millions
Membres, recensés . . .
Capital social
31 millions
— emprunté . . .
Bonis
Malgré son jeune âge, l'Union se présente très bien avec presque 1.000 sociétés comptant 800.000 membres et faisant pour plus de 300 millions d'affaires. Cela est en grande partie explicable par Timportanc© et la forte organisation du socialisme en Allemagne.
Mais si l'Union centrale comprend des coopératives de diverses natures, et notamment quelques sociétés de production, le plus grand nombre des organisations adhérentes sont des sociétés de consommation. Les chiffres pour ces dernières sont les suivants :
Nombre de sociétés — membres
Chiffre d'affaires. .
Capital social. . .
— emprunté Bonis
250 millions
L'Union de Neuwied {Gênerait erhnnd lândlicher genossênschaften) comprend 3.850 associations.
Il faut mentionner aussi ï Union de Darmstadt qui groupe les banques populaires du type Haas. Elle comptait le
l*'' juillet 1904, 10.974 coopératives, dont 7.017 de crédit, à plusieurs desquelles étaient annexés des syndicats agricoles ; 1.924 syndicats agricoles purs et simples, 1.368 laiteries, etc. Ces coopératives répandues sur tout le territoire de Tempirc allemand, étaient réparties en 29 fédérations régionales, correspondant, par exemple, à la Poméranie, la Saxe, la Wes4phalie, TALsace-Lorraine, et^c.
La coopération en Allemagne a fait de réels progrès, et en ce qui concerne les coopératives de crédit ce pays est de beaucoup à la tête du mouvement. Il n'y a que l'Angleterre qui le distance sur le terrain coopératif ; mais il peut bien arriver, vu l'esprit d'association des Allemands et leurs qualités d'organisateurs, que cette différence soit réduite à bien peu do chose sinon transformée à leur avantage.
§ 4. — Danemark.
Ce n'est ni le nombre des habitants, ni l'étendue du ter ritoire qu'il occupe qui fait la grandeur d'un peuple, mais bien la valeur de ses membres. Or, en ce qui se rapporte à l'esprit d'asisociation et à la coopération, le peuple danois est un des mieux doués, et actuellement, en tenant compte dos proportions, le Danemark est de fait à la tête du mouvement coopératif en ce qui concerne les associations coopératives agricoles.
En Angleterre, 25 "/o de la population est affiliée aux associations coopératives, tandis qu'au Danemark cette proportion est de 38 "/... Plus de la moitié (57 "/«) des exportations de ce pays est faite par les fédérations des coopératives, ot si la progression se maintenait dans les mêmes
proportions qu'elle a manifestées jusqu'à présent, tout le commerce du Danemark se fera par l'entremise dos coopéraftives.
Le pays, au commencement du siècle passé, appartenait à la grande propriété et à cause de cela il était peu productif et les paysans se trouvaient dans la misère. La grande propriété peut donner des revenus nets plus grands que ceux qui résultent de la petite exploitation, mais pour la prospérité d'un pays c'est le revenu brut et la répartilion de ce dernier qui a de l'importance. La grande propriété crée lo luxe et l'oiseveté dans une classe peu nombreuse et de peu d'importance pour la solidité d'un Etat, tandis qu'elle maintient le grand nombre, la masse du peuple, dans une condition misérable, autant au point de vue physique qu'intellectuel. La petite propriété, au contraire, fortifie la classe paysanne et, quoique donnant des revenus nets moindres, fait vivre et prospérer beaucoup plus de monde.
Le Danemark a compris tout l'avantage qu'il y a pour lui d'ojiicourager et de développer la petite propriété, aussi, dès la fin du XVIII* siècle, les Danois se sont-ils efforcés de multiplier le nombre des petites propriétés. Aujourd'hui les vastes propriétés ont été réduites à peu de chose, mais en revanche lo petit cultivateur se trouve dans une situation prospère et n'ayant rien à envier à ses congénères des pays les plus riches de l'Europe.
