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C. — Formes selon le siège

Les formes cliniques les plus intéressantes à étudier par les conséquences thérapeutiques qui en découlent sont les formes selon le siège.

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a) Cor dorsal des orteils.

La localisation la plus fréquente, celle de la face dorsale de l'articulation phalango-phalanginienne, a été prise pout type de description. Au cinquième orteil, vu la soudure fréquente phalangine-phalangette, c’est la face dorsale ou

dorso-latérale externe de larticulation phalango-phalangi-

nienne qui va être le siège d'élection de l’hygroma le plus courant. Cet orteil, étant en règle générale violemment comprimé entre le quatrième et le cuir de la chaussure trop étroite pour le pied, va se mettre en marteau, d’où écrasement des téguments et des tissus entre l’articulation et la chaussure. C’est un cor fréquemment pluricuspide.

Presque aussi fréquent est le cor siégeant à la face dorsale de larticulation phalango-phalanginienne du quatrième orteil, celui-ci se mettant en marteau du fait de l’écart de taille, généralement beaucoup plus considérable entre le qua-

trième et le cinquième qu'entre le troisième et le quatrième.

La face dorsale de l'articulation phalangino-phalangettienne est beaucoup plus rarement intéressée, la phalangette ne formant qu’un tout petit bras de levier, aussi les lésions vont-elles s’y rencontrer à un stade moins évolué que sur lParticulation phalango-phalanginienne.

b) Cor interdigital.

L'hygroma interdigital, généralement appelé œil-de-perdrix, est l’hunerauge des Allemands, dû à l’écrasement des tissus entre les articulations des deux doigts voisins, cellesci étant situées sur le même plan frontal, alors que normalement elles devraient être légèrement décalées les unes par rapport aux autres.

Ces lésions, macérant du fait de lhumidité qui règne perpétuellement dans ces régions; des cellules hyperkératinisées se présentent sous un aspect blanc crémeux et desquament très facilement, il est donc rare de trouver la pointe centrale caractéristique du cor, celle-ci ayant tendance à s’arracher d’elle-même. Le derme rose sous-jacent va apparaître dans le fond d’un petit pertuis souvent noïrci par un dépôt de poussière, c’est ce point noir, entouré d’un halo blanc, qui leur vaut le nom d’œil-de-perdrix. Quoique petites et peu profondes, ces lésions sont extrêmement douloureuses, leur infection est fréquente et se propage facilement à l’articulation sous-jacente.

c) Cor de l’extrémité des orteils.

Au niveau des deuxième, troisième et quatrième orteils, il est fréquent de trouver des lésions siégeant non pas sur une articulation mais à l’extrémité de la phalangette, celle-ci venant buter contre la semelle de la chaussure, l’orteil étant

ÉPR ETES

en marteau. À ce niveau, la lésion dominante est une hyperkératose, une énorme pointe cornée s’enfonce à la rencontre de la phalangette, comme une stalactite vers une stalagmite, et provoque des douleurs telles que le malade vient consulter bien avant la période d'infection; il est d’ailleurs à noter qu’un cor analogue peut se rencontrer dans certaines professions, violonistes par exemple, aux doigts de la main, principalement à l'extrémité du médius. L’exérèse soigneuse de la pointe cornée va permettre une récupération fonctionnelle immédiate mais ne mettra évidemment pas à labri de la récidive.

d) Cor sous-unguéal.

L'ongle joue fréquemment le rôle de corps étranger, surtout en cas de pachyonychie, aussi les cors sous et périunguéaux ne sont-ils pas rares.

Le cor sous-unguéal est caractérisé par une douleur sié-

- geant sous l’ongle, en son milieu; cette douleur n'étant pas O

expliquée par un hématome évident, l’attention devra être attirée par une légère modification de la couleur de la sole unguéale;. au niveau du maximum douloureux, le rose de lPensemble fait place à une pastille chamois. Mais ce n’est qu’en amincissant l’ongle au maximum, en le dégageant au niveau de la lésion que le cor va apparaître, avec/sa pointe caractéristique s’enfonçant dans le derme; il ne doit pas être confondu avec une exostose sous-unguéale d’aspect moins homogène, plus lamelleux, nettement séparée des tissus voi-

-sins par un sillon circulaire, et surtout beaucoup moins sen-

sible.

