OPINION DES AUTEURS
Un cultivateur très-intelligent, M. Pictet, s'exprime ainsi dans les Foung's Annals :—
“ J’avaistoujours eu l'habitude de mettre le fumier en tas. en lesortant de l’étable, et de ne le transporter dans les champs bestiaux. qu'après sa parfaite décomposition. Un jour, je commençai à contient douter de la bonté de cette pratique. J'étais déjà convaincu
es terres rtile, et
qu'avec mon système, l’engrais diminuait en quantité et coûtait beaucoup. Je fis l'essai du fumier frais. La première expérience réussit tellement bien que je résolus dès lors, de rompre avec ma vieille coutume. Je trouvai bientôt un grand nombre d'imitateurs parmi mes voisins, qui n'avaient pas tardé à se rendre à l'évidence des résultats obtenus. Maintenant, après plus de sept ans d'expérience, je suis convaincu qu'il est profitable d'employer les engrais au furet à mesure de leur pro duction. ” : |
Les principaux cultivateurs anglais et écossais, consultés à ce sujet, ces années dernières, par M. de Knobelsdorf, ont été unanimes dans leurs réponses. Tous se sont accordés à dire que la pratique et la théorie démontraient la supériorité des engrais, composés de litière et de déjections, appliqués à tous les sols, propres à la culture des céréales et des plantes légumineuses. De plus, les mêmes praticiens sont d'avis que l'emploi immédiat des fumiers frais prévient la perte de plus du quart de leur masse.
M. Schmaltz, excellent agronome pratique, émet la mème opinion, dans son ouvrage intitulé : ‘ Observations dans le domaine de l’économie rurale. ”
‘“ Le fumier qui a subi une altération très-profonde, perd une bonne partie de son volume, en comparaison de celui dont la décomposition ne fait que de commencer. Il est difficile de l’épandre uniformement, vu que son émiettage demande beaucoup de travail et de soin, partant qu'il est presqu’impossible de le diviser en parties égales. J'ai toujours été surpris des effets remarquables, obtenus par l’engrais peu décomposé. Lorsque, par exemple, j'ai vu mettre sur un champ nuit voyages d’un fumier riche, court et entièrement décomposé, et sur un autre champ, de mème étendue, six voyages , d'engrais plus frais, mais du même poids, j'ai observé que uon-seulement les produits du second champ étaient plus abondants que ceux du premier, mais encore que l’engrais frais avait des effets beaucoup plus durables. Pourtant, su voyages n’en auraient fait que cinq,sion avait laissé l’engrais se décomposer plus longtemps. Je n'ai pas fait cette observation, seulement pour un sol particulier, mais pour toutes sortes de terrains. Quoiqu'il en soit, l’engrais quelque peu décomposé m'a paru cependant, favorable aux terres fortes plutôt qu'aux terres légères et sablonneuses. Les effets de l’engrais enfoui dans le sol, à la sortie de l’étable, sont remarquables, principalement sur les récoltes qui ne suivent pas immédiatement la fumure. ”
Sir Humphrey Davy, Martin, Puvis et autres sont de la même opinion que Schmaltz, directeur de l'institution royale de Wurtemberg. Bien peu d'auteurs se prononcent en sens
| — 39 — é et Colre expé- contraire, Par contre, presque tous les cultivateurs n'emrompre ployent leurs fumiers que lorsqu'ils sont très-décomposés. | nombre La science et la pratique intelligente sont donc en désac. rdé à 5e cord avec la coutume. Il ÿ à encore plus. Celui qui entrepren nt, après drait de persuader à un cultivateur que l'engrais ayant subi 1] est pro- une altération prononcée ne vaut pas autant qu'un autre leur pro ne en terre à l’état frais, serait considéré comme imbé- : cile.
