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joué en 1636,61 Horace, représenté en 1640. « Il ne fait plus rien, » dit Chapelain à Balzac, au mois de janvier 1639, dans une lettre qui fut longtemps inédite; puis, après avoir parlé de ses efforts pour l'engager à reprendre ses travaux et à se venger ainsi de Scudéry et de tous les détracteurs du Cid , Chapelain ajoute : « Il n'y a pas moyen de l'y résoudre. Il ne parle plus que des règles.... mettant au reste Aristote entre les auteurs apocryphes , lorsqu'il ne s'accommode pas à ses imaginations. »
Plus tard, il revint à l'obéissance complète. Aristote, dont on lui avait voulu imposer le despotisme, étant redevenu tout simplement un maître , il cessa volontiers sa révolte et se soumit avec plus de douceur que jamais. Lorsque, pour la grande édition de ses œuvres publiée in-folio, en 1665 et 1664, il écrivit ses trois discours du Poème dramatique, de la Tragédie et de ses trois unités, il était tout à fait rentré dans la soumission et, qui plus est, il se laissait de fort bon cœur donner à ce sujet des leçons de grec , pour le sens de certains mots, mal compris par les interprètes qu'il avait luimême trop fidèlement suivis. C'est ainsi qu'il eut un soir, après avoir dîné avec Urbain Chevreau , un long entretien sur l'interprétation d'un mot du texte d'Aristote, jusqu'alors traduit à contre-sens , et pour lequel il se rendit à l'opinion de son docte interlocuteur, qui du reste avait pour lui , comme renfort, l'autorité de Dacier '.
Urbain Chevreau était de ceux à qui Corneille faisait le plus volontiers connaître d'abord les vers qu'il voulait essayer. Ce même jour, au sortir de table, il lui avait fait ainsi une petite confidence poétique, u il me demanda , dit Chevreau, mon sentiment sur quelques vers qu'il me récita et
I. Chevr<eana, 1697, in-8, p. 95-98. « Corneille savait peu ou point de grec ; d'Aubignac le lui reprocha ; 4e Dissert. ; aussi n'a-t-il traité que des sujets romains. Racine, au contraire, digne élève de Port-Royal, était bon Grec, et préféra les sujets grecs. Boileau les lui avait conseillés, pour qu'il nMmitât pas Corneille. » Mémoires de Brossette, édit. Laverdet, p. 520.
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que je louai fort. » D'autres fois , c'est à Brébeuf qu'il s'adressait. Il le voyait tantôt à Paris, tantôt à Rouen; il le consultait toujours avec plaisir, souvent même avec profit, lorsque , s'en tenant aux bons modèles, le traducteur de la Pharsale ne faisait pas trop vivement partager au poète de la Mort de Pompée son admiration excessive pour Lucain.
Brébeuf était pauvre comme Corneille, peut-être même plus que lui ', si bien que s'il n'y avait pas eu entre eux confraternité de poésie, il y aurait eu du moins sympathie de misère. Chez d'autres amis. Corneille trouvait plus de fortune, mais non moins d'intelligence, de vive admiration pour ses œuvres. Ainsi le riche marchand Lucas, qui, après s'être acquis à Rouen une sompteuse aisance , était venu suivre à Paris l'éducation que son fils dépensa en de célèbres voyages, se trouvait très-fier des communications que Corneille voulait bien lui faire de ses ouvrages 2. Son esprit, qui ne s'était ni rouillé ni gâté dans le commerce , était même parfois un bon conseiller pour le poëte. Tout marchand qu'il fût, il s'était fait connaître pour habile homme par tout ce qu'il y avait d'habiles gens à l'Académie 5 ; et Corneille ne recherchait pas son entretien avec moins d'empressement que celui du P. Lucas, son frère, bon poëte latin, dont en 1676 il traduisit une ode en vers français 4. M. Lucas et Brébeuf comptaient donc parmi « les plus illustres amis » de la famille Corneille, ainsi que Thomas l'écrivait un jour à l'abbé de Pure 5.
Il aurait aussi pu mettre du nombre l'excellent Louis Petit , assez bon poëte et meilleur ami. Il était si dévoué à Corneille, que, malgré ce qui l'attachait à Rouen , sa ville
1. V. le curieux article sur Brébeuf de M. G. de Montigny, dans la Revue de Paris du 21 nov. 1841, p. 194.