‹ Cornaro, tyran pas doux traduction en quatre actes et en vers d'Angelo, tyran de PadoueChapitre 22 sur 42 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

CASTOR IN E, couchée, MAL AG A.

malaga. entrant par le mur du fond, une chandelle à ta main et la grosse clef dans l'autre.

J’arrive en apportant la seconde chandelle.

Eli bien , me voilh propre avec mon infidèle !

[Elle pose sa clef sur la table, écarte les rideaux et regarde Cas tonne, qui feint de dormir.) Seule ? Ah ! le tour est bon. OU donc est mon coquin ? S’il était sous le lit , ou sur le baldaquin ? Cherchons.

[Elle parcourt lentement la chambre.) CASTOfiCtB , se dressant sur son lit.

Ce n’est pas lui . Quelle est cette étrangère , Qui def mon mobilier vient dresser l'inventaire ? [Haut.) Mais qu'est-ce doue ici que ceci?

u al ac a , sans la regarder.

C’est cela !

CASTOEINB.

La femme à la chandelle ! eh ! que cherchez-vous là î MALAGA.

Ce que je veux trouver.

( A part. )

Est-elle curieuse ?

CASTORira.

Sortes, ou bien je vais crier : À la voleuse !

malaga , apercevant U chapeau et le prenant.

^ Haut. )

Ab ! voilà son chapeau. Votre amant est le mien ; Cette chambre est la vôtre , et ce chapeau le sien.

castom.nb, avec dignité.

Ce feutre m’appartient.

malaga, avec ironie.

Il est à vous , madame ?

11 est un peu pointu ponr un cliapcau de femme. (D’un ton décidé.)

Il est un être ici que vous voulez cacher ;

Car jamais un chapeau tout seul ne peut marcher.

11 faut quelqu'un dessous , la chose est incomplète.

CASTOHLME.

Mais vous vous méprenez, car je suis femme honnête.

MALAGA

Honnête ? Eh bien ! moi donc , pour qui me prenez- Ah! madame à chapeau! comme son cher époux. [vous. Pudeur de sirnUor, vertu de chrysocale !

CASTORiïiB, avec dignité.

Avez-vous donc vendu des harengs à la halle . A-t-on jamais vu scène indécente a ce point ?

11 y manque un seul trait. .. ce sont les coups de poing.

MALAGA

Fausse femme !

CASTOR IK*

Comment? l'épithète me vexe.

Croyez-vous doue que j'aie ici cache mon sèxe ?

MALAflA.

Rendez-moi mon amant , rendez- le , je le veux J Oui , rendez-moi mon jeune, ou j’appelle le vieux. CASTOR I3VÏ.

Y pensez-vous , grand Dieu ! quand mon mari repose, Vous oseriez troubler son sommeil ?

MALAGA

Oni , je l’ose.

Coi fié d’un casque à mèche , il doit être fort laid ;

Il est couché , n’importe , il viendra comme il est ! Et quand il vous battrait ? Vos raisons sont étranges ! Je m’en ris , je m’en joue.

CASTORira.

O marchande d'oranges !

Tenez , pour vous calmer, acceptez ce bijou.

(Elle lui offre la plaque, quelle tire de son sein.) malaga, saisissant la plaque.

Quel est cet instrument que vous portez au cou ? D'où vient-il ?

CASTORira.

Je le tiens d’une ancienne gaillarde.

Que j’arrachai jadis aux griffes de la garde; Prcnez-le, vcndcz-le, c’est de peu de valeur;

Mais c’est délicieux pour vous porter bonheur,

Vous eu voyez la preuve.

malaga , si part .

O rare circonstance !

Voilà ce que j’appelle une reconnaissance Première qualité. Ce hasard vaut du neuf ;

On n’a rien vn de tel depuis quatre-vingt-neuf.

( Haut. )

Mc voilà disposée à vous rendre service ;

La paix soit entre nous !

CASTORira , étonnée.

Comment ?

MALAGA

Dieu vons bénisse !

De tromper votre époux J’ai trouvé le moyen ; Comprenez-vous cela ?

CASTORira.

Pas trop.

MALAGA

Ça ne fait rien ;

Ça tient à des raisons de plaque maternelle.

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