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s, C MON OPINION
obelsdorf, TE L accordés Il scrait téméraire de ma part, de passer condamnation
upériorité sur l'une plutôt que sur l’autre des deux opinions qui viennent liqués à d'être signalées. Chacune contient, à la fois, un peu de fausseté es plantes et un peu de vérité. Tout nous fait voir que rien n'est absolu d'avis que dans les arts. Ma méthode est conforme à ce principe ; elle rte de plus est Le passe-partout qui nous introduit dans le domaine de la réalité, ‘10 LL est bien écabli que les uns ont des préférences pour le fumier frais, tandis que d’autres ne veulent pas s'en servir Mais, sans l’aide de cette méthode, qu'est-ce qui pourrait de entreprendre de concilier ces opinions ?
s-profon st Avant d'aller plus loin, je me permettrai de vous faire paraison de une remarque qui n'a pas encore été faite : c’est que dans Lmencer: l'étude de cette question : * Faut-il laisser chauffer l'engrais ? ” on Dre on ne fait pas de distinction entre des engrais qui ont chautfé nt qu'il esi et ceux qui n'ont pas subi d'altération. Ainsi, on donne touai tOLJOUTk jours le nom de fumier frais, à l'engrais qui vient d'être sorti engrais peu de l'étable. Pourtant, ce fumier a déjà été modifié par linar un champ fluence de la fermentation et souvent d'une manière notable ent décon- La chaleur produite est dans une certaine mesure, à peu près la six voyagé , mème que celle développée dans mon compost, dans l'espace bservê que de quinze Jours. Vous pouvez appeler cela fumier frais, si taient plus vous le voulez, mais vous devriez plutôt dire, fumier chaud ue l’engrais car, lorsqu'on le remue il s’en échappe une fumée épaisse. ourtant, e Enfoui dans cet état, le fumier a certainement d'excellents ssé l'engralf effets, et il n’y a pas lieu de s'enétonner, La litière enfermee tte observa- dans une étable chaude, imbibé: de l'urine des animaux our es lermentée rapidement, lorsqu'elle est exposée à l'air, D uelque Lt plus, les vaches et Les chevaux en se couchant sur la pai le terres A ; lui communique de la chaleur par le contact de leur corps effets de Done, ce qu’on appelle généralement fumier frais n’est que nt remarqué de l'engrais en décomposition. Il n'est pas dans un élat di: nt pas mme pourriture aussi avancé que s'il était resté durant six mois dans la basse-cour, mais il est en bonne condition pour servir es sont de la dans la grande culture.
itution royale Il ressort naturellement de ces considérations, que la cent en sens question générale n’a pas été bien posée, ni par les théoriciens, ni par les hommes pratiques. Pour faire une com-
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paraison judicieuse, avant de prononcer un jugement, il importe de définir les choses que l’on veut comparer. Or. cette définition se fait encore attendre. Il y a eu discussion. mais aucun point n’a été élucidé.
A mon avis, le problème aurait dû comprendre les données suivantes : ‘ Est-il préférable d’enfouir le fumier, alors qu'il n’a pas encore ressenti les atteintes de la fermentation ? © oa bien, ‘ Les éléments du fumier doivent-ils être recouverts par le labour, dans leur état naturel ? ” Ensuite, serait venu une définition et l'explication des préférences du cultivateur. Alors, ui aurait pu se baser sur des faits incontestables, J'ajouterai mème que c'était le seul moyen de découvrir lequel des deux procédés est le plus utile et le plus économique : enfouir le fumier lorsqu'il est dans son état naturel ou bien après qu'il a subi une altération quelconque. La solution de ce point est très-importante. Toutefois, elle sera toujours relative, car il est impossible de compter sans le climat,et sans la uature du sol et des plantes.
