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seils. C'était alors à qui l'aurait, et lès gens du bel air, dont le jugement ne devait pas lui être d'une utilité bien grande, tiraient vanité d'avoir eu chez eux Pierre Corneille leur faisant connaître sa pièce encore inconnue, et de lui en avoir dit leur avis. « Je viens, dit un fat de littérature mis en scène par l'Angevin La Pinelière dans son rarissime livret le Parnasse , ou le Critique des poètes^, ]é viens de saluer M. Corneille, qui n'arriva qu'hier de Rouen; il me promit que demain nous irions voir ensemble M. Mairet, et qu'il me fera voir des vers d'une excellente pièce de théâtre qu'il a commencée, n Or, comme le livre de La Pinelière est de 1635, cette pièce, dont notre sot prétend que Corneille lui a promis la lecture, n'était pas moins que la Médée, qui en effet s'achevait alors et fut jouée la même année. Dans les Fâcheux, de Molière ^, un autre fat tient le même langage. Je sais, dit-il.
Je sais par quelles lois un ouvrage est parfait , Et Corneille me vient lire tout ce qu'il fait.
Ce trait dut amuser Fouquet, chez qui se jouaient les Fâcheux, et qui lui-même avait alors réellement les premières confidences des pièces de Corneille, réengagé par ses encouragements dans la voie du théâtre, après six ans d'un invincible dégoût dont avait été cause la chute de Pertharite en 16553. Molière montrait ainsi au surintendant que le plus haut désir d'un homme visant au grand seigneur était
1. Dédié à monseigneur le marquis du Bellay, Paris, 163 j, in-8, p. 61.— Les frères Parfaict, en citant ce livre , se sont trompés sur le nom de son auteur, qu'ils ont appelé La P/wZ/ère; et depuis lors plusieurs écrivains, qui ne citaient que d'après eux, ont commis la même erreur. C'est la première fois que La Pinelière reprend son vrai nom. Nous verrons tout à l'heure qu'il était ami de Corneille.