SCÈNE IX
JOHNSON, KRAIG, Mistress BRADLEY, GÉRARD, CÜRTIS,
pais BILL.
(Gérard et Cnrtia entrent par le second plan à gauche; Curtis porte un livre relié en noir.)
KRAIG.
M. Gérard !
JOHNSON
(Moment de silence. Gérard et Curtis descendent lentement la scène.) GÉRARD.
Monsieur Johnson, je viens racheter ma fille!
JOHNSON
Mais, monsieur!...
GÉRARD
Je sais que vous avez le droit de me refuser celte grâce; mais maintenant que j’ai cessé d’être votre débiteur vous ne voudrez pas, je l’espère, user d’un droit qui me met au désespoir sans servir vos intérêts.
JOHNSON
Vous savez ce que m’a coûté Cora, sans doute?
curtis. > *
Oui, cinquante mille dollars !
GÉRARD
Je vous en offre le double !
JOHNSON
Est-ce M. Curtis qui vous prête celte somme
curtis.
Non, c’est M. Kraig qui la restitue.
KRAIG.
Moi?
113 CORA OU L’ESCLAVAGE
GÉRARD
Souvenez-vous de la mort de M. de Marsay. (Mouvement de Kraig.) Bill vous accuse d’avoir fait disparaître la quittance que de Marsay avait reçue de vos mains.
KRAIG.
Bill est un infâme calomniateur dont les tribunaux me feront justice! me fera-t-on l’injure d’opposer la parole de ce misérable à la mienne?
GÉRARD, prenant le livre qoe Üent Curtii,
Êtes-vous prêt à jurer sur celte Bible que ce misérable vous a calomnié, monsieur Kraig?
KRAIG.
Oui!
GÉRARD, ouvrant le livre et le présentante Kraig.
Jurez donc!...
(Kraig, après un moment d’hésitation, étend la main en se détournant. — En ce moment Bill entre en scène et s'approche.)
BILL
Jurez, monsieur Kraig... mais prenez garde, en l’ouvrant, d’y trouver ce papier qui vous accuse!
(Il tire de la Bible un papier qu’il montre à Kraig; celui-ci reste un momen frappé de stupeur.)
Une autre fois, monsieur Kraig, brûlez vos quittances vousmôme.
BILL
Tandis que vous couriez vers la porte, je cachais ce papier dans les feuillets de cette Bible et je lui en substituais un autre qui a fait le feu de joie que vous savez! Qu’en ditesvous? 7
KRAIG, d'une vols lourde.
Je dis que c’est un faux !
CURTIS
Eh bien ! les tribunaux que vous invoquiez tout à l’heure en décideront.
JOHNSON, à Gérard. :
Ah 1 monsieur ! je rougis d'avoir été, à mon insu, le complice de cet homme.