La Princesse Radziwill
3. Valet 3e chambre de M""-' de Staël, qu'elle avait envoyé à Paris.
a Berne, et je le ramènerai de là. Les fêtes « dans ce temps attendrissent toujours ; elles ont <( l'air de la veille d'un malheur. Je charge « Eugène de vous remettre une robe de Vienne, (( moins magnifique que la vôtre, mais qui, je « crois, vous ira bien. J'en ai une autre en vue, '< mais qui ne m'est pas encore arrivée.
« Vous ne seriez pas tentée de Vienne pour « cet hiver? Au reste, c'est un voyage cher, <( mais vous y auriez un bien grand succès. « Mandez-moi si l'on croit à la guerre ; j'ai « laissé mon fils en Autriche et j'ai souvent envie « de le faire revenir. »
M",e de Staël écrit encore le 25 août :
« J'ai mené Mathieu à la fête des Suisses que M. de Sabran vous décrit. Je l'ai quitté là, et toutes les blessures de l'exil se sont rouvertes pour moi en me séparant de lui. Votre ami, le Baron de Vogt, est à Genève ; je viens de l'invi-
ter à dîner pour demain. J'ai rencontré aussi le Prince de Bavière * qui m'a demandé de vos nouvelles avec vivacité, et m'a dit que l'on n'approuvait pas ses amitiés ni pour vous ni pour moi. C'est un bonhomme qui a de l'esprit et de l'âme renfermés dans de tristes organes. — J'ai reçu une lettre de M"ie de Chézy qui me parle de vous ; j'ai vu Camille Jordan en Suisse, et vous jugez si nos entretiens ont eu vous pour objet. Je lui ai dit les sentiments du Prince Auguste de Prusse pour vous, ses offres et vos refus : il me semblait que c'était vous mettre à votre place. Il m'a fait connaître sa femme, qui m'a paru douce et naturelle; il aurait le projet de passer l'hiver à Florence avec de Gérando : c'est aussi une idée qui me viendrait. »