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de l'opium, le dépeçage systématique de l’Alrique et de l'Asie, la guerre des Philippines, la guerre du Transvaal, l'expédition de Chine, tel est le bilan d’un demi-siècle de ra|»ine internationale. En ce moment même, c’est la guerre russo-japonaise qui jette les unes sur les autres, de Vladivostock a Séoul, des Hottes formidaldes et des arméi's de plusieurs centaines de mille hommes, pour des raisons que 1 on ose à peine se dire à 1 oreille dans les ambassades. Ne fallait-il pas procurer de nouvelles commandes aux grandes sociétés minières et métallurgiques du Volga, que les énormes droits d'empire réduisent à la seule clientèle intérieure ou plus exactement gouvernementale, et que l achèvement du Iranssibéi i( n menaçait de plonger dans le marasme ? Ne fallait-il pas assurer à tout ^ Bezobrazofl une im-
mense concession forestière en Corée, pour plaire à P impératrice douairière et à sa daine d honneui , intéressées dans l’entreprise pour plusieurs millions de roubles ? Vraies ou lausses, voilà de quel oïdie sont les raisons qu allèguent ceux que 1 on dit bien informés, quand ils veulent expliquer les modernes conflits de peuples et de races ! Nous consoleronsnous en pensant que la plupart de ces guerres maudites coûtent moins de sang pour ne pas dire moins
d’argent que les grandes guerres européennes d antreldis ? Peut-èli-e. mais remarquons que eette observation vient à 1 appui de notre thèse. Oui, les guerr(‘s de notr(' temps sont surtout colonûiJcfi, ])aree qu à ])rés(‘ut plus que jamais la guerre^ est une a[Jairc dont l'aetif et le passif lu'uvcmt, en dépit des îdéas inévitables, se calculer d’avance. A exlermimu* d(‘ pauvres sauvages, les peuples civilisés courent peu de risques pour un gain énorme, tandis que s’ils se battaienl (mlreeux, l'inconnu serait formidable, <‘t le vaimpieur s(‘ retirerait de la lutte aussi alfaibli que le vaincu.
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Fort bien, dii*a-t-on, mais les plus vertueuses indienations du mond(‘ m‘ saui-aient ])révaloir contre la dure nécessité. 11 s’jigil i>our les nations de s'assurer les débouchés déjà existants ou de se créer des débouchés nouveaux. T.a eonqiuMe des marchés mondiaux apparaît à cei-taines d'entre ell(‘s comme une tpiestion de vie ou «h‘ mort. (. est parce qu il en est ainsi que les guerres de ces trente dernières an-
— Innées ont été des guerres d'affaires, et c’est aussi l)our cette raison que les guerres à prévoir dans un avenir plus ou moins lointain auront pour origine les chocs amenés sur divers points du globe par la concurrimce internationale, extension ou. si Ion veut, aggravation de la coneurrence individuelle.
Le [iroblème qui se pose devant nous est alors celui-ci : Pourquoi les peuph's civilisés sont-ils contraints de se créer coûte que coûte de nouveaux débouchés? L'Euriipe regorge-t-elle de richesses ? Chaque Anglais, chaque Fi*ançais. chaque Allemand a-t-il à sa disposition plus de biens qu il n en peut cons.mimer ? Hélas, non ! Nous savons tous que la somme des b.‘Soins à satisfaire est inliniment supérieure à c(dle des l)(‘Soins satislaits. H y a encore à coté de lions, parmi e('ux de nos semblables que nous coudoyons tous les jours. di‘s pauvres et des allamés. (( Fn France, six millions d hommes sur » tnmte-buit ne mangent presque jamais .h‘ pain de » l>lé. Vingt-cimi millions de Français ne mangent » presque jamais de viande. IH cep(mdaiit. la France
» est un d(‘s i>ays les plus riches de la terre, uii de » ceux où la consommation de la viande est la plus » forte (‘3i2 kilogr. par tète et par an). ()ue dire de » l'Italie dont la consomm dion (iti kilogr. par tete
» et par an) est presque trois fois moindre ? » (i) Admettons que lescliilfres qui précèdent expriment un état de choses déjà ancien et que la situation sé soit améliorée : niera-t-on malgré l'évidence qu'il n'y ait encore beaucoup d'estomacs en quête de nourriture, de membres dépourvus de vêtements et de pieds sans souliers ? A quoi bon dès lors aller chercher si loin des « consommateurs » quand on a autour de soi tant de gens qui seraient enchantés de le devenir? Pourquoi nous expatrions-nous au bout du monde pour contraindre à coups de fusil une clientèle rebelle, quand une clientèle béné\ oie nous attend à notre porte ? C'est ici que. saisissant sur le vif les ellets de notre déplorable régime économique, nous voyons le proljlème international se révéler à nous comme un aspect du problème social.
