SCÈNE IX
MALAGA , CORNARO , portant une énorme clef \ suspendue à son cou.
malaga , d'abord seule.
Si ce qu’il dit est vrai , Mollctfo n’est qu'un gueux ,
Un horrible trompeur, un petit malheureux ,
Et cette main saura , pour venger mon outrage ,
Casser trois balanciers sur le dos du volage.
(Apercevant Cornaro qui entre légèrement.)
Qu avez-vous, Cornaro? D’où vi«*nt cet air mutin?
, Auriez-vous avalé des mouches ce matin ?
CORNARO
tf.tre plus que parfait ! Fée 2» qui rien ne manque ! Oui, je suis très-joyeux ; bonjour , ma saltimbanque !
MALAGA
Que portez-vous donc Ih... dessus votre gilet?
cornaro , légèrement.
C est un petit bijou , gentil dans ce qu’il est. MALAGA.
Coquet , un tel bijou , c’est bou pour une dame. CORNARO.
Ce serait un pen lourd snr le cou d’une femme.
Aussi je n’en veux pas, je me garderais bien De vous le demander.
(. A part.)
Ingénieux moyen !
CORNARO
De porter ce joyau j’ai la longue habitude...
MALAGA
Serait-ce pas la clef du cachot de Latude ?
CORNARO
Mais non , vous vons trompez ; l’objet est pen léger , Mais je ne sais pourquoi , j'aime .H m'en surcharger.
MALAGA
Oh ! je m’en moque bien de votre clef colosse.
(A part.)
Tâchons adroitement qn'il donne dans la bosse ! (Haut.)
Je la refuserais, si vous me l’offriez.
CORNARO
C’est dire finement qu'on la jette 2k vos pieds.
MALAGA
Eli bien! faisons tous deux un pari dramatique. CORNARO.
Eh bien! lequel? parlez , je suis k la réplique.
Gageons , si je voulais que vous m'en fissiez don ,
Que vous refuseriez tout net.
CORNARO
Gageons que non !
MALAGA
J’en jure par le ciel qu’en ce moment j’atteste.
Oh! oui , je vous méprise ! oh ! oui , je vous déteste.
CORNARO
Allez ! allez toujours , je n'en crois pas un mot. MALAGA.
V ms êtes un poussah ! vous êtes uu magot !
CORNARO
Je n’en crois pas un mot.
malaga.
Un vieux cheval hors d’âge !
LE MAGASIN THEATRAL
Tics-bien !