‹ Coopération et sociétés coopérativesChapitre 7 sur 15 · FÉDÉRATIONS · texte numérisé non relu

FÉDÉRATIONS

Les fédérations, unions, whole&ale, etc., car elles prennent des noms très variés, ne sont que des sociétés coopératives dont les membres' ne sont plus de simples individus, mais des associations coopératives. C'est la coopérative au deuxième degré qui groupe les coopératives de premier degré, formées par des individus.

Les mômets causes qui ont provoqué la formation des sociétés coopératives ont déterminé leur groupement en fédérations. Isolées, les coopératives ont à lutter avec beaucoup de difficultés, qui s'évanouissent aussitôt qu'une puissante fédération unit les sociétés d'une même région ou d'un même pays. La concurrence des marchands, le mauvais vouloir deis* fournisseurs, l'inexpérience, etc., sont toutes des causes qui entravent le mouvement coopératif et qui ne peuvent être éliminées qu'au moyen do la coopération poussée sur ua terrain plus élevé.

C'était donc naturel, qu'après s'être attaqué aux marchands de détail, le-s sociétés voulussent s'émanciper aussi du marchand en gros. Pour ce faire, elles ont dû créer un organisme capable d'entreprenSre la lutte contre ce dernier, et c'est ainsi que les fédérations sont venues au

monde. Leur rôle consiste à servir d'inlermédiaire entre les sociétés et la catégorie de producteurs qui ne peut venir directement en contact avec elles, et souvent de ■commanditer des entreprises de production, ou de produire elles-mêmes dans leursi propres fabriques les objets que consomment lés coopératives.

Les avantages que la fédération offre aux sociétés coopératives sont lesi mêmes que ceux que ces dernières accordent à leur» membres. Il faut cependajxt distinguer deux formes de fédérations, Tune se bornant purement au caractère marchand de la coopération, à savoir : l'achat des produits dans les condition» les plus avantageuses pour ses membres et l'autre se proposant, en dehors des avantagCvS! matériels, de développer chez les sociétési adhérentes le sentiment de leur solidarité ; de leur rappeler les buts moraux de la cooi>ération., et de les soutenir dans leur action; de leur fournir tous les renseignements nécessaires à leur activité; en un mot, d'exercer une tutelle morale en même temps qu'un patronage d'ordre économique.

I^s avantages que les fédérations d'achat — c'est ainsi que l'on désigne la première forme de la fédération — assurent à leurs membres, sont au nombre de quatre ;

1® Le bon marché pour les produits consommés par les coopératives. De même que pour les individus, l'achat en commun offre la possibilité de se fournir à un prix réduit. La fédération d'achat groupant les commandes des sociétés», peut acheter les produits par grandes masses, et bénéficier, par conséquent, d'une réduction notable sur leur prix. Cet avantage est le plus évident, aussi c'est

pour profiter de la réduction des prix que les premiers groupements do sociétés eurent lieu.

2** Soutenir les coopératives pendant les premiers temps après leur création. En fondant une société coopérative les membres disposent, pour la plupart des cas, de beaucoup plus de bonne volonté que de capitaux, d'expérience ou d'autres éléments indispensables à la vie d'une telle société. La fédération d'achats se charge de subvenir à ce manque, en fournissant aux sociétés adhérentes les statuts, l'organisation et les conseils nécessaires à leur bon fonctionnement. Les personnes désireuses de créer une coopérative n'ont qu'à s'adresser à une fédération en lui indiquant le nombre des membres de la future société et le genre de commerce qu'elle désire faire, pour recevoir tout ce dont elle a besoin à sa constitution. Ce soutien est absolument indispensable, surtout dans des contrées où l'instruction n'a pas fait de grands progrès et où, par conséquent, les individus ne sont pas en état de favoriser la coopération de leur propre initiative. Ici, le mouvement doit partir du centre, d'une organisation qui se charge de toutes les difficultés, résultant du manque d'instruction et d'expérience sur ce terrain. Dans les pays où de puis^ santés fédérations ont vu le jour, le nombre des sociétés coopératives a augmenté rapidement, en pénétrant jusque dans les couches les plus basses de la population.