Chez les peuples civilisés, la richesse — et nous pouvons en l’espèce la délinir : le pouvoir d’acheter, donc de consommer — est très inégalement répartie. Une minorité de citoyens en déticmt une part hors de proportion avec son nombri*. Si variés et si rallinés que soient les besoins de ces quelques privilégiés, leur puissance d'achat dépasse considéra-
(i) Bourdkwk : Histoire de l' Aliment ation. — Cilcpai'J. Novicow : La Fédération de l’Europe, p. lo.
blement leur capacité de consommation. On a beau
être millionnaire, on ne peut pas absorber plus d'une certaine quantité de nourriture, ni utiliser un nombre illimité de vêtements. D'un autre côté, la masse des humbles, des travailleurs manuels, qui représente une puissance de consommation formidable, ne reçoit sous forme de salaires qu’une part insullisante de la richesse produite. Elle n’a donc qu’un pouvoir d'achat, c’est-à-dire de consommation, assez restreint. Les uns pourraient acheter des produits, et ils ne le font pas parce que leur possibilité de consommer est très-faible, de par leur petit nombre même ; les autres, étant très-nombreux, pourraient consommer beaucoup, et ils ne le font pas, parce que leur capacité d’acheter est très-limitée. De là, avec le machinisme moderne, des accumulations de produits qu’il faut exporter coûte que coûte pour leur trouver, en iVfrique, en Chine ou ailleurs, des consommateurs.
En second lieu, la production et la consommation, en état de complète anarchie, s'ignorent l’une l'autre. On produit sans être certain que l'objet répond à un besoin et qu’il trouvera un acheteur. On compte sur un hasard heureux, sur l'inlluence d’une publicité bien faite ou d'une réclame forcenée, sur la mode.
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Mais ap^ir ainsi, c est s’embarquer dans la nuit noire sans voile, sans gouvernail et sans boussole. T.es j)révisionsles ])liis sages se trouvent souvent drnu'ulies, les cr(*atious les plus luuireuses iH'stimt ])our eoiu])t(' a leurs inveul('ui*s. De là (uieore d(\s stocks de produits (b'iraîehis dont il faut bii'ii débarrasser les rayoîis, dc'S marcliandises iuveudiu's (pi'il l'aut bien écouler quand iiièiue, tandis que des objets nécessaires sont labri(pies eu quantité insullisaute. ee qui eu lait augmeiit<'i‘ b* [)i“ix d une faeou anormale et artilieielk'.
Cette ignorance r(“ciproqu(‘ de la consommation et de la production amène iiiu' eoueurj‘cnc<‘ tout à la Ibis désordonnée et acliarné(“, bi-utak' <'t chaotique. Un fabricant s est outillé pour j(‘tei‘ sur le marché des quantités considérabh's d'un produit donné. Mais le conciuM'cnt du pays voisin (j>arce *pie la main d’œuvi‘(‘ y ('st moins chère, les ini|)ots moins lourds, etc.) est arrivé à livr(‘r le même pi*oduit quelques centiiiK's midlh'ur marelu'. G eu est lait ; pour le [U’cmier labrieant. la lutte (‘st impossibh' eu hhirope. Il ne lui reste [)lus, pour éviter la faillite, qu'à })ortei‘ son clloi't siu* deux pcjiuts ; i° obtenir de son gouvernement des tarifs ]*rotecteurs capables de lui assurer Je marché national, puisque le marché international
lui est désormais fenné ; 2° pousser son pays aux expéditions coloniales et aux complétés qui lui i>rocureronl, hors d'Europe, des délioiichés nouveaux.
