CASTOR1NE, MALAGA, CORNARO
ca6torikb , d’abord seule.
Ah ! j’entends mon jaloux !
MOLLEFFO , CASTOR1NE.
mollefpo, entrant par le mur du fond.
C’est moi , mon cher amour, je viens mal b propos.
CASTOR CtE.
Mais pourquoi donc viens-tu ?
MOLLEFFO.
Pour troubler ton repos.
CASTORIKB.
Parlons raison. Sais-tu ce qui te reste b faire?
Va fermer en dehors notre porte cochèrv.
cornaro , portant deux bouteilles , et un verre à champagne.
Avez-vous , notre dame ,
Fait vos réflexions?
CASTORIKB.
Non , monsieur.
CORKAAO.
Je vous blâme !
Mc faites-vous aller ?
malaga , à part.
Elle a bien scs raisons!
COENARO.
corraro , à part, rèfrardant Us deux bouteilles qu il porte.
Je me sens mal & l’aise entre ces deux boissons.
( 11 pose les bouteilles sur la table et se met à en déboucher une. )
( D’une i tour caverneuse. )
Ah ! c’est fini de rire ! il faut gober la chose Arec délicatesse... Ah î ah ! tout n'est pas rose Dedans la vio humaine; il est des jours foncés.
mal ag a , à part.
Des jours jaunes .. ,
corraro , toujours d'une voix sombre.
Couleur des maris enfonces !
( Il présente un verre plein à Castorine. ) Buvez à ma santé ceci.
castorirb , avec dignité.
Je tous méprise !
corraro , étonné.
Ah! la rcpliqne est bonne et vaut c]u'on la redise... Vous me méprisez ?
castor n**.
Oui.
OORRARO.
J'avais bien entendu;
Mais je ue m’étais point à ce style attendu 1 castor m*.
Parlons plus simplement ! vous êtes un gros cuistre Parfaitement infâme... Offrir d'un ton sinistre Un verre î» pied rempli de ce coco mortel!
Mais jamais sur l'honneur on ne vit rien de tel.
Vous êtes un tyran , un Turc de mélodrame !
( A Malaga. )
De ce mâle hideux que penses* vous, madame?
MALAGA
Ce que je pense ? hélas ! ne m’interrogez point.
CASTOR1RB.
Si! je veux le savoir; j’insiste sur ce point.
MALAGA
Pour lui , si je pouvais , vu sa rare furie , J'ohticndraia une 1 ►ourse h la ménagerie ;
Oui , je voudrais qu'à l’arbre on le fit travailler.
Et que sur scs vieux jours ou le fit empailler,
Puis mettre au cabinet d’histoire naturelle.
corraro, à part.
Le mot est dur pour moi.
castorirb, à Comaro,
Vous , que pensez-vous d’elle?
CORRARO.
( A part. )
Ce que j’en pense ?... Ah! ah! je ne m'attendais pas A cette question. Ça me casse les bras...
( Haut .)
Je pense qu’il faudrait vous dépêcher de boire ,
Au lieu de vous lancer dans l’interrogatoire;
Allons ! ferme ! avalons ! voici le vrai moment !
CASTORIRB.
( A Ma la g a . )
Non ! je ne boirai pas. Quel affreux garnement ! {Elle se jette aux pieds de Malaga.)
Madame, vous voyez scs desseins malhonnêtes !
Il veut m’empoisonner. Est-ce que vous en êtes , Vous? parlez, répondes!
corraro , brusquement.
Avalez vite et prompt!
castorirs , vivement.
Ah ! vous m'interrompes 1
( A Malaga. )
Hein ! comme il m'interrompt ?
( Elle se relève, et dit au public : )
M’interrompt-il assez?
corraro , lui tendant te terre.
Fant-il qu’on vous contraigne?
Je suis las! pour nn bras prcnr-z-éMiis mon enseigne ? Serai-je donc réduit à vous pincer le nez Comme on fait quelquefois aux enfaus obstinés? CASTORIRR.
Je n’ai pas soif du tout; je l’ai dit : j’y persiste. corraro , d Malaga.
Alors, c’est à nous deux ; et puisqu'elle résiste ,
(// pose le verre sur la table.) Prenez-la par les bras, je vais pincer l’objet ,
Et lui jeter ceci dans le cou tout d’un jet.
CASTORIRR, d'un ton menaçant.
Eh bien! osez venir, je mords et j’égratigne.
Et je fais nn sabbat , mais un sabbat indigne.
malaga , à Comaro, le prenant à part.
Au fait, scs cris pourraient faire accourir quelqu'un, (D'un air important . )
Il est un précédent : l'anguille de Melun.
corraro , interdit .
La remarque est puissante ! 11 me faut du mystère, (A Castorine.)
Attendez un instantl
castorirb , avec crainte.
Quoi donc ?
corraro , d part.
J'ai mon affaire!
(Il soN d'un air sombre. )