3** Soutenir les coopératives contre les attaques des intermédiaires. — La menace d'être privés de leurs clients, a eu comme résultat d'unir les marchands, pour résister et le plus souvent pour étouffer dans l'œuf le mouvement coopératif. Nous avons déjà mentionïié le cas d'une coopérative de boucherie qui a été tuée par les bouchers

de la localité, ligués contre elle. Les fournisseurs s entendent entre eux pour boycotter les coopératives, et ils réussiraient dans leurs plans, si les fédérations ne se trouvaient pas là pour les contrecarrer. Du momicnl qu'une société coopérative peut s'approvisionner au magasin de la fédération elle peut se passer des services des fournisseurs et, par conséquent, ne risque rien de leur part. A cet avantage de pouvoir toujours trouver vendeur, la coopérative bénéficie de la qualité des marchandises, car une fédération, pratiquant en cela les règles de la coopération, se fait scrupule de ne livrer que des marchandises de bonne qualité.

4° Possibilité de produire. — La fédération, grâce au fait qu'elle dispose d'un débouché sûr et varié en même temps, peut entreprendre cllc-môme la production. Elle peut le faire de deux manières : soit encourager la création de coopératives de production en fournissant aux coopérateurs le capital et en s'engageant à ne s'approvisionner que chez eux ; soit créer elle-même les fabriques et faire travailler ix)ur son propre compte. Plus la fédération sera vaste, c'est-à-dire comptera un plus grand nombre de fociéléa adhérentes, plus les fabriques qu'elle pourra construire seront plus grandes et plus productives. C'est celte cause qui a permis aux deux Wholesales (fédérations de vente) anglaise et écossaise d'entreprendre la production en grand d'une foule d'articles de consommation. Le débouché étant fixe et déterminable à l'avance, elles ne sont pas obligées, comme les patrons, de courir après le client, et ne risquent pas de rester avec leurs produits sur les bras. Cet avantage, au point de vue de la transformation économique que se propose la coopération, est des

plus impvortants', et les sooiétés coopératives devraient ne pas le négliger, et adhérer à une fédération, même si les avantages matériels qu'elles pourraient retirer immédiatement n'étaient pas appréciables.*

L'autre forme de la fédération, connue sous le nom d'Union, s'occupe aussi de la partie morale de la coopération. Elle se consacre en premier lieu à la propagande qui est faite sous forme 3e journaux et de conférences. Des spécialistes sont engagés qui vont de ville en ville et même de village on village, prêcJianl la coopération et créaht eux-mêmes, où Us le peuvent, des sociétés coopératives. Par le moyen des journaux elles entretiennent les coopérateurs dos progrès faits par la coopération et les mettent en état par les conseils qu'elles leur donnent de profiter de roxpérionce acquise par les différents membres de l'Union. Leur rôle^ comme nous le voyons, est des plus importants, surtout là où les coopérateurs manquent de discipline et d'organisation, et où ils sont séparés par de trop après animosités politiques ou religieuse».

VO(fice de renseignements commerciaux est la fome la plus simple que revêt la fédération. C'est par là qu'il faut commencer si l'on veut assurer à l'entreprise une base solide. Son rôle se borne à recevoir les conrunandes des sociétés et à les transmettre aux fournisseurs. L'organisme de cette sorte de fédération est peu coûteux et ne réclame ni capitaux ni magasins; un simple bureau suffît, et les dépenses se réduisent à des frais de publicité et de correspondance. i^

Quand la fédération est un peu forte, elle se charge du rôle de commissionnaire et prend le nom de syndical. Elle est, cette fois-ci, un vrai intermédiaire, et ne se contente

plus de mettre les sociétés en contact avec les fournisseurs, mais elle groupe elle-même les commandes des premières et achète pour leur compte. La f)Oss«cjS'sion d'un capital est nécessaire car les déB'oursés ne coïncident plus avec les encaissements.

