‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 14 sur 96 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

CORA

Ce qui est irréparable, madame, c’est le temps passé loin de ceux qu’on aime et qui souffrent. Je vous supplie de me ramener auprès de lui.

MISTRESS BRADI.EY.

Mais, Cora, oubliez-vous qu’il vous a formellement exprimé sa volonté de vous voir rester en France?

CORA

Eh 1 madame! le motif de ma désobéissance ne la rend-il pas légitime, et mon premier devoir n’est-il pas d’aller consoler mon père?

CURTIS

Pardonnez-moi si j’insiste, mademoiselle; mais peut-être vous laissez-vous aller à un entraînement irréfléchi de voire cœur. (Jui vous dit que M. Gérard n’ait pas de sérieux motifs de vous tenir éloignée de la Nouvelle-Orléans, et que votre retour n’aggraverait pas ses peines loin de les soulager?

CORA

Et quels motifs peut invoquer mon père, monsieur, sinon des craintes que sa tendresse exagère, sans doute, et dont je ne dois pas tenir compte ? Savez-vous quelque chose? Ces questions que vous m’adressiez tout à l’heure...

CCRTIS.

Ces questions, je vous le répète, ne m’étaient inspirées que par un vif intérêt; c’est à ce même sentiment, mademoiselle, que je vous prie d’attribuer les observations que je me permets de vous faire. J’ai peur, et c’est ma seule crainte, que l’accueil de votre père ne soit pas tel que vous l’espérez.

(Georges et Lucy paraissent au fond et s’arrêtent.)

CORA

S’il en est ainsi, monsieur, je connais assez son cœur pour être assurée du contraire! Quoi qu’il en soit, ma résolution est irrévocable; et si vous redoutez, aussi bien que mistress Bradley, de prendre une responsabilité trop grave en me conduisant à la Nouvelle-Orléans, je saurai partir seule.

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