‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 13 sur 105 · Œuvres diverses, 1738, in-8, p · texte numérisé non relu

Œuvres diverses, 1738, in-8, p

de cette mascarade des Enfants gâtés ' dont on n'a publié que des fragments 2.

Corneille, à l'hôtel de Guise, était mieux vu encore que chez M. de Fiesque. Nous l'y trouverons tout à l'heure hébergé de la façon la plus hospitalière, à chaque voyage qu'il faisait à Paris. La lecture de ses œuvres en primeur, et quelques sonnets à la louange du Mécène ravi ?, payaient largement son écot. Assez friand des éloges et, comme tous ceux qui les aiment, les trouvant bons de quelque part qu'ils vinssent, il faisait cas des applaudissements que lui valaient ces lectures dans les salons et dans les ruelles ; mais ils étaient toujours bien plutôt un encouragement pour sa timidité, un aiguillon pour sa défiance de lui-même , qu'un enivrement d'amour-propre. Même en ces réunions à l'attention mondaine, c'est-à-dire futile, Corneille épiait les utiles conseils sous les approbations banales, et maintes fois il en trouvait ; mais c'est en d'autres maisons plus modestes et plus sérieuses qu'il rencontrait surtout ce qu'il cherchait ainsi. S'il y récoltait moins d'éloges, il y glanait plus fructueusement de bons avis pour salaire de ses lectures.

Son éducation de poëte ne se fit même pas d'une autre manière. Nous avons vu qu'il était entré dans les lettres presque par hasard , sans parti pris et par conséquent sans préparation. Il ne savait pas que l'art avait des règles, et il s'en passait. Ce fut un bonheur pour ses premières œuvres, qui purent ainsi développer sans entrave l'originalité qui est leur principal mérite , et qui fit leur fortune; mais pour qu'il grandîtetdevîntcomplet, pour qu'il eût vraimenttoute sa force

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