Nous arrivons enfin à la vraie forme de coopération des coopératives, le Magasin de gros ou Wholesale comme on le nomme en Angleterre. On peut voir d'après son nom qu« c'est un grand magasin possédant des rayons très variés et pouvant fournir Toutes sortes de marchandises en grande quantité. Il se différencie, cependant, des grands magasins, tels que le Louvre ou le Bon Marché, par le fait qu'il ne vend pas au public, mais aux sociétés coopératives.

Cette forme de la fédération réclame des capitaux considérables, et toute une armée de fonctionnaires. Ses locaux sont nombreux et de dimensions plutôt imposantes, comjno par exemple ceux que possèdent les deux Who- Icsales anglaises. Celle de Manchester dispose d'un capital de 65 millions de francs et de 10.385 employés. Ses ventes se montent à 450 millions do francs et 18 fabriques lui appartenant, produisent dos articles variés pour une somme de 74 millions de francs. Elle possède, en plus, une I)etile flottille de bateaux à vapeur, qui lui transportent des produits des quatre coins du globe. Elle a aussi des mines de charbon, des vastes vergers en Angleterre et une exploitation de thé à Ceylan.

La Wliolesale s'est constituée un capital en partie par des empnmts qu'elle fait aux sociétés coopératives, et en partie par des actions que ces dernières doivent souscrire. Chaque société adhérente doit souscrire une action de

375 fran-cs par 20 membres; cette dispositioil a eu comme résultat de fournir à la Wholesale un capital propre de 26 millions de francs. Son service 'de comptabilité et de caisse est transformé en une banque, qui fait chaque année pour au moins un milliard d'affaires. Elle ne fait pas de bénéfices, excepté un petit boni de 12 millions par an qu'elle se réserve pour pouvoir parer aux éventualités.

La fédération ainsii organisée représente une espèce de trust des sociétés coopératives. Elle n'offre cependant que les avantages des trusts et non pas les inconvénients, car elle ne court pas après les profils, et le monopole qu'elle établit n'est qu'en faveur des consommateurs.

On trouve encore en Angleterre, à Glasgow, une Wholesale assez importante, quoique faisant moias d'affaires que celle de Manchester. Tandis que celle-ci groupe 1.000 sociétés et fait, comme nous l'avons déjà dit, 450 millions de ventes, la fédération écossaise n'a que 620 sociétés adhérentes et n'atteint qu'un chiffre de li'i millions de ventes. Elle se distingue, en plus, de sa sceur du sud par le fait qu'elle ad,met le copar/acrsfcip (participalion aux bénéfices des ouvriers de ses fabriques).

En France la fédération a fait beaucoup moins de progrèsi. L'esprit particulariste se trouve aussi parmi les sociétés coopératives, non seulement parmi les membres de ces dernières. Aussi longtemps qu'elle est jeune et faible la coopérative adhère à une fédération quelconque, mais à peine a-t-elle remarqué qu'elle peut vivre de ses propres forces, s'empresse-t-elle de rompre les liens qui l'unissaient aux autres sociétés et de faire bande à part. Cet esprit de liberté, ou plutôt de vanité, car la fédération ne restreint en rien la liberté des sociétés, empêche les fédé-

râlions françaises de iaire des progrès, cl de fait elles sont bien loin derrière leurs congénères anglaises. A cette cause -de faiblesse, s'ajoute aussi la politique, qui est venue diviser la coopération et les fédérations en deux branches. A côté d'une fédération purement coopérative, c'est-à-dire d'une fédération dont le programme coïncide avec celui des pionniers de Uochdalç, se trouve une fédération des sociétés à caractère socialiste qui s'intitule la « Bourse dos coopératives » cl qui groupe toutes les sociétés adhérentes au programme des socialistes collectivistes.

