‹ Coppet et WeimarChapitre 12 sur 45 · Camille Jordan · texte numérisé non relu

Camille Jordan

2. Actrice du Vaudeville; très-belle en effet et qui devint Mme Em. Dupaty.

font penser à vous, mais moi, j'éprouve un effet contraire; je n'ai jamais trouvé à personne de ressemblance avec vous et les yeux de cette Mme Henri me semblent aveugles à côté des vôtres. Camille prétend que vous embellissez; et cela est vrai, parce que vous avez plus d'expression qu'à dix-huit ans.

« Donnez-moi des nouvelles du prince Pignatelli l. Je m'y intéresse vivement : si j'étais à Paris, je lui lirais Corinne. Si jeune tant souffrir, cela fait une grande pitié. — Mais vous le soi-

1. Le Prince Alphonse Pignatelli, frère cadet du comte de Fuentès, Grand d'Espagne, comte d'Egmont, en Belgique, possesseur d'immenses propriétés dans toute l'Europe. De ces deux héritiers de ces illustres noms, le comte de Fuentè< mourut victime des guerres civiles, et Alphonse succomba à une maladie de poitrine héréditaire. Ni l'un ni l'autre ne se marièrent. Ils étaient petit-fils de la célèbre comtesse d'Egmont (Mlle de Richelieu) qui a fait grand bruit dans le monde.

Alphonse Pignatelli avait loué l'hôtel de la rue du Mont- Blanc, que les revers de fortune de M. Récamier ne lui permettaient pas de garder.

gnez et je sais comme vous soignez! Je serai après-demain àCoppet. Quelle triste arrivée dans un séjour si triste pour moi ! Écrivez-moi quelquefois'. L'absence sans lettres fait craindre de n'être plus aimée ; cette absence forcée est une contrainte cruelle.

« Adieu, chère amie, je vous embrasse tendrement. Je compte un peu qu'Adrien 1 m'écrira ce qu'il pense de Corinne. »

Le succès de Corinne fut immense , mais ne servit nullement à désarmer, bien au contraire. On s'offensa de n'y pomt trouver un éloge direct ou indirect du vainqueur de l'Italie, et l'exil reprit toute sa rigueur.

M. Sainte-Beuve, qu'il faut toujours citer lorsqu'on s'occupe de Mme de Staël , car l'étude qu'il

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