Le cor péri-unguéal est provoqué par la pression des bords latéraux de l’ongle sur les tissus voisins à épiderme très mince; il est particulièrement sensible et une très petite couche de cellules hyperkératinisées, atteignant à peine un demi millimètre, va suffire à provoquer des douleurs :absolument mcompatibles avec la marche; il n’y a pas, dans ce cas, de pointe cornée à proprement parler, mais simplement quelques eouches de cellules hyperkératinisées, formant gouttière au contact des bords latéraux de l’ongle.

e) Cor sur Hallux valgus.

A la face interne de l'articulation métatarso-phalangienne

du premier orteil déformé par un Hallux valgus, les lésions

cutanées vont céder le pas aux lésions profondes; c’est en effet à ce niveau que la bourse séreuse va se développer au maximum et que les lésions d’ostéoarthrite vont être les plus nettes. Les lésions épidermiques sont surtout caractérisées par un amincissement des téguments qui sont tendus, luisants, vernissés, avec, cà et là, des zones de desquamation en

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lamelles; c’est le tylosis bulbeux d’Argerr, à qui le public a donné le nom d’oignon. Çà et là, cependant, on peut noter une petite pointe cornée correspondant à une irrégularité osseuse sous-jacente et dont l’exérèse soulagera grandement le malade; sous ces téguments, la bourse séreuse peut atteindre le volume d’une cerise, flasque ou tendue selon les cas, elle est extrêmement vulnérable, et le moindre traumatisme va en provoquer l’ouverture; c’est alors que l'infection va se produire infailliblement, infection qui pourra ultérieurement se propager aux tissus voisins, atteindre l’articulation. La pression entre deux doigts de la tête métatarsienne, en dehors de lhygroma et même en l’absence d’infection de celui-ci, va bientôt révéler une douleur osseuse traduisant l’ostéite à son début,

f) Cor sur Haliux rigidus.

Dans les cors de FHalilux valgus la lésion dominante est donc un volumineux hygroma. Au contraire, si nous considérons un Hallux rigidus, c’est la lésion osseuse qui va occuper le devant de la scène; cette exostose volumineuse, génant les mouvements d’extension de la phalange, va attirer l'attention du malade bien avant que les lésions de compression ne se développent à ce niveau, du moins avant que ces dernières ne soient infectées.

Il en est de même au niveau de toutes les exostoses ou cals volumineux, siégeant sur lavant-pied. Dans ces cas, évidemment, la lésion primitive est la lésion osseuse, les lésions cutanées et sous-cutanées n’étant que secondaires, La thérapeutique devra viser à supprimer ces formations osseuses anormales et à empêcher leur reproduction ultérieure.

g) Durillon sous les têtes métatarsiennes.

Si, dans le cas précédent, les lésions semblaient prédominer tantôt sur l’épiderme, tantôt sur le derme ou sur les os,

c'est, au contraire, Avec une égale intensité que tous ces

tissus seront atteints lorsque l’affection se localisera à la face plantaire des têtes métatarsiennes.

Dans ces parties d’ailleurs il est à noter que la pression s’exerce plus violemment qu’en toute autre partie du pied. C’est qu’en effet, d’une part une fraction du poids du corps se transmet par l'intermédiaire du métatarsien et, d’autre part, la phalange, butant par sa tête contre l’empeigne de la chaussure, va transmettre une pression supplémentaire et de sens opposé sur cette même tête, C’est donc la résultante de ces deux forces qui va agir sur les tissus mous sousjacents. é

Dans les débuts de l'affection, c’est surtout d’une: sensation de cuisson que va se plaindre le malade, la peau étant

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