L'importance, au point de vue du nombre des membres et du chiffre des affaires, reste cependant au Comité central de rinion coopérative des sociétés fraiiçaises de consommation, dont le siège est à Paris, 1, rue Christine. M. Ch. Gide, l'éminent économiste, est le président du conseil d'administration. Le comité central est issu d'un congrès qui se tint à Paris en 1885 à l'instigation de MM. de Boyve et Auguste Fabre, de Nîmes. Son but est de renseigner les sociétés existantes sur toutes les questions administratives ou juridiques; de fournir tous les renseignements nécessaires aux sociétés désireuses de se constituer; d'organiser la propagande coopérative. Le comité central se compose de 36 membres élus et renouvelables par tiers tous les ans. Il n'admet dans son sein que des sociétés purement coopératives, c'est-à-dire dans lesquelles les bonis vont au consommateur au prorata de ses achats et non pas à l'actioimaire au prorata de ses actions. La cotisation est fixée à 5 centimes par an et. par membre, aveo minimum de 5 francs et maximum de 50 francs. Le comité central groupait 36 sociétés en 18S5;

59 ou 1890.; 190 en 1895; 307 en 1900; 328 en. 1905. Ces. 328 sociétés représentent 183.05-4 familles, soit une moyenne de 558 familles par société. Ce comité intervient auprès des pouvoirs publics pour défendre les intérêts généraux de la coopération et, grâce à son conseil juridiquo conuposé d'hommes, éminents et dévoués, il rend de précieux services aux sociétés adhérentes. Jusqu'ici le comité central a organisé 11 congrès nationaux ou internationaux. Il publie un journal bi-monsuel, Y Union coopércUive^ envoyé gratuitement à toutes les coopératives de France. Il a lancé plusieurs) centaines de mille tracts de propagande coopérative. Il édite, depuis» 1893, VAlmancùch de la coopération française^ qui est devenu successivement TAlmanach de la coopération française, suisse et canadienne, depuis 1905 et 1906. Chaque année le comité organise environ une centaine de conférences de propagande purement coopératives, publiques, gratuites et contradictoires, avec ou sans projections, sans qu'il en coûte aucun frais pour les /sociélétsi. Malgré les serv ices que rend le comité central il ne groupe que peu (328) de sociétés relativement à leur nombre (2.200) en France.

La Bourse des coopératives socialisles groupe ime centaine de sociétés recrutées principalement dans le nord et la région parisienne.

En même femps que l'Union coopérative, on avait créé en France, en 1885, luie Fédération d'achat qui devint un véritable magasin de gros dont lo siège fut à Charenton, Sa vie, cependant, n'a pas été longue, car dix ans après sa création, en 1895, elle succomba à la suite de dissensions personnelles et du fait de l'abandon des grandes

sociétés parisiennes. Un modeslo office de renseignements vient le remplacer présentement.

On pourrait, pour acclimater la fédération, commencer par créer des. fédérations' régionales qui, après avoir fonctionné isolément un certain temps, se grouperaient en fédérations nationales, ou plutôt fusionneraient en une seule fédération nationale, pour ne pas encourir le reproche que les coopéraleurs font aux marchands, d'être trop nombreux relativement aux services qu'ils rendent.

Nous pouvons encdï-e mentionner pour la P'rance, la Fédération des sociétés coopératives de consommation des employés des chemins de for P. L. M. qui est assez imr. portante, quant au nombre et aussi quand à sa forte et sérieuse organisation. La compagnie de FEst compte aussi 24 sociétés civiles réparties sur 14 départements. Une fédération qui a son siège à Grenoble compte 60 sociétés.

En Allemagne on trouve une dizaine de fédérations. Nou« renvoyons lexamen de ces fédérations au chapitre que nous consacrons spécialement à la coopération en Allemagne,

L Union coopérative Néerlandaise ne compte encore que 83 sociétés adhérentes et la Fédération de Copenhague 675.

L'Union coopérative Suisse entretient dos relations avec 200 sociétés groupant 12.700 membres. L'Union de Bâle compte 140 sociétés adhérentes et fait pour plus de 5 millions de ventes.

Enfin il faut aussi signajlor V Alliance coopérative internationale, fondée en 1892, qui compte aujourd'hui 559 sociétés adhérentes, représentant sîept millions d'e coopéra teurs, répartis en 24 Etats, parmi lesquels nous

relevons: rAiiglelerre, la France, la Belgique,. TAUemagne, Tlt^lie, la Suisse, la Hollande, F Autriche-Hongrie,

le Danemark, la Suède, TEspagne, les Elals-Unis, la Russie, etc.