Je répondrai donc aux auteurs dont j'ai cité les écrits— et qui sont en faveur de l'emploi du fumier frais—ainsi qu'à ceux d’une opinion contraire : * Vous vous trompez en proclamant vérité, les faits spécieux que vous rapportez. Chiinistes, vous énoncez d.s principes conformes, sans doute, à la théorie, mais de leur application vous ne vous en occupez pas. ” Cependant, c’est précisément à cause de la difficulté de mettre la pratique en rapport avec la théorie que tous les agriculteurs adoptent un système contraire aux données de la science. Par exemple, allez chez un fermier qui à l'intention de convertir en engrais, des tiges de blé-d’inde ou d’autres corps durs et rustiques, et dites-lui que la fermentation est dangereuse, qu’elle occasionne la perte d’une partie des éléinents de l’engrais. Get homme, après vous avoir écouté vous répondra avec un sourire sur les lèvres : ‘“ Eh bien ! essayez de fabriquer mon engrais avec des matériaux aussi durs que le bois, sans les laisser chauffer. Vous dites que j'éprouverai une perte en faisant pourrir ces matériaux ; c'est possible : mais au moins, la plus grande partie me donnera un engrais soluble. Avec vos principes, ces matières ne me seraient d'aucune utilité ; je les perdrais totalement. Si vous me parlez de la litière que je mets sous mes bestiaux, je vous demanderai : ‘“* Pensez-vous qu'il faudrait l'enlever de létable chaque jour, et la transporter aussitôt dans les champs, quand inéme la saison ne serait pas assez favorable pour permettre l’'enfouissement de l’engrais ? D'un autre côté, comment faire pour empêcher la chaleur de se produire dans un tas, et pour prévenir l’appauvrissement du fumier, si je l’épandais sur le sol ? ”
Messieurs les chimistes, quelle réponse avez-vous à don-
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végétales. Je ane 16 a ie pourrir les nc cas particuliers où le ï ARS DE générale ; il y a des ERA Pr à di mentation nest pas nécessaire, Les Da ee . ire . vérité, au moins sur ce point 4S anolé pe pa ie e mieux à faire, par apport aux Aa de es arroser une fois avec un bon eut nor . L Tr par exemple, et de les antonie eue . ce F2 Es Mais à part ces cas Archliele indispensable : ne à rs nous le répétons est Nous avons vu Rat à la mastication par les animaux 7 ee d que les hommes Je science et les ao L des prince A a se 0 méme avis. Les premiers se ce : Re D . re et les seconds sur la pratic A net tro pas l'opinion, ni des uns ni des ie nÉtDes ne ec Nes de mettre en avant mes pro se vonvictions. en le faisant, j'obéis seulemen te ns. ent à mes
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5, Si le sol n'est pas celui qu'on est convenu d'appeler terre blanche, faites subir aux matériaux de l’engrais, une altération considérable, et doublez ou triplez la quantité de chaux qui entre ordinairement dans la composition du ferment.
60. Dans toutes les terres où ls engrais ordinaires implantent des mauvaises graines et produisent des plantes nuisibles, il est nécessaire d'appliquer des engrais parfaitement pourris, assez, dans tous les cas, pour ne pas uvoir à redouter la reproduction des mauvaises graines.
Voilà pour les règles que je suis parvenu à tracer. J'en viens maintenant aux exceptions. |
Lo, J'ai dit que pour un sol léger, chaud, sableux on vorace, vous ne deviez pas faire décomposer les substances végétales, surtout si elles étaient vertes. Mais dans ce cas, il faut les enfouir avant l'hiver, afin de leur donner le temps de pourrir avec l’aide des pluies de cette saison. Ainsi, cette règle, que j'ai raison de croire bonne, n’est aucunement utile au jardinier.
A lui je dirai de faire usage, sur les sols dont je parle, d'engrais toujours préparés d'avance. Le fumier décomposé contient moins d’ammoniaque que le fumier frais, mais comme cotmumpensation renferme plus de sels. Il peut aussi servir d’amendement, en ce sens qu’il diminue la porosité de la terre, qui obéit trop sensiblement aux influences atmosphériques et se dessèche trop rarilement. Bien plus, cel engrais, riche et décomposé, par les sels qu’il contient—ces sels empêchent la moisissure de se produire-maintient autour des racines des plantes, la fraicheur favorable à leur prompt développement. Toutefois, si vous cultivez des céréales, telles que le blé, le seigle, vousdevez faire choix d’un engrais plus durable, parce qu'alors vous faites votre semis à l'automne. tb Lorsque le printemps est arrivé, Les plantes qui ont besoin de substances nutritives pour opérer la reproduction de leurs graines—phénomène pour lequel toutes Les forces de la nature sont mises à contribution—peuvent puiser dans un engrais à dissolution lente, les aliments qui leur conviennent.
