ACTE PREMIER
MISTRESS BRÀDLEY.
Où est-elle?...
CURTIS, remontant la scène arec mistress Bradley.
Tenez! la voilà assise auprès de Lucy ; elle se penche vers ma cousine.
MISTRESS BRADLEY
C’est mademoiselle Gérard, une de vos compatriotes!
CÜRTIS.
Comment?... Gérard de la Nouvelle-Orléans?...
Sans doute. Qu’y voyez-vous d’extraordinaire?
CURTIS
Mais Gérard n’a pas d’enfants ..
MISTRESS BRADLEY
Vous voyez bien que si, puisque nous recevons sa fille.
CURTIS
OùLucy l’a-t-elle connue?
MISTRESS BRADLEY
A son pensionnat, il y a un an.
CURTIS
Mademoiselle Gérard n’y était donc pas avant cette époque?
MISTRESSl BRADLEY.
Pardonnez-moi ! c’est Lucv qui a passé dans un autre pensionnat les premières années deson séjour en France. Le hasard ne pouvait donner à voire cousine une plus charmante amie. Voulez-vous que je vous présente à elle?
CURTIS
Tout à l’heure ; je vous demanderai d’abord un moment d’entretien.
MISTRESS BRADLEY, baissant la xoix.
Qu’v a-t-il donc?... Votre ton sérieux me fait peur.
CURTIS, de même.
C’est qu’en effet j’ai d’assez tristes nouvelles à lui donner...
De son père ?
CURTIS
Oui. (se (approchant de George?, demi-voix.) Monsieur BeSSÎèreS, je VOUS
serai obligé de ne répéter à personne ce que je vous ai dit tout
COR A OU L'ESCLAVAGE
à l’heure de cette jeune fille; je soupçonne un mystère auquel j’ai touché d’une main maladroite et qu’il ne faudrait peut-être pas divulguer.
GEORGES, à demi-voix*
Vous pouvez compter sur ma discrétion.
MISTRESS BRADLEY
La voici qui se dirige de ce côté avec Lucv.
CURTIS
Éloignons-nous, je vous prie.
(Curtis prend le bras de mistress Bradtey et s’éloigne avec elle par une des portes du fond, tandis qne Lucy et Cora entrent en scène, des bouquets à la main.)