préoccuper de nos embarras iinanciers. Nous pouvons augmenter nos dépenses sans scrupules et sans inquiétudes, car elles ne pèseront plus sur nos contribuables. Vous avez trouvé le moyen de les l'aire payer par les étrangers. Un trait de génie!

LE PROTECTIONNISTE

Oh! nous n'eu revendiquons par la paternité. Quoique j'aie peu de goût pour les Allemands, je conviens que «'est une découverte qui leur appartient. .M. «le Bismarck l'a portée, le premier, à la tribune, en reprochant aux libre-échangistes de vouloir exonérer Les blés étrangers des charges que suppoi t .-iit 1.'- blés nationaux.

l'économiste.

Cela prouve que M. «le Bismarck esl un grand i nomisteetun grand financier. Hais a-t-il bien aperçu toute la portée de sa découverte ? J'en doute. Ecoutez plutôt :

m nous pouvons, en établissant des droits com-

i-ui i -m les bléi et la viande, obliger les pro«

iméricaim .1 supporter me- partie de nos.

charges, pourquoi nous arrêterions-nous en si beau chemin? Pourquoi n'appliquerions-nous pas le même système à tous nos articles d'importations étrangères, matières premières et produits manufacturés? Pourquoi ne ferions-nous pas payer nos impôts, non seulement par les agriculteurs américains, indous, australiens, mais encore par des industriels anglais et allemands?

LE PROTECTIONNISTE

Je n'y verrais aucun inconvénient. Au contraire! l'économiste.

Chaque fois que nous augmenterions nos dépenses et que l'équilibre du budget se trouverait rompu, le ministre des finances n'aurait plus besoin de se creuser la tête pour découvrir de nouveaux impôts; il ne fatiguerait plus ses collègues de ses demandes d'économies; il exhausserait, d'un cran le tarif des douanes, voilà tout! Les Anglais, les Américains, les Allemands et les autres étrangers crieraient bien un peu sans doute, mais qu'est-ce que cela pourrait nous faire? Ils crieraient, mais ils seraient bien obligés de payer.

le protectionniste.

Oui, c'est un système dont je n'avais pas apprécié d'abord toute la fécondité. On pourrait l'étendre, le généraliser.

l'économiste.

Ce n'est rien moins qu'une panacée financière.

* A la vérité, les étrangers ne manqueraient pas de s'en emparer et de frapper, à leur tour, nos produits

de droits compensateurs. Gela diminuerait les avantages du système.

l'économistk.

.Mais avouez que ce serait un spectacle curieux et une expérience extraordinairement intéressante. Ce serait la pierre de touche des capacités financières des États. Du moment où les Américains, les Anglais, les Allemands et les autres étrangers seraient obligés de payer nos dépenses, et réciproquement, il est bien clair qu'on ne se gênerait plus. On ferait rouler l'argent; est-ce que vous ménageriez l'argent des Allemands?

LE PROTECTIONNISTE

Par exemple ! Je me ferais un devoir patriotique d'épuiser l'Allemagne, de la ruiner de fond en comble.

l'économiste.

Comptez que l'Allemagne, de son côté, se ferait un devoir el un plaisir d'épuiser la France.

Oui, ce seraii une invention merveilleuse. Seulement, elle ressemble à ta fameuse jument de Roland, qui n'avait qu'un défaut : c'était d'être morte. Nous n'avons malheureusement aucun moyen d'obliger les producteurs étrangers à payer les impôts français.

l.i. PROTI CTIONNISTI ,

Pourtant si nous ta—us leurs produits à l'entrée en ii snce .'

i. i I 0ROMI81 i .

i bien! il- se font rembourser la taxe par léi rainaleun français, en j ajoutant les frais des

retards et des formalités que comporte la perception des droits de douane. Gomment voulez-vous que les choses se passent autrement? Voici, par exemple, un marchand de grains de New-York ou de Chicago. Il a de grosses provisions de blé dans ses élévateurs. Avant de les expédier en Europe, il consulte la cote des marchés anglais et français, que le câble lui a apportée le jour même. Il sait que ses blés auront un droit de 3 francs par quintal métrique à payer à la douane du Havre, tandis qu'ils entreront en franchise à Londres ou à Liverpool. Que fait-il? Il expédie ses blés sur Londres et Liverpool, à moins que les prix des marchés français ne soient de 3 francs plus élevés que les prix anglais, de manière à compenser la différence. Ce n'est pas vous qui faites la compensation à ses dépens, c'est lui qui la fait aux dépens du consommateur français. Quand vous dites à vos bons électeurs que c'est l'importateur américain qui payera les droits sur les blés, vous vous moquez d'eux.

LE PROTECTIONNISTE

Se moquer des électeurs? Y pensez-vous?

l'économiste.

