SCÈNE VIII
MALAGA , puis PSALMÜDL
malaga , d’abord seule.
Amant problématique ! est-il donc nécessaire D'envoyer sa conduite en charade au Corsaire ,
Car je n'y comprends rien ; je pense qu’il est fol ,
Ou qu'il a du chagrin de n'avoir pas le sol.
PSALMODI.
Pour la seconde fois je me réveille encore ,
Le désir de parler m’oppresse et me dévore.
(Il lui frappe sur ? épaule.)
MALAGA
Que veux- lu ?
psalmodi , d'un air $en teneieux.
L’irabécille est un homme d'esprit.
Tel qu'on crut attraper , bien souvent nous surprit,
C est parfois la Itoisson qui nous met en goguette , Souvent le chat qui dort n'est qu'un matou qui guette.
MAL AG A
Que diable dit-il 12k ? Vient-il de Nuremberg ?
Il m’exprime 2i présent comme Mathieu Lamsbcrg.
D où vient donc , Psalmodi, ce langage d'oracle ,
De rebus «l'almanach quelle horrible débâcle !
Qu as-tu donc mange?
PSALMODI.
Rien, je suis encore à jcuu.
Mais vous ave» perdu certaio jeune homme brun. Voulez-vous le trouver ce soir chez une blonde ?
Ou bien chez une brune , & votre choix ?
malaga , $ f éloignant avec noblesse.
Immonde !
Crois-tu donc que mon cœur soit un frêle instrument, Dont on puisse 2» son gré jouer impunément.
psalmodi , gravement.
On peut pincer d'un coeur comme d'une guitare. malaga , gatment et à part.
Cette comparaison est d’un genre assez rare.
(Haut.)
Tu inens ! Comme il ment ! oh !
psalmodi.
Dans une maison Dont je ne vous dis pas l'adresse pour raison,..
Je ne vous dis que ca. Ccmnro qui vous aime Va revenir ici pour ia scène dixième ,
11 çorle d'habitude un bijou précieux Qu avec soin il dérobe aux regards curieux ,
Une petite clef , oui, clef de nécessaire ,
Clef de petit coffret ou bien de secrétaire ,
Tâchez adroitement de vous en emparer.
malaga.
Et qu’en ferai-je après ? ,
psalmodi , appuyant.
Vous devez l'ignorer.
MALAGA
Ah ! bon! parfait! C'est juste. A vous je m’en rapporte. (A part.)
Si c'était par hasard pour ouvrir une porte !
Ce serait fort plaisant ! Une clef pour cela !
psalmodi.
Pour la troisième fois, je vais me coucher lâ;
Allons continuer mes sommes léthargiques ;
Je débute ce soir dans les ronfleurs tragiques.
(// se couche et s'endort.)