A la suite d'une baisse considérable sur le prix des fourrages, les paysans danois furent forcés de changer leur genre d'exploitation. Ils transformèrent leurs fermes en laiteries. Le beuire qu'ils pouvaient produire au moyen de leurs méthodes rudimcnlaires étant d'une qualité bien
inférieure à celui des grandes laiteries qui employaient les moyens les plus perfectionnés, ils décidèrent de s'organiser et de profiter des avantages qu'offre l'association pour améliorer leurs produits et pouvoir lutter contre la concurrence.
C'est ainsi que furent fondées les iaiteries coopératives qui font usage de la vapeur avec appareils réfrigérants et caves spéciales. Les autres forhies de la coopération ne tardèrent pas à faire leur apparition dans le petit royaume, et trouvant un terrain déjà préparé par l'association de production agricole, elles se, multiplièrent rapidement. Caisses rurales, sociétés coopératives de consommation, associations pour la vente des produits, abattoirs coopératifs, etc., pullulent au Danemark et ont presque complètement remplacé l'intermédiaire marchand ou commissionnaire.
Les associations danoises organisées en une puissante fédération, ayant comme principale fonction l'exportation des produits agricoles et leurs dérivés, ont réussi à s'assurer la première place sur le mardié de Londf es. .
Lorsqu'on 1889 une loi allemande prohiba l'importation des cochons, les Danois changèrent leur système d'élevage. Ils se mirent à engraisser ces animaux avec le petit lait de leurs laiteries et, en fondant des abattoirs coopératifs, ils se mirent en état d'exporter le porc sous forme de bacon (lard) en Angleterre. Aujourd'hui, le break-lasl (déjeûner) des AftglaisJ est formé de produits provenant du Danemark. En effet, le hreak-Jast est formé d'œufs, beurre, lard et confitures, qui, en exceptant ce dernier, sont les produits des associations danoises.
Vers 1880, le Danemark vendait chaque année pour en
viron 1 million J de francs d'œufs. Vers 1885 cette vejQte s'élevait à 4 millions J de francs.
En 1894, à 10,02 millions.
En 1895, à 10,00 millions.
En 1896, à 12,50 millions.
En 1897, à 16,25 millions.
En 1898, à 17,43 millions.
En 1899; à 21,62 millions.
En 1900, à 23,00 millions.
En 1901, à 27.40 millions.
Ces progrès, faits pendant la dernière décade du siècle passé, ne sont dus» qu'à la coopération. L'organisation de la vente des œufs est méthodique et ciirieuse en même temps.
En 1874, un représentant du Danemark à Londres constatant les prix très bas qu'étaient côtés les œufs danois, à cause de leur mauvaise réputation de fraîcheur, fonda la société danoise d'exportation d'œufs. Le pays fut divisé en' circonscriptions exploitées chacune par une société locale qui va chercher les œufs chez, leurs adhérents et les envoie à l'Union centrale.
A leur arrivée dans les centres de réception et d'emballage qui sont au nombre de neuf, les œufs sont rangés par grosseur et examinés au moyen de la lumière. Ceux qui sont reconnus bons sont emballés dans des caisses contenant 120 douzaines ; pour qu'on puisse punir les mauvaises livraisons, les. œufs doivent porter le numéro de la société locale et le numéro du sociétaire. Grâce à la 3iminutîon des frais généraux qui est considérable — un demi centime par œuf, — grâce au relèvement des cours qu'a amené l'honnêteté des envois, les prix se sont très amélip-,
rés et les producteurs danois voient rémunérer beaucoup plus avantageusement leurs efforts. Il leur en coûte 0.70 pour entrer dans l'association. Alors qu'en 1894 le Danemark expédiait à l'étranger 134 millions d'œufs, il en a envoyé 405 millions en 1903. Les œufs de provenance danoise sont vus à présent en Angleterre comme articles de premier chofx, et sont cotés par conséquent à un prix assez haut. U Union coopérative des associations agricoles de ventes du Danemark payait en moyenne dans les premièrcsi amiéesi de ce siècle un fr. IG le kilogr. d'œufs.
Nous pouvons voir par le tableau suivant, qui s'élenjd des années 1895 à 1901, le développement de cette société coopérative pour rexportation :
Années
Membres
SocUtés locoles
Chiffrée d'afTeires