‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 11 sur 105 · Chéruel, Mémoires sur Fouquet, t. I, p · texte numérisé non relu

Chéruel, Mémoires sur Fouquet, t. I, p

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d'avoir ce que lui-même avait avant tout le monde, et sa vanité de Mécène parvenu n'en devait pas être médiocrement flattée.

Corneille allait aussi lire ses pièces à l'hôtel Rambouillet, qui eut ainsi la primeur de Polyeucte, dont le mérite n'y fut pas senti, bien que, par plus d'un point, Pauline fût en sympathie avec la délicatesse des sentiments dont l'étude était démode chez Arthénice. Comme précieuse, ont l'eût admise; comme chrétienne, on la repoussa du Salon bleu, et après cet arrêt, que Voiture lui fit connaître avec tous les détours qu'il savait prendre quand il flattait et mieux encore lorsqu'il ne flattait pas, Corneille fut sur le point de retirer Polyeucte des mains des comédiens. Il fallut que l'un d'eux, qui n'était cependant pas des plus habiles, le rassurât sur l'avenir de sa tragédie, et cassât net, par quelques mots de jugement sincère, la sentence doucereuse du bleu prétoire. Corneille s'en était voulu un moment d'avoir fait ce chefd'œuvre; mais, bonhomme, iln'en voulut jamais aux beaux esprits qui l'avaient condamné '.

Chez la Rochefoucauld et chez le cardinal de Retz, lorsque, pendant l'hiver de 1672, Corneille y fit lecture de sa Pulchérie devant un monde dont la distinction d'esprit ne peut être mise en doute , puisque l'on connaît le nom de ceux qui le recevaient et puisque l'on sait aussi que M'"^ de Sévigné et M'"^ de la Fayette faisaient partie du cercle^, il eut une meilleure fortune. L'une et l'autre maison étaient au reste fort bien choisies pour qu'il y obtînt un succès. Ce n'est pas chez la Rochefoucauld, dont un dernier amour, plus d'esprit que de cœur il est vrai , ranimait la goutteuse

1 . Nous ne parlerons pas de l'anecdote du manuscrit de Polyeucte oublié pendant dix-huit mois, par un comédien, sur un ciel de lit! M. Taschereau en a déjà fait justice.

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