V. ses lettres du 1 5 janvier et du 9 mars
vieillesse , ce n'est pas non plus chez le cardinal de Retz, désabusé de tout, hormis de l'ambition, que l'on se fût avisé de trouver invraisemblable et ridicule le vieux Martian partageant sa dernière saison entre les soins de l'ambition et ceux de l'amour. Par malheur, il arrive souvent que le public ne ratifie pas les approbations des cercles,, les enthousiasmes de petit comité : Pulchérie, acclamée chez la Rochefoucauld et chez le cardinal de Retz , fut accueillie froidement au théâtre ; c'était la douloureuse contre-partie de Polyeucte, condamné chez Arthénice et triomphant à l'hôtel de Bourgogne.
Entre autres maisons qui me semblent avoir eu la primeur des pièces de Corneille était l'hôtel de ce comte de Fiesque dont les loisirs , avant la Fronde , où son rôle fut moins intelligent ', se dépensaient dans la protection des lettres et les plaisirs du théâtre. Il avait, plus qu'aucun, encouragé Mairet^ ; Rotrou l'avait pour Mécène et lui dédiait sa Diane ? ; Sarrasin, qu'il avait admis au nombre de ses plus chers familiers, lui écrivait des épîtres-gazettes pour le tenir au fait, pendant ses absences de Paris , de tout ce qui s'y passait de curieux dans le monde de l'esprit4 ; et Corneille, se faisant gai pour l'égayer, amusant pour l'amuser, ne croyait pas déroger par des rimes de ballet et de mascarade que le comte lui avait demandées. C'est pour lui qu'il fit une partie du ballet du Château de Bicêtre , dans lequel M. de Fiesque représentait un diable 5, et pour lui peut-être encore qu'il rima la part la plus comique et la meilleure
1. G. Moreau, Bibliogr. des Mazarinades, t. 1, p. 218; II, p. 88.