PRÉFACE IX
loin d'être, comme l'ont ineffablement rapporté quelques oisons d'un Capitole imaginaire, un argument péremptoire contre les pacifistes, la guerre actuelle est faite pour stimuler les efforts de ceuxci et pour légitimer leur conviction.
Une proie dont on cherche à s'emparer, pacifiquement ou non, amène toujours la bataille. Que la Mandchourie et la Mongolie soient des proies alléchantes, et que la Russie en ait tenté la conquête sournoisement (mais quelle nation désire donc, de gaîté de cœur, se lancer, de suite et sans avoir épuisé les autres moyens, dans une guerre plus ou moins ruineuse ?), voilà ce que le livre de M. Lynch démontre avec un relief remarquable.
Cette conquête soi-disant pacifique, n'était, en fait, qu'un bouillon de culture pour microbes militaristes. « Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ». Les nations civilisées ne répètent point autre chose et elles vont ainsi jusqu'à usurper toute la terre. Para bellum, si vis... helium !
Si la devise convient à la Russie — qui, du reste prépara fort mal ce qu'elle cherchait si bien, je crois qu'elle peut s'appliquer de même au Japon. Depuis le début du conflit, nous avons assisté, en France, à un curieux spectacle: à l'envi, russophiles et japonisants ont voulu imposer à tel ou tel leurs préférences. A tout prix, semblait-il, il fallait prendre