N'envisageons, puis(pie notre sujet le veut ainsi, cpie cette seconde hypothèse. Avant de réclamer sa « guerre », notre industriel examine les avantages et les inconvénients de f entreprise, son actif et son
passif.
Que risque-t-il si son pays entreprend la guerre de conquête ?
a) I.cs Ji'peiisos de l'expédition ? Elles sei-ont supiioi-loes pai- le pays tout entier. L'augmentation d’impûls qui en résultera pour lui personnellement sera done minime en comparaison des Lénélices
([u’il espère.
b) Les pertes en vies humaines que toute guerre entraîne nécessairement? Elles retomberont exclusivement sur rarmée nationale, a I exception des lils de la bourgeoisie que leur séjour d’un an sous les draj.eaux (i) exempte du service colonial, e’est-à-
(I) Le service de deux ans que l’on nous promet sera une entrave sérieuse aux expéditions lointaines, s il mtrodui dans la loi l’égalité sincère de tous devant le service colonial. Au contraire, la création d’une armee coloniale distincte aurait le tort grave de mettre danslammn des gouvernants un instrument de conquête toujours prêt.
dire qu’elles frapperont les seuls enfants du peuple arrachés par le militarisme à l’atelier ou à la charrue.
Au total, l'affaire se présente bien pour notre personnage : les chances de pertes qu’elle comporte sont infimes, tandis qu’elle peut offrir à la pacotille, aux rails, aux cotonnades, aux alcools un placement magnifique. Et comment s’y prendre pour aboutir ? Les moyens ne manquent pas et l’effet en est sûr. La presse est là, toujours complaisante à qui sait la persuader par de bons arguments. Quant au Parlement, il ne résiste guère, pas plus que l’opinion publique, au prestige de certains mots sonores employés à propos : l’expansion nationale, le patriotisme bien entendu, la mission civilisatrice de la France... Ajoutez à cela un de c(‘s hasards heureux que 1 on provoque au besoin, j>ar exemple l’excès de zele d un olïicier explorateur en peine d’avancement, et voilà la conquête décidée en princqie. Commencée dans le mystère, grâce au système des « petits paquets », un moment vient vite où elle se poursuit à grand renfort d hommes et de millions. Ce jour-là, notre marchand rit dans sa barbe, tout à lait rassure : son affaii-e est bonne, puisque le drapeau tricolore est engagé !
Gardons-nous d’ailleurs d’attribuer à notre seul
pays le monopole de cette politique, lous la pratiquent à leur heure. Ce sont les négociants anglais qui jadis réclamèrent les guerres de 1839 et de 18G0 contre la Chine. De nos jours, nous avons vu les chambres de commerce françaises appuyer énergiquement fexpéditionde Tunisie, puis celle de Madagascar,de puissants syndicats d'agioteurs se créer aux Etats-Unis pour exiger la « délivrance » de Cuba et (les Philippines, et, en Anghûerre. M. J. Chamberlain, armateur, transporter au Iransvaal les armes et les vivres commandés parM. J. Chamberlain, ministre. Même les nations que fou croyait les plus généreuses sont devenues la proie de ce mercantilisme. Que le sultan lèse dans leurs intéi-êts quelques financiers cosmopolites ; aussitôt la France rappelle son ambassadeur et mobilise sa flotte (aflaire des quais de Constantinople). Mais que ce même sultan massacre 3oo.ooo Arméniens, la h rance et l Lui ope ferment les yeux.
