Id., p
Celui de tous les protecteurs de Corneille dont les bienfaits pour lui furent surtout efficaces , celui auquel certainement il dut le plus , et auquel, en ce point, la France ellemême doit le plus aussi , c'est le surintendant Fouquet. Sans lui, en effet, sans ses conseils, sans ses encouragements en bonnes paroles et en beaux écus bien sonnants , nous n'aurions peut-être pas les dernières œuvres de Corneille , