‹ Coraly, ou La soeur et le frère, comédie-vaudeville en un acteChapitre 14 sur 26 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

CORALY, Mad. DE SELMAR.

CORALY.

Enfin nous voilà seules!... ferme cette porie et viens ici... Jenny m'écrit que tu es discrète^ iiiulliijeuie , dé~ vouée à tes maîtres....

Mad. DE SELMAR.

Cest mon devoir...

CORALY.

Tu ne t'en repentiras pas!... hli Lien, Henrielle, il faut nue d'ici à ce soir...eJ c est toi seule que )e cli.M|;f' dr cette commission , il faut que touies nos malles -oi.-iit piètes.... car nous partons toutes deux, cette nuit, pour l' Au-leierre.

Mad. DE SELMAR.

Partir toutes les deux! et pour quel motif?...

CORALT.

Apprends, Henriette , que je vais en Angleterre, pour me marier....

Mad. DE SELMAR.

Vous marier ?...

CORALY.

Air : De sommeiller encor, ma chère.

Oui , j'en conviens , je suis jalouse

D'obtenir un état,. . un rang;

En un mot , je veux qu'on na'épousc.

Mad. OE .SELHAB.

Quoi 1 faire un éternel serment

cou A I.Y

Ces vœur d'éternelles tendresses M'offrent un nouvel avenir:

Quelquefois, j'ai fait des promesses ; Pour changer, je veux les tenir.

C'est mon seul désir... ma seule ambition : et voilà ce qui me décide.

Mad. DE SELMAR.

J\nitends. vous choisissez pour époux ce milord Guinsbourg, dont votis parliez toui-a-lbeuie..,

CORALY.

yon pas, il ne m'offre que sa fortune.

Mcid. DE SELMAR.

l'A VOUS le refusez ?...

CORALY.

Oui... pour un autre Leancoup moins riche, mais crue j'aime , et qui m'offre sa main... c'est le jeune Edouard. . le frère de madame de Selmar ^ une riche créole. Mad. DE SELMAR, CL part.

O Q\ç\\{haut) Oui, j'ai entendu parler de cette dame. . et Edouard y consent?

CORALY.

Il n'ignore point le sacrifice que je lui fais, en renonçant à la fortune de milord GuinsLourg...

Mad. DE SELMAR.

Mais prenez garde, madame; je dois vous éclairer sur la situation de M. Edouard et de sa sœur : j'ai entendu dire que madame de Selmar était riche... il est vrai... mais SI elle se remariait, son frère n'aurait rien...

CORALY.

Oui , mais elle ne se remariera. pas.... j'ai lu une lettre d'elle, où elle le jure à son frère... et sa parole est sacrée... On dit que cette femme-là est la vertu même. Mad. DE SELMAR, à part.

Tout conspire contre moi, jusqu'à la bonne opinion que j inspire... ^

CORALY.

Depuis ce malin, Edouard s'est occupé de tous les pré paiatifs... des papiers pour son mariage, des passe-poris pour 1 étranger... et cette nuit nous partons, avant que personne ait pu soupçonner notre fuite... Eh mais qui vient là?... {regardant par lafenétre)\Ju cavalier entrc^ dans la cour... c'est lui î c'est Edouard !

Mad. DE SELMAR.

Ahî mon dieu ! que devenir?..

Gui^SBOURG , en dehors et frappant à la porte a gauche, Milédi!

CORALY.

Encore lord Guinsbourg.

GL'lNSBPL'RG.

Puis-je enirer mainienaiil?

CORALY, à madame de Selmar.

Trouve un moyen de réloiiçncr.

3ia{l. DE SELMAR.

Kt comment?

CORALY.

Est-ce là c qui icniLanasse?.. et celle adresse... cette présence d'espl dont on m'a parlé... ( apercevant une Yeure<,ui csLur la talle) Al. ! ma lettre... donne la In., et qu'il parte h l'instant , entends-tu ?

iiad. DE SELMAR.

Oui, madame... (à /WO C'e.st bien, je lui remets ce„e lettre, et je pars... Je sais malmenant ce qui me reste faire.

( Elle sort par la porte a gauclie. )

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