Peut-être trouvera-t-on que ce tableau a été assombri à dessein et pour les besoins de la cause. On devra cependant en reconnaître fexactitude si f on réfléchit à fétat d'àine que créent chez 1 industriel ou chez le trafiquant moderne les conditions de la lutte sans trêve et sans merci dans laquelle ils sont
engagés. L(' commerce et la prtKliiclion, nous l’avons montré [)lus haut, courent des aléas sans nombre. Ce sont, dans toute la Idrce du ternie, ilesye//.v de hasard, et ceux qui s'y livrent s(Mitent peu-à-peu s’éveiller en eux la passion du joueur. Le lahricant ou le négociant expose non seulement son temps et sa peine, mais aussi son capital, qui n’est parfois qu’un capital d’emprunt. S’il perd la partie, c’est son bailleur de fonds qui paiera ou c’est le fournisseur qui lui a livré des marchandises à crédit. Quant à lui, il ii*a chercher ailleurs un nouvel enjeu : ne citet-on pas des businessmen qui comptent leurs faillites comme les vieux guerriers comptent leurs camiiagnes ? S’il gagne, c'est lui, le joueur heureux, qui encaissera tous les prolits. U faut doue gagner à tout prix. Aussi ce qu’on est convenu d’appeler le grand commerce et la gramhAndustrie ne sontils. le plus souvent, que de la s[>éculation [)ure. On tente des coiq)s de bourse sur les soies, sur les laines, sur les grains, tout comme suivies valeurs de banque. Et alors, qu importe à ces joueurs possédés [lar la lièvre la saute de quelques régiments ou la vie de quelques milliers de nègres ? Huri-ah pour Jameson si son raid fait monter les actions, et tant pis pour les Chinois si le chemin de fer dont 011 les
gratifie malgré eux éparpille à tous les vents les cendres de leurs ancêtres ! Voilà, dans tout son triste jour, la mentalité de fhomme d’alfaires. Allons maintenant du particuliei* au général. (Comment une nation où la gi*and(* industrie et le haut commerce sont aux mains de s[)éculateurs cupides [)ourraitelle avoir le souci du di*oit et le res[>ect de l’humanité? Un peuple n’est api*ès tout qu’une collection d’individus, et il vaut moins dans son ensemble, nous le savons, que chacune des unités qui le composent. Les })articuliers peuvent garder quelques scr lipides ; les gouvernements n’en ont x>as. C’est pourquoi nous voyons se couvrir de honte, dans des guerres ini[)ies, des nations tpii jusqu'alors avaient fait grande figure dans le mondiv Le développement prodigieux di; leur commerce et de leur industrie les a perdues. Emportées par la passion du succès à tout prix, elles sont allées jusqu’à la guerre, c'està-dire jusqu'au crime.
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Si les considérations qui précèdent sont fondées, elles dictent leur devoir aux amis de la paix. L'ordre ional nouveau qu’ils attendent ne s’établira
pas de lui-même. Ne comptons pas trop non plus sur des interventions imprévues et sur des manières de miracle. On alléguera sans doute un précédent fameux. Mais il n’est pas au pouvoir d'un souverain, si magnanime qu’on le suppose, de « déclarer la paix au monde », pour parler comme Miclielet, et surtout de l'imposer par des institutions dont les débuts ne peuvent être que précaires, parce qu elles sont en avance sur l’état des espiâts. Ce n’est pas nous, certes, qui médirons de la Cour de la Haye. Mais il faut bien constater qu’au moment même où nous écrivons, son initiateur a engagé son pays dans une guerre qui s'annonce comme devant être longue et meurtrière, sans qu’il ait paru un seul moment se souvenir que l’honneur d’avoir créé l’instrument juridique impliquait pour lui l’obligation morale d’y recourir. Non, ce n’est pas d’en haut et du dehors, en quelque sorte, qu’on instituera l’ère sans violence, c’est en créant chez tous les hommes, chez les plus humbles comme chez les plus grands, une âme pacifique. Celte âme pacifique, il sera bon safls doute de l’éveiller chez l’enfant par tous les moyens, par l’enseignement de l’église, de la famille et de l’école aussi bien que par l’exemple. Mais tout ce travail préparatoire sera vain si, arrivé
à l'âge où l’on quitte l’abri familial, celui que vous aurez ainsi formé s’aperçoit que dans le monde nouveau où il entre, la guerre, individuelle ou collective, est, de par l état économique ou social, une fatalité. Déjà, s’il sait réfléchir, il aura pu recueillir à chaque l^age de son livre d histoire d étranges révélations sur l'humanité vraie. Mais que sera-ce lorsqu’il se verra jeté en pleine réalité ? De ce conflit perpétuel. (( qui dans nos sociétés met aux prises le vendeur et l’acheteur, le propriétaire et le locataire, le prêteur et l’emprunteur, l’entrepreneur et l’ouvrier » (i), il subira pour son compte ou il infligera aux autres, suivant son tempérament ou sa situation sociale, les conséquences douloureuses ou dégradantes. Il constatera en témoin, pour ne pas dire en complice, les détestables résultats de cet antagonisme des intérêts , « les falsifications de » marchandises, les mensonges commerciaux,... le » marchandage, la spéculation éhontée, la concur- )) rence acharnée, la lutte pour la vie, la guerre au » couteau et ce « malheur aux vaincus » qui est » devenu aujourd'hui le seul droit économique. » (2)
(1) La ('oofiéi’ation, conférences de propagande, par Ch. Gide, i>. 96.
