‹ Cora ou L'esclavage drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 79 sur 96 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GÉRARD. CORA, TOBY, KRAIG, ün shérif, uüklques agents.

(Kraig parait au fond, suivi du shérif. — Les agents entrent par la droite.)

GÉRARD

Je m’attendais à vous voir, monsieur Kraig, mais seul! Me direz-vous pourquoi ces messieurs vous accompagnent?

KRAIG.

Simple mesure de précaution, monsieur Gérard. Vos paroles me donnent l’espoir que ces messieurs n’auront rien à faire ici. Vous n’avez pas oublié sans doute que ce jour est celui de l’échéance fixée entre nous d’un commun accord. M. Johnson in’a donné ses pouvoirs et j’agis en son nom comme au mien. Etes-vous en mesure de nous payer?

GÉRARD

Le paquebot de New-York ne m’a pas apporté les fonds que j’attendais, monsieur ! mais d’ici à ce soir, ils peuvent encore m’arriver par la voie de terre.

KRAIG.

N’est-ce pas la maison Richardson qui doit vous les envoyer?

GÉRARD

Oui, monsieur.

CORA OU L’ESCLAVAGR.

KBAtG.

En ce cas, j’ai le regret de vous apprendre qu’on a reçu tout à l’heure, à la Nouvelle-Orléans, une dépêche annonçant que la maison Richardson est en faillite.

GÉRARD, portant les mains 4 son front.

Dieu !...

Etait-ce là votre unique ressource? (Gérard ne répond pas.) Vous voyez, monsieur Gérard, que la présence de ces messieurs n’était pas inutile. M. le shérif va procéder, avec votre permission, à la saisie et à l’apposition des scellés, (sadreamnt au «Urir :) N’avezvous pas un ordre tout préparé pour que la maison de M. Gérard, à la Nouvelle-Orléans, soit l’objet des mêmes mesures.

LE SH LUI F , tirant un papier de sa poche.

Le voici.

KRAIG.

Il ne faudrait pas perdre une minute, monsieur.

(Le shérif donne le papier à on des agents et loi dit quelques mots à vols basse. — Celui-ci sort rapidement.)

GÉRARD

Vous ôtes homme de précaution, monsieur Kraig.

KRAIG.

Croyez que je suis au désespoir d’en venir à ces extrémités; mais dans votre intérêt même, il importe que ces mesures ne souffrent aucun délai ; les scellés seront levés demain à midi, et l’on procédera à la vente judiciaire.

CORA

Eh bien! pourquoi baisser la tête, mon père? Votre ruine porte-t-elle atteinte à votre honneur?... Acceptons fièrement la pauvreté, et partons I

KRAIG.

J'aurais désiré que voire père vous expliquât pourquoi vous ne pouvez le suivre, mademoiselle; il me laisse là une mission pénible à remplir.

Comment, monsieur?

(Elle regarde alternativement Kraig et Gérard.)

GÉRARD, pacsanl devant Cora.

Ma fille est née en France, monsieur Kraig, et doit rester étrangère à tout ceci.

(Cora regarde «on père avec étonnement.)

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