Vous les bernez, si vous aimez mieux. Vous profitez de leur ignorance pour leur faire avaler des bourdes grosses comme le mont Blanc. Vos droits compensateurs visent l'importateur étranger, mais c'est le consommateur français qu'ils atteignent. Maintenant, j'en conviens, ils peuvent avoir pour effet de compenser les charges de l'agriculture

•-Vm LE COMMERCE DES GRAINS.

Ah! enfin!

l'économiste.

Oui, ils peuvent les compenser en obligeant les consommateurs de blé et de viande à les supporter à la place de l'agriculteur. Il reste à savoir si ce déplacement est équitable.

le protectionniste. , L'agriculture est écrasée d'impôts.

l'économiste.

Pas plus que les autres branches de travail.

le protectionniste.

Allons donc! C'est trop fort. Nous succombons sous le faix.

l'économiste.

C'est un compte facile à établir. D'après M. Pouyer- Quertier, les charges de l'agriculture s'élevaient à 956 millions. Mettons un milliard pour arrondir le compte. Nous payons .'5 milliards d'impôts, et davantage. L'agriculture fournil la moitié de la production de la France, h elle occupe la moitié de la population. Elle devrait donc, en bonne justice, payer la moitié 'le- impôts. D'après vos propres calculs .'lit' c'en paye que le tiers. De quoi se plaintelle •' Mai- je H'- veux p.i^p*^ chicaner sur les chif- .!■• suppose qu'elle paye exactement -a part. i><' quel droit voudrait-elle obliger les autres contribuables, qui payent la leur, a lui rembourser la Bienn

i.i: PROTO i IONNIB1 B.

■ une prétention qu'elle n'a jamais émise.

Les agriculteurs sont des gens raisonnables et d'honnêtes g-ens.

Je n'ai jamais dit le contraire. Mais continuons à compter. Vous avez obtenu un droit de 3 francs par quintal de blé, et de 20 centimes en moyenne par kilogramme de viande. Vous demandez aujourd'hui qu'on porte le droit sur le blé à 5 francs et qu'on élève en proportion les droits sur les autres céréales et sur les viandes. Mettons 30 centimes par kilogramme de viande et faisons notre compte. On évalue la consommation annuelle du froment à 100 millions de quintaux métriques, et celle de la viande à 1,300 millions de kilos. A 5 francs par quintal métrique de blé, c'est 500 millions. A 30 centimes par kilogramme de viande, c'est 390 millions. Ajoutons seulement MO millions pour les céréales inférieures, avoine^/orge, maïs, dont la consommation annuelle est é^ale à celle du froment, et nous arriverons à un^nilliard. Si je calculais avec vos méthodes, j'irais4( 1,200 millions et même à 1,500, mais je me conteste d'un milliard.

LE PROTECTIONNISTE

Oh ! je fais mes réserves sur le chiffre. Je le réduirai en poussière.

l'économiste.

En attendant, cherchons qui payera cet impôt supplémentaire d'un milliard. Ce sont les 38 millions de consommateurs de pain et de viande qui le payeront, et ce sera en moyenne 26 fr. 31 par tête qu'ils auront à ajouter aux 104 francs d'impôts que leur

demande l'État. Leurs charges seront augmentées d'un cinquième et portées à 130 francs. Comment ce nouvel impôt se répartira-t-il entre eux?

LE PROTECTIONNISTE

Mais, d'après votre propre calcul, ce ne serait pas un nouvel impôt; ce serait un simple déplacement des charges de l'agriculture.

l'économiste.

Laissez-moi achever. La population agricole qui forme la moitié de la population de la France aurait à supporter la moitié du milliard provenant du renchérissement du pain et de la viande ; en revanche, ce renchérissement compenserait le milliard d'impôts qu'elle paye à l'Etat. Elle serait donc exonérée de 500 millions. Resteraient 500 millions qui s'ajouteraient aux charges de l'autre moitié de la population, vouée à l'industrie, au commerce, aux beauxarls, aux professions libérales, aux fonctions publiques. Ce sérail lourd, convenez-en.

LE PROTECTIONNISTE

Je n'en conviens nullement. Votre calcul est fantastique.

i.'i i 0NOMISTB.

Noua verrons bien. Ces! un cadeau annuel de 500 millions que la population qui vil de l'industrie, du commerce, etc., sérail obligée de faire à celle qui vit de l'agriculture. Maintenant, comment ce cadeau se répartirait-il entre les propriétaires grands el petits, les fermiers el métayers, les ouvriei sàf

imenl dit, & qui profilerait le renchéi i sèment ?