2. En deuxième lieu, j'ai dit que par rapport aux sols froids ou argileux, les matériaux de consistance ligneuse devaient être soumis à une énergique fermentation. La raison en est qu’une terre Compacte est toujours trop froide pour permettre une altération rapide et facile des substances que vous y introduisez. Le fumier frais ou quelque peu décompost, d’un fort volume en proportion de son poids, convient, je je le sais bien, aux sols qui ont besoin d’être divisés ; je sais
(1) Cette règle s’applique surtout aux Etats-Unis et à la previnne d'Ontario où l’on sème une grande quuutité de grain d’automne.
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aussi qu'un fumier long, appliqué à une terre compacte, lameublit, et en la divisant, l'expose à l'influence de l'air. Mais d'un autre côté, il arrive que ce fumier long se décompose très-difficilement et ne profite pas à la première récolte qui suit la fumure. Il n’est pas, il est vrai, entièrement perdu pour la récolte suivante ; le soleil aidant, les éléments de l'engrais sont rendus solubles pendant l'été. Cela n'emjèche pas toutefois, qu’en attendant, le carbone se volatilise et la première récolte ne donne qu’un faible rendement. Eu égard à toutes ces difficultés, je n'hésite pas à donner la préférence, dans le cas actuel, aux engrais raitonnablement décomposés. En même temps, je fais la part de certaines exceptions. En cela, je ne contredis pas, d’une manière absolue, l'opinion générale des cultivateurs, car ce qu'ils appellent fumier frais ou sortant de l’étable se trouve presque dans le rième état que mon engrais végétal, après qu’il a fermenté pendant quinze jours. Ainsi, pour les semis du printemps, sur des terrains froids, argileux et compacts, n’hésitez pas à faire subir à votre engrais une altération très-prononcée en le laissant en tas, huit ou dix jours plus longtemps que de coutume. Autrement, il n’aurait pas le temps de pourrir d’une manière suffisante ; le sol argileux est trop inactif. Il faut par conséquent lui fournir des aliments tout préparés. Si au contraire, pour une terre de la même espèce, il s'agit de céréales semées à l'automne, il suffira de faire fermenter votre compost pendant quinze jours. Alors, vons vous servez d'engrais frais. Vous devez avoir soin cependant, de préparer un ferment tres-onctueux, très-fort et très-riche. Il en résulte, que les éléments de l’engrais se dissolvant petit à petit et d’une manière progressive, les racines des plantes sont alimentées réguliérement jusqu'à l’époque de la moisson.
La règle que je viens de tracer s'applique aussi à la culture du sorgho, du murier, de tous les végétaux qui restent longtemos attachés au sol, ainsi qu'à l’arboriculture. 3, Si le sol n’est pas sablonneux ou argileux, mais qu'il constitue ce qu’on appelle vulgairement terre frenche : fermentation ge l’engrais, un peu moins forte que dans le cas précédent, Gette espèce de terre contenant du sable, Pair y a libre accès. Par conséquent, lors même que l’engrais n'aurait pas subi une altération considérable avant d’être enfoui, il se décomposerait tout de mème, assez facilement. Ici encore, Je suis presque d'accord avec la science. Je n'ai pas la pré tention de vouloir dogmatiser, je le répète ; j'admets qu'il y a des exceptions. Il faut toujours tenir compte des variations du climat et de la diversité des plantes à cultiver, Par exemple, on ne doit pas craindre d'activer le mouvement fermentatif avec plus de force pour la culture du lin, du chanvre, du tabac et d'autres plantes dont la végétation est rapide,
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que pour celle des végétaux qui demeurent plus longtemps attachés à la terre, Dans ce dernier cas. la fermentation doit être arrètée après dix jours. Si l’engrais devait être enfoui avant l'hiver, huit jours sutfiraient.