(2) Ibid, même page.
I comprendra alors que la guerre internationale. S3US la l'orme essentiellement économique quelle r?vèt aujourd'luii. loin d’ètre une sorte de survi- ^ ance aecideutelle et monstrueuse du passe, n est eue répanouissemeut et comnu‘ l explosion der- 1 ière de tous les méeontentements individiuds acculuilés. de toutes les ambitions personnelles refrénées et de tous les ai)pétits pai'ticuliers inassouvis.
• Ibie tàclu‘ immense s'impose donc a c(Mix e[ui -eulent la paix eutr(‘ les peuples, e'esl de réaliser des conditions économiipies telles ipie /c.s houwief^ iiienf tout h g'(ii(ner p(U‘ lo poix, tout n jterdre par n/ o-uerre. Il faut, en d’autri's termes, établir l'accord des intéi'èls bumains. les i-endre convergents et iolidaii'cs. L’omvre. assurément, dépasserait nos lorles si. pour l'accomplir, nous ne pouvions comiiter pie sur nous-mêmes. Ibuireusement nous avons mur nous l'évolution de l'humanité et le cours même les choses.
Ou nous saura gré de ne jias énumérer tous les symptômes, d'ailh'urs bien connus, d(‘ cette marche iiatui-elle des sociétés humaines vm-s l'interdépenlanci' et la solidarité. I^e goût de plus en ]>lus réiiandu des voyages, la dilfusion des princiiiales laiemes vivantes , l'identitication croissante , par
dessus les frontières, des besoins, des habitudes et des imeurs. l'existence d'un art, d'une science, d'une littérature, d'une législation dont le caractère nettement international va sans cesse en s'allirmant. l'elFort même de certains espiâts timorés dans chaque pays pour donner au paidicularisme national qu'ils sentent en péril une allure plus agressive, voilà, pour n'en pas citer d'autres, les signes révélateurs d'une évolution d'autant plus irrésistible que les causes et les elfets dont elle résulte s’engendrent ('tse renforcent mutuellement (i).
Mais ce sont là des vérités banales. Qu’on nous ])ermette en ix'vanche d'insister quelque peu, pour aider à la suite de notre démonstration, sur le côté
spéciah'inent économique du sujet. Nos auteurs à la mode n’ont que trop souvent étudié sur la scène et dans le roman cette société cosmopolite qui promène d’Ostende à A'enise et de Monte-Carlo à Interlaken sa tapageuse inutilité. Mais ce n’est pas seulement
l'oisiveté qui .s'internationalise, c'est aussi le travail,
et la portée de ce fait est considérable. Si nous l'exaininons de ])lus près, nous verrons qu’il revêt
(i) Il est évident par exemple (jue le confort toujours plus grand des moyens de locomotion est à la fois la cause et rettét de la multiplication des voyages.
TT'C*T<7r:'5^irT“ — r-rr^r?=v=i--;;-;.r;r^-*v'..v.i--r--^^