Il ne profiterai! pas aux ouvriers qui ne vendront

ni blé ni viande, qui sont de simples consommateurs et qui auraiant, comme tels, à payer leur quote-part de 26 fr. 31 par tête. Profilerait-il aux fermiers et aux métayers? Dans les premiers temps peut-être, mais à l'expiration des baux et conventions, les propriétaires ne manqueraient pas d'augmenter le taux des fermages et redevances en proportion de l'augmentation du prix du blé et de la viande. Profiterait-il enfin à la généralité des propriétaires, aux petits comme aux grands? Non; la presque totalité des petits propriétaires consomment plus de céréales de toute sorte et de viande qu'ils n'en produisent. Il n'y a en France que 7 à 800,000 propriétaires, moyens et grands, qui produisent plus de denrées agricoles qu'ils n'en consomment. Voilà la seule chose qui puisse profiter et qui profite temporairement du moins de la protection, et remarquez bien qu'elle en profite d'autant plus que sa production de blé et de viande dépasse davantage sa consommation. En un mot, les bénéfices de la protection, qui sont nuls ou même négatifs pour les petits propriétaires, vont croissant avec l'étendue des propriétés. On a eu donc parfaitement raison de comparer la protection agricole, ou prétendue telle, à une dîme prélevée sur la généralité des Français, y compris les agriculteurs eux-mêmes, au profit des grands propriétaires. C'est pis encore ; c'est un impôt progressif établi en raison de la pauvreté, et dont le produit est distribué en raison de la richesse.

LE COLLECTIVISTE

C'est abominable.

LE PROTECTIONNISTE

C'est fantastique, vous dis-je. Vos calculs pèchent par la base. En rétablissant les droits sur les céréales et le bétail, et môme en les augmentant dans une proportion raisonnable, comme nous allons le faire, nous avons voulu protéger l'agriculture ; mais nous n'avons jamais eu l'intention de faire hausser le prix du pain et de la viande. Jamais ! jamais ! La nourriture du peuple, c'est sacré !

l'économiste.

Mais si les droits sur le blé et le bétail ne doivent pas avoir pour effet d'en faire hausser les prix, à quoi peuvent-ils bien servir? Gomment peuvent-ils protéger l'agriculture?

LE PROTECTIONNISTE

Ils peuvent empêcher les prix de baisser1. l'économiste.

Empêcher la baisse ou faire la hausse, n'est-ce pas exactemenl la même chose? De deux choses l'une; ■ m les droits sur les subsistances n'exercent aucune influence sur les prix et, dans ce cas, ils ne protègent pas l'agriculture; ou ils influent sur les prix, ils les font hausser ou les empêchent <lc baisser et,

' Si lei surtaxes n'uni pas enrayé l«' mouvoment de baisse

riocipaui produits de notre agriculture, e*i il p. 'nuis d'eu

. • que 'Uns notre pays de protection manufacturière si

ichange manufacturier, elles n'ôtsioul pas l'un «1rs

(]•• rouir en anjt- u la production indigène dei céréales

et dei

me lemble, n'aut irise une telle conclusion, d'abord

,.<'- nul w poun ait 'h.' i- jutqu'où ferait tombée noti >■ ayri-

i i i itout, Ji'U, nui cfagrieut'

tint ,

dans ce cas, ils établissent sur la généralité des consommateurs de pain et de viande un impôt égal à la différence des prix sous un régime de liberté et sous un régime de protection.

LE PROTECTIONNISTE

Mon Dieu ! Je ne dis pas qu'ils soient absolument sans influence sur les prix. Quand ils les feraient hausser de quelques centimes, ce ne serait pas une affaire. Les consommateurs ne s'en apercevraient même pas.

l'économiste.

Mais encore seraient-ils obligés de les payer, ces quelques centimes, et tout le long de l'année. Ils ne se douteraient peut-être pas qu'ils les payent, et ce serait heureux pour vous, car ils seraient bien capables de se fâcher tout rouge. Ils ne verraient pas l'impôt, mais ils le sentiraient.

LE PROTECTIONNISTE

Oh ! si peu. Je vous ai dit que vos calculs pèchent par la base. Vous supposez que les prix s'augmentent de tout le montant des droits. C'est une erreur manifeste, une erreur que les faits se sont déjà chargés de réfuter il y a plus de cinquante ans. Dans les années d'abondance, les prix de nos marchés sont tombés au niveau de ceux des marchés anglais, hollandais, allemands, malgré les droits protecteurs.

l'économiste.

Seulement, vous oubliez d'ajouter qu'à cette époque, il n'y avait que 30 millions de Français, tandis qu'il y en a aujourd'hui 37 millions, 7 millions de

bouches de plus, et que l'agriculture suffisait et au delà à les nourrir. Nous exportions plus de céréales que nous n'en importions dans les années d'abondance. On avait beau empêcher les céréales étrangères d'entrer, cela n'empêchait pas les prix de tomber jusqu'à ce que l'exportation nous eût débarrassés de notre surplus. C'est ainsi que les prix sont tombés, en pleine protection, plus bas que dans aucune des années de liberté. Aujourd'hui, la situation a complètement changé. La France ne produit pas assez de blé pour sa consommation, même dans les meilleurs années.