Groupées par pays, les cotisations des sociétés adhérentes sont les suivantes:

CoDtribulion*

Pays £. 9. d.

Royaume-Uni 262 11 »

Suisse 37 1 9

Allemagne 28 14 16

Hongrie 22 19 9

Pays-Bas 17 15 5

France 15 18 »

Autriche Il 16 6

Russie 8 10 »

Belgique 5 15 6

Italie 4 19 7

Danemark 4 18 1

Etals-Unis 4 » »

Suède. 2 19 3

Serbie. 2 » »

Sud Afrique 1 5 6

Roumanie 1 3 9

Bulgarie » 19 4

Chypre » 10 »

Canada » 5 »

La force comparative du nombre des membres dans

les 24 pays compris dans TAUiance est domiée par le tableau suivant:

Nombre Membre*

Paye dee eoc. iodividuele Total.

Amérique du Sud 2 1 3

Allemagne 31 » 31

Australie » 1 1

Autriche 8 » 8

Belgique 15 » i5

Bulgarie 1 i 2

Canada » 1 1

Chypre » i 1

Danemark 6 » 6

Espagne i • » i

Etats-Unis 40 3 M

France 42 » 42

Grèce » 1 i

Hongrie 31 » 31

Indes occidentales 4 » 4

— orientales i » 1

Italie 5 » 5

Pays-Bas 36 » 36

Roumanie 1 » i

Royaume-Uni 347 » 347

Russie. 5 6 It

Serbie. . 1 » 1

Suède 1 » 1

Suisse il » 11

LVVlliance coopérative internationale a pris un assez grand développement, malgré son jeune âge. Elle fornue le dernier degré de la fédération coopérative, car elle s élève non seulement au-dessus des fédérations régionales-, mais même dqs fédérations nationales. C'est à déisirer que toute® les coopératives, ou du moins les fédérations régionales et nationalos, fissent partie' de TAliian-ce internationale. De cette entente commerciale entre les peuples', résulterait aussi une entente politique, ou du moins les causes de conflits entre les peuples seraient de beaucoup amoindris.

On trouve des fédérations, non seulement parmi les sociétés coopératives de consommation, mai® aussi parmi celles de crédit. Une organisation centrale disposant de capitaux importants et pouvant dominer un champ d'action plus vaste ne peut rendre que de notables services aux sociétés coopératives do crédit. Si celles-ci ne sont pas en état de remplir avec succès le rôle qu'elles se sont assumé, cela provient du manque de préparation spéciale des personnes qui sont appelées à les conduire. Pour surmonter cet obstacle, elles s'avisèrent de se fédérer et de créer une organisation centrale par région et même par pays. Quand le beisoin d'être conseillées se fait sentir, ou quand l'argent leur manque, elles s'adressent à la fédération qui, grâce aux connaissances de ses directeurs, peut leur venir en aide. Elle peut de même les soutenir en mettant son crédit qui est plus solide, à leur disposition. Souvent ces fédérations sont des créations du gouvernement, telle par exemple la Caisse centrale des banques populaires de Roumanie. En ce cas la garantie d'un contrôle supérieur vient renforcer les avantages qu'offre la fédération. .

Les associations de vente et les coopératives agricoles, se fédèrent aussi souvent pour pouvoir lutter contre la concurrence et pouvoir se maintenir sur le marché. Ce n'est que grâce à une fédération bien organisée et bien conduite que les associations de vente du Danemark ont pu conquérir le marché de Londres, d'où elles- ont évincé leurs concurrentes françaises, malgré l'avantage que procure le voisinage à ces dernières. C'est toujours au moyen de la fédération que les coopératives de la

-àô-

Sibérie réussissent à vendre leurs produits jusque sur les marchés de TEuropo centrale'.

Sur le terrain de la production, la fédération n'a pas encore fait son apparition, et c'est grand donunage, car c'est justemefti là que le besoin d'une bonne organisation et d une direction solide se fait le plus sentir. Mais il no faut pas désespérer, car la coopération de production subit l'influence des autres formes do la coopération, etles fédérations ne tarderont pas à surgir aussi parmi elles.

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