4, Votre sol est-il très-calcaire, préparez un engrais riche auquel vous ne ferez subir qu'une très-faible altération. Un seul arrosage est nécessaire, car la chaux que la terre contient déjà est un ferment qui ne peut manquer d'exercer son action sur les éléments de l'engrais.
o, Mais il faut adopter une pratique contraire, lorsque la couche arable est dépourvue de chaux. Alors, le précieux agent qui complète le travail du ferment liquide n’existe pas. [importe donc d'y suppléer, On obtient ce résultat en doublantet triplant la quantité de chaux qui se met ordinairement dans le ferment, Les influences du climat sont uu autre point auquel il fant porter attention. Pour ne donner qu’un exemple, dans les Etats du Sud, un terrain qui n’est ] a: calcaire peut cependant être fort bien chaud. surtout s'il est exposé aux rayons du soleil, s’il est en pente, et si la couche arable est de couleur noire, parceque alors il v à absorption de calorique.
6° Enfin, j'ai donné comme principe, le recours à une fermentation énergique pour tous les sols infestés de mauvaises herbes, et les terres négligées. Par ce moyen, en effet, on prévient la reproduction d'un surcroît de mauvaises graines qui se développeraient d'autant plus facilement qu'elles seraient en contact avec les principes de l’engrais.
Muis ici, se présente une objection que, sans doute, vous ue manquerez pas de faire. Vous me direz : * Suivant vous. il y à un certain nombre de cas où la fermentation est à peine nécessaire. En disant, après cela, de faire subir à l’engrais une altération assez prononcée, afin de détruire le germe des mauvaises graines, vous vous contredisez. ”
A cela je répondrai qu'il est possible de détruire le germe des différentes graines sans fermentation sensible. Supposons que j'aie besoin d’un engrais peu décomposé, et, en mème temps, que je veuille faire disparaître des matériaux, les semences nuisibles. J'opère comme suit : je prépare un riche ferment, qui, dans l’espace de quatre à cinq jours, produit une chaleur de 170 à 190 degrés Fahrenheit, De : sorte, la faculté germinative des mauvaises graines se trouve annihilée, el je puis me servir de mon engrais le sixième jour. Le phéno-
mène qui a lieu est analogue à celni qui s'opère lorsqu'on fait bouillir des fèves sur un grand feu. Lorsque la température de l’eau s’est élevée à 210 degrés, on laisse le vase sur le brasier quelques secondes seulement. Les fèves ne sont pas cuites. mais leur force vitale n'existe plus.
Or, cet engrais ne sera que très-peu décomposé
la volatilisation des gaz qu'il contient sera très-peu sensible.
ét Des substances terreuses les retiennent et les absorbent. ; 1 * \ Ÿ fou CONCLUSION riche Les chimistes i calculent avec Bnia a. Un es Chimistées, qui calculent avec tant de précision la
perte occasionnée par la fermentation, n'ont jamais analvsé mon compost, et le feraient-ils, qu'ils n'auraient pas de peine à reconnaître qu’il n'y a presque pas de perte.
Est-ce que, par hasard, j'aurais modifié les calculs des savants, sur la question des engrais fermentés ? Assurément. je l'ai déplacée. Et si, en premier lieu, je prouve que par ma manière de procéder, nonobstant une fermentation considérable, mon compost ne perd rien de ses principes fertilisants, et qu’en second lieu, j'établisse la possihilité de remplacer, par une énergique fermentation, les effets de la chaleur communiquée à l’engrais par les animaux, et de rendre solubles les matières végétales les plus difficiles à décomposer. je crois par là, rendre un grand service à l’agriculture.
À la fin de cette discussion, le lecteur demandera peut ètre comment il se fait qu'un modeste cultivateur puisse donner son opinion, avec tant de hardiesse, sur une question aussi délicate et au sujet de laquelle les meilleurs auteurs ne sont pas d'accord.
Sans doute, il serait téméraire de ma part, de mettre ma voix dans la balance. Mais, lecteur, n'oubliez pas que je dois défendre mon système, qui ouvre un nouvel horizon, et ma méthode, qui n’est rien autre chose que l'étude des lois de la fermentation, du domaine de la physique.
La science n’est pas encore parvenue à les expliquer clairement. Ces lois comprennent peut-être tout le secret de l'existence. L'homme lit dans le firmament—il mesure approximativement la distance qui le sépare du soleil-mais der :adez-lui quelle est la véritable cause de la fermentation, à l'aide de laquelle tous les êtres organisés sont formés, décomposés, et reconstitués ; il gardera le silence.
Demandez-lui encore, comment les déjections des bestiaux peuvent se transformer en- fleurs odoriférantes ? qu'est-ce qui fait qu'un grain de blé décomposé et élaboré par la nature, devient partie constituante de l’homme. Des penseurs des génies, un Descarte, un Corneille, un Washington, un Napoléon, la voix de la nature n’enseignent rien à ce sujet, et il est à craindre que des milliers d'années se passent sans que les homines soient plus renseignés que nous, sur ce point.
Que devons-nous faire en attendant la révélation d'un pareil secret ? Tout simplement, nous occuper des faits. Nous savons que le phénomène de la fermentation
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existe ; étudions ses lois, ses phases diverses ; utilisons-la, er “onvertissant par son intermédiaire, des débris végétaux, en fruits, en grain, en bétail. Aidons la nature à produire l’existence ; les populations s’accroîtront, et avec l'esprit de progrès, peut-être qu'en un jour où le vent sera au génie, la marche ascendante de la civilisation aidant, la lumière se fera, sur ces mystères que les obscurités dont s'entoure la nature dérobent aujourd'hui à notre entendement., ()
ARTICLE QUATRIÈME—Mox ENGRais VÉGÉTAL EN Rarponr AVEC LA NATURE DES PLANTES
Jusqu'à présent, personne n’a eu l'idée de donner aux plantes une nourriture conforme à la durée de leur végétation. On ne fait pas différence d'appliquer aux végétaux dont la croissance ne dure que trois mois ou à des fleurs qui 'ontqu'une existence éphémère, un engrais quiconviendrait plutôt à des plantes dont la végétation dure un an et davantage. Nous devons convenir que c’est peu rationel, mais la masse des cultivateurs ne peut faire mieux.
Ma méthode ouvre une nouvelle voie ; elle enseigne la inanière de composer un mélange, approprié non-seulement au pouvoir absorbant des plantes, mais encore à la durée de leur existence. Ainsi, dans le cas où l’on voudrait favoriser l’accroissement d’un végétal qui ne doit rester que très-peu de temps attaché au sol, il serait nécessaire de préparer un engrais chaud, apte à devenir soluble promptement. De la sorte, la plante végète rapidement, se développe et parvient à bonne heure, à maturité. Au contraire, si on cultive une plante qui est de longue croissance, on doit fabriquer un compost dont les éléments se décomposent lentement et successivement. Dans cette circonstance, un engrais composé d’une grande rariété de matériaux, difficiles à décomposer, est justement ce qu'il y a de mieux. Pour être certain qu'il y aura abondance de matières assimilables, on peut ajouter aux éléments du ferment des râpures de cornes, des débris de cuir, des os concassés, etc. Ce qui doit toujours nous guider, ce sont les besoins progressifs des végétaux, dans les diverses phases de leur végétation. Il convient de leur servir des aliments qui seront toujours prêts à remplir leur destination à chaque étape de la vie végétale La partie de l’engrais rendue soluble avant d’avoir été enfouie, est absorbée la première ; vient ensuite l’absorption des principes mis en liberté par la décomposition successive des autres éléments.
(1) Pour mettre en pratique les enseignemen:s donnés dans cet article il est nécessaire le coinaître ta nature du terrain à cultiver. A cet effet, on trouve : au chayître ler ces srticles supplément ires, le procédé au moyen duquel chicun peut au-lyser le sol dont il est propriétaire
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Pour mieux faire comprendre ma pensée, je dirai que l'alimentation des plantes se fait d'une manière analogue à celle d’un enfant. D'abord, ilest nourri avec du lait : mais ensuite, à mesure qu'il avance en âge, que sa constitution se développé, on lui donne des aliments plus substantiels. Telle est la voie suivie par la nature ; elle ne procède que par degrés.