COOPÉRATIVES AGRICOLES
Il n'est douteux pour personne que la coopération soit appelée à rendre de très réels services aux agriculteurs, car il est incontestable que la prospérité de Tagriculture est entièrement subordonnée au problème de l'organisation de la production et de la vente des produits agricoles. Les agriculteurs lont si bien compris que, sous les types et les noms les plus divers, ils ont tenté d'organiser des groupements ayant pour but de faciliter ou de garantir ioulcs les opérations que nécessite l'exploitation rationnelle du sol, de même que d'assurer l'écoulement des produits agricoles dans les conditions les plus avantageuses.
Le petit cultivateur est intéressé au plus haut point à la création de ces institutions. Il est, en effet, insuffisamment renseigné sur les centres de vente, les besoins du marché et les exigences du consommateur. Aussi, doit-il le plus souvent, non seulement céder ses produits à vil prix, mais encore souffrir de la difficulté du recouvrement de ses créances.
Pour changer les anciennes pratiques et pour entrer dans les méthodes intensives et de spécialisation des cultures ; pour pénétrer dans^^le courant des transactions et
s'â&surer des débouchés, il faut de Targent, beaucoup d'argent, au delà des moyens individuels des a:i^riculleui*s. Tout comme pour les sociétés de crédit, ils ont été amenés à form<^r des associations, car ils ont compris que les efforts éparpillés ont peu de résultats et qu'une marche en masse peut seule produire le progrès.
La coopérative agricole se présente sous différents aspects et revêt Tune des trois fornies de la coopération, à savoir : celle de consommation, celle de production et celle de crédit. Elle n'aurait donc pas droit à un chapitre, spécial, n'ayant pas de caractère propre ; mais étant cantonnée dans une seule classe de la population, elle est traitée généralement dans une division spéciale.
Pour plus de clarté, nous distinguons trois sortes d'associations : P celles qui ont pour objet l'achat ; 2? celles pour la vente ; 3" celles qui s'occupent de la prévoyance.
Associations pour V achat des matières premières et des instruments nécessaires à Vexploitation agricole, — C'est la première forme que prennent généralement les associations agricoles. En effet, pour produire il faut, hormis le travail qui est fourni par le producteur, un capital qui, dans le cas de l'agriculteur, est représenté par les instruments lui servant à travailler la terre : animaux domestiques, charrues, semeuses, batteuses, etc. Certains de ces instruments, quoique pouvant lui rendre des services incontestables, sont néanmoins d'un prix au-dessus de ses moyens, aussi il est obligé de s'en passer, à moins de trouver un agriculteur plus riche qui consente à les lui prêter. En s'associant à des voisins qui se trouvent dans les mêmes conditions, il peut tourner la difficulté et se procurer des instruments qui, quoique ne lui appartenant pas
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