‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 25 sur 105 · Segraisiana^ P · texte numérisé non relu

Segraisiana^ P

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même qu'à son frère Thomas , qui tout d'abord fut mis de moitié par lui dans tout ce qui lui arrivait d'heureux, et fréquenta chaque maison oi^ il était admis. Mais cette protection, comme celle de Condé, fut toute d'estime. Le patronage n'alla pas plus loin qu'une assez expansive admiration. La comtesse de Noailles, qu'on appelait Noziane dans le monde des Précieuses, se contenta de dire partout, « qu'aimant les vers extraordinairement, et ne pouvant les souffrir s'ils ne sont beaux, elle protégeoitpoui*cela d'une façon particulière les deux Cléocrite (les deux Corneille) , qui ne faisoient rien que d'achevé ' )>

Une admiration qui n'aboutit pas pour Corneille à de plus grands bienfaits, ce me semble, et fut, pourrait-on dire, tout aussi platonique , c'est celle que lui témoignait Louise de Gonzague , cette charmante reine de Pologne qui , partant pour son royaume en 1645 , n'avait pas emporté de Paris de plus vif souvenir que celui des tragédies du poëte.

Saint-Amant , qui la suivit , sut l'entretenir dans ces sentiments pour un homme qui était de ses meilleurs amis, bien qu'il ne le vit point partager ses habitudes de cabaret et de tripot. Lorsqu'en 1655, Corneille eut achevé sa traduction de V Imitation, Saint-Amant , devenu pieux par effort d'amitié , se fit le patron peu respecté du respectable ouvrage. En des Stances, qu'il lui consacra comme réclame, et que l'éditeur de Corneille se hâta de faire imprimer et de répandre, il ne manqua pas de le recommander à sa princesse, a à son auguste Louyse, honneur des dieux humains 2.» La recommandation fut-elle efficace ? le livre fut-il bien accueilli.? je n'en doute pas ; mais le présent du poëte, fut-il récompensé par un autre digne d'une reine ^ j'en répondrais moins. Je dois pourtant dire que M. de Cam-

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