LE PROTECTIONNISTE

C'esl un grand malheur.

l'économiste.

Si c'est un malheur, la protection n'a pas le pouvoir d'y remédier. Elle l'a, en tout cas, beaucoup moins que la liberté.

LE PROTECTIONNISTE

C'esl .1 savoir.

l'économiste.

C'esl parfaitement su. Ne vous ai-je pas cité les

chiffres de la statistique officielle qui attestent que

notre production agricole s'esl augmentée beaucoup

plus dans la période de liberté de 1861 a 1885 qu'elle

ne l'avait lait dans le même intervalle sous le ré-

de la protection .'

\i. h- est-ce un malheur? Si la France ne produil

Ile- même tout le blé h toute la viande qu'elle

m me, Bi elle est obligée d'acheter le surplus .i

:.- si . elle ■ bI obligée aussi de les p&yerj car

l'étranger ne lui donne pas pour rien son blé et sa viande. Avec quoi les paye-t-elle? Avec des produits de son industrie, avec des soieries, des lainages, des articles Paris. Et j'ajoute que cette production indirecte du blé et de la viande lui est plus avantageuse que ne le serait la production directe, car elle se procure ainsi à l'étranger le supplément de blé ou de viande dont elle a besoin à meilleur marché qu'elle ne pourrait le faire en le produisant ellemême.

La France a donc besoin en tous temps, même dans les meilleures années, d'un supplément de blé et de viande. Mais que résulte-t-il de là? C'est que ce supplément ne peut-être importé en France qu'à la condition que les prix du marché français soient au même niveau que les prix du marché étranger et, en particulier, du marché anglais qui, à raison de son importance, est devenu le régulateur des prix. Mais si les blés américains et autres ont 3 francs ou 5 francs de droits à payer à leur entrée en France, tandis qu'ils entrent librement en Angleterre, il faudra bien que nous les payions 3 francs ou o francs de plus, sinon les importateurs préféreront les diriger sur l'Angleterre plutôt que sur la France. Dans cette situation, nos consommateurs sont bien, comme je vous disais, obligés de payer sur leur viande et leur pain quotidien tout le montant de la protection, c'est-à-dire un droit actuel de 3 francs, un impôt annuel de 16 francs et un droit futur de 5 francs, un impôt de 26 francs par tête, au profit des grands et moyens propriétaires fonciers, à ajouter aux 104 fr.

qu'ils payent à l'État, aux départements et aux communes.

Mais admettons môme que le renchérissement ne soit pas égal au montant des droits, en quoi est-ce que cela excuse ceux qui le provoquent? Ce qu'ils veulent, c'est bien un renchérissement égal à la totalité des droits et la preuve, c'est que 3 francs par quintal de blé et 20 centimes par kilogramme de viande ne leur suffisent plus ; c'est qu'il leur faut 5 francs sur le blé et 30 centimes sur la viande. Et si ces deux taxes qu'ils prélèvent sur les consommateurs ne font pas monter suffisamment leur rentes, ils demanderont 10 francs sur le blé et 50 centimes sur la viande. Ils les demandent déjà.

LE PROTECTIONNISTE

Nous n'irons pas jusque-là.

l'économiste.

Vous irez jusque-là si vos électeurs vous commandent d'aller jusque-là.

i mi 'In piano interrompenl les conversations. Romi et chanson ne tl !s. I □ de ces morceaux, nouveau Btyle, a pour lécution de Gamahut; un autre L'incinération dans un

poil.. ^

LE PROl i Cl 10NNISTE.

Brrr, ce n'est p;i< irui, ici. Si nous nous donnions rendez-vous ailleurs ?

l'économisti .

( >u vous \ oudrez.

Il I ol.l.l ci l\ I- I I..

Oh! doui avons le choix. Sans sortir du quartier,

LES l>H(HTS COMPENSATEURS. 27:5

nous pouvons aller au Rat mort, à la Grenouille amoureuse ou à la Truie qui file. On annonce encore l'ouverture prochaine de X Abbaye de Thélème, où on sera servi par des moines, et de la Taverne du père Lachaise, où on boira la bière dans des crânes authentiques et où on sera servi par des croquemorts.

l'économiste.

Ne trouvez-vous pas qu'il serait temps de protéger la gaieté française ? Elle en a plus besoin que l'agriculture.

Il y a encore les Folies- Rambuteau, où on est servi par des rois. Ils ne sont plus bons qu'à ça.

LE PROTECTIONNISTE

J'aime mieux le Rat mort. &*

l'économiste. ^ *^ .3

Va pour le Rat mort.

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