SCÈNE V
GEORGES , CORA , peu TOBY.
CORA
Mon père vous quitte, Georges?
Oui.
GEORGES
- CORA
Vous Ôtes tout ému !
GEORGES
11 vient de me donner de graves nouvelles, Cora ! Mille dangers nous menacent. 11 tremble pour vous! 11 exige que nous partions à l’inslant même!
CORA
Sans lui?
Sans lui. Il veut lutter jusqu’au bout pour conjurer sa ruine ; mais il ne veut pas vous associer à ses angoisses ni à ses périls. La voiture sera prête dans un instant ; je dois vous conduire au consulat de France, et de là, s’il plaît à Dieu, sur une terre libre où je deviendrai votre époux. — Votre père vous confie à mon honneur, Cora ! me ferez-vous l’injure d’en douter ?
CORA
Non, Georges; — mais pourquoi mon père ne m’a-t-il pas parlé à moi-même? — Voulait-il donc me laisser partir sans m’adresser un mot d’adieu?
GEORGES
O Cora! ne l’accusez pas! votre père vous aime de toute son âme !
CORA, vivement.
Vous le croyez, n’est-ce pas?
GEORGES
« C’est ma vie qui s’en va !... » me disait-il en me serrant les mains; et les larmes étouffaient sa voix.
CORA
Eh bien ! Georges, que lui avez-vous répondu ?
GEORGES
Mais... — Ah 1 pardonnez-moi, Cora! — l’amour est égoïste! — je devine maintenant ce que j’aurais dû lui répondre.
CORA
Mon père ne veut pns m’associer à ses angoisses ni à ses périls, dites-vous? Oublie-t-il que c’est pour les partager avec lui que j’ai quitté la France? — Ne me serai-je armée de courage que pour m’enfuir lâchement au moment suprême? — Non ! il partira avec nous, ou nous resterons avec lui. Savez-vous pourquoi il refuse de nous suivre, Georges? Ce n’est pas pour