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et pourvu d'un service régulier de trains sur toute la ligne, bien empierrée maintenant et qui n'est plus sujette comme avant à de constants éboulementB et inondations.
Le Czar disait dans son premier discours au Comité du Chemin de fer, qu'il présidait : « Je contemple avec émotion la grandeur de la tâche qui est devant nous ». La contemplation de la tâche achevée — la plus grande entreprise de ce genre que le monde ait jamais vue — ne peut manquer de le réjouir plus profondément que la plus triomphale des campagnes, et doit être avec raison une source de juste orgueil pour tous les Russes.
Ce fut un Anglais qui émit le premier l'idée de construire un Transsibérien ; les offres pour sa construction vinrent ensuite des Américains. Ceux-ci dépensèrent sans succès beaucoup de temps pour faire accepter leurs projets par le gouvernement. Ce dernier voulait réserver aux Russes tous les mérites de cette grande œuvre. Et, du reste, rien de plus naturel. En 1875, un comité de ministres étudia trois projets de tracés rivaux. Il en choisit un qui reçut, le 19 décembre, l'approbation de l'Empereur. Pour diff'é-
rentes causes — impossibilité de trouver des fonds immédiats, complications politiques, guerre de 1887 en Orient — on ajourna l'affaire. La ligne entière fut divise'e en sept sections où les travaux débutèrent presque en même temps. Le 19 mai 1891, le Czar actuel retourna la première pe41etée de terre à Vladivostok. Il fit alors ce voyage en Extrême-Orient que le voyageur peut aujourd'hui retracer pas à pas au moyen des arcs de triomphe dont j'ai déjà parlé.
Malgré sa longueur, la ligne ne présentait aucune difficulté sérieuse aux ingénieurs. Sauf dans les Monts Oural et Kiigan où les pentes, du reste, ne sont pas très raides, la route n'est qu'un vaste plateau. La section la plus difficile, à laquelle on travaille maintenant sur la rive sud du lac Baikal, fut omise du plan original en faveur de la traversée en bateaux. De nombreux fleuves sont traversés par des ponts dont la longueur totale est d'3 48 kilomètres. Certains sont très longs, tels celui de l'Yeniseï à Krasnoyarsk, (930 mètres), celui de l'Obi (840 mètres) et celui de rirtush (700 mètres). La distance de Saint- Pétersbourg jusqu'à Vladivostok est de 9.334 kilomètres, jusqu'à Port-Arthur, de 9.655 kilomètres