‹ Cor Hygroma OstéiteChapitre 12 sur 30 · ANATOMIE PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUES

L'étude anatomo-pathologique de ces affections à leurs différents stades présente de multiples difficultés, tant pour se procurer les pièces au stade intéressant que pour les préparer et surtout les couper.

En effet, tant qu’il n’y a pas d'infection, il est exceptionnel que le malade demande une intervention et, d’autre part, cette dernière ne peut être pratiquée pendant la période d'infection.

C’est donc surtout des coupes de cor et d’hygroma ayant été infectés, puis guéris médicalement, qu’il sera facile de se procurer, par exemple au cours d’une intervention pour orteil en marteau.

Au laboratoire de l'Hôpital Saint-Louis, il existe dans la collection Darier deux coupes de cor à la première période montrant simplement une hyperkératose localisée et un derme sous-jacent légèrement atrophié. Pas trace de bourse séreuse, pas trace d'infiltration lymphocytaire; il semble donc bien qu’à la première période, comme le faisait prévoir la clinique, seul l’épiderme réagit, il n’y a pas encore de lésions profondes.

J’ai eu l’occasion de me procurer une pièce analogue; il s'agissait d’une malade opérée en 1943 d’un orteil en marteau, le quatrième du pied gauche, avec hygroma suppuré de la face dorsale de l’articulation phalango-phalanginienne. Un an après une douleur apparaît au même niveau, mais au pied droit, il se forme un cor à pointe centrale nette, mais sans signe clinique d’inflammation du derme sous-jacent. Ea malade vient alors demander une intervention pour son quatrième orteil droit, craignant que celui-ci ne s’infecte comme le gauche.

JA

Les coupes de ce cor sont analogues à celles de la collection Darier, le derme est pratiquement normal.

A noter que chez cette malade, il n'y avait plus trace de cor au niveau de l’orteil opéré en 1943, la saillie osseuse ayant disparu, la peau avait repris un aspect tout à fait normal.

Donc à la période de début, l'anatomie pathologique ne

montre rien de très intéressant. Par contre, à la période sui-,

rante, la bourse séreuse va se former dans le tissu conjonctif, ‘elle est macroscopiquement évidente.

LAroREsr attribuant. la formation des cors à l’épaississement de la lymphe, écrit à ce sujet : « Je l'ai vue (rarement à la vérité) fermentég au point de se dissoudre en eau renfermée dans une espèce de kyste que l’on trouvait après avoir découvert la première superficie. » = |

RavauT traitant de l’électrothérapie (N. P. D., VHII, 674) conseille, pour chtenir un résultat définitif, de détruire profondément les bourses séreuses siégeant sous certains durillons. |

Mais ces bourses séreuses que tout observateur attentif a pu voir après l’exérèse des pointes cornées, dans lesquelles le stylet pénètre, dont on peut explorer les parois, ne se retrouvent plus sur les coupes histologiques car, au cours des préparations, leurs feuillets s’accolent, la cavité devient virtuelle et ne peut être facilement distinguée d’une faille du tissu Jamelleux due à la préparation de la pièce (fig. n° 1 et 2).

Pour remédier à cet inconvénient et si la bourse séreuse présente un orifice, il peut être intéressant de la bourrer à laide d’un corps étranger. C’est ce que j’eus l’occasion de faire au cours d’une intervention pour orteil en marteau. Il s’agissait d’un malade, M. L. G.. se plaignant d’un cor volu-

mineux et extrêmement douloureux siégeant à la face dor-

- sale de l’articulation phalango-phalanginienne du cinquième orteil du pied gauche. Cliniquement, la bourse séreuse était évidente, l’infection des jours précédents avait fortement diminué par l’application de pansements humides et par la pratique des bains, mais n’avait cependant pas complètement disparu. -

Avant de faire l’exérèse chirurgicale du bloc de la peau à l'articulation, la cavité de l’hygroma avait été bourrée d’Exoseptoplix.

A la coupe, lhygroma apparaît donc comme une cavité creusée dans le tissu conjonctif et limitée par des cellules aplaties formant un tissu dense qui ne peut être confondu ni avec un endothélium ni avec une paroi d’abcès.

Ceci répond exactement à la définition qu’en donne Bon dans les Eléments: d Histologie : « On peut rapprocher de ces cavités (articulations) des lacunes plus ou moins étendues qui se sont développées dans le tissu conjonctif en certaines régions soumises à des pressions et des frictions fortes et fréquentes. Elles sont le résultat des mêmes facteurs mécano-

nee

Fi. 1

Accidents de compression, Faible grossissement montrant une vue d’ensemble (épithélium, chorion et bourse séreuse située profondément dans le tissu conjonctif).

Fic. 2

Bourse séreuse du fort grossissement, Noter l’aspect régulier de la cavité bordée par des cellules fixes. Remarquer également le cloisonnement qui | | est fréquent. :

Fic. 4 Coupe de cor (même grossissement que la Coupe de peau saine. figure 4). Noter : lhyperplasie de la couche Noter l’épaisseur de l’assise de Mal de Malpighi (3 à 4 fois plus épaisse qu’à Ja l’aspect fibreux du chorion sous-ja normale). Les papilles denmiques sont très

marquées. Le chorion sous-jacent est très cellulaire et peu fibreux (la couche cornée avait été abrasée avant l'intervention).

Fi. 5

Bourse séreuse infectée puis traitée en voie ide cicatrisation.

Noter la régénération de l’épithélium,

unes sont constantes, comme les bourses pré-rotuliennes ou olécraniennes, dont les autres sont professionnelles ou accigénétiques. Telles sont les boursés sous-cutanées dont les dentelles. Ce sont des cavités cloisonnées, à parois formées

de tissu lamelleux dense, avec des cellules fixes serrées et x.

plus ou moins ramifiées. »

Ce cloisonnement des bourses séreuses est encore plus net, - plus évident macroscopiquement au niveau des volumineuses bourses séreuses qui coiffent l'articulation luxée d’un hallux valgus ancien. Les cloisons, souvent incomplètes, limitent des alvéoles peu nombreuses contenant soit un liquide clair et filant analogue à du plasma, soit au contraire une gelée assez homogène, opale, semblable à la chair du raisin, faisant comme elle hernie dès qu’une pression est exercée sur la bourse séreuse ouverte.

Mais ces bourses séreuses peuvent totalement disparaître par un traitement médical bien conduit.

Il est facile de se procurer des pièces, au cours d’interventions chirurgicales pour orteils en marteau, chez des malades ayant suppuré au cours des mois précédant l'intervention.

Pendant cette suppuration, il aurait été facile d’explorer ces cavités au stylet, d’en reconnaître la profondeur, de les bourrer, dans un but thérapeutique, de petites mèches ou de poudre de sulfamides. Leur guérison progressive aurait pu être appréciée cliniquement et aurait été complète lorsque le fond paraissait s’accoler à l’orifice de drainage. Toute infection ayant alors disparu, le moment était favorable pour pratiquer une intervention au cours de laquelle la pièce est prélevée.

Que montre l’histologie? Pratiquement rien; un épiderme normal, un derme légèrement hyperplasié avec parfois des amas Ilympho-plasmocytaires isolés, témoins de l'infection ancienne. Mais pas trace de bourse séreuse nette, tout au plus des failles dans le derme conjonctif lamelleux qui peuvent fort bien n'être que des artefacts dé préparation (fig. n° 5).

Il paraît done qu’une fois la cause de l'affection supprimée, le tissu conjonctif reprend son aspect lamelleux normal, sans même permettre de retrouver une cavité virtuelle à la place de la bourse séreuse.

On peut donc bien parler de « restitution ad integrum » et on est en droit de penser que chez des malades ayant passé par des alternatives d'infection et de guérison, les récidives étaient dues, non pas à un <état> acquis par a peau ou le tissu conjonctif, maïs bien à une cause précise : la compression entre l’os et la chaussure remise dès la guérison; supprimer l'agent de compression et les tissus mous guérissent, qu’il revienne et les lésions réapparaissent.

Darier parle de cas où les lésions ne guérissent pas par a suppression de leur cause, comme par exemple chez les malades longtemps alités, et il pense que ce fait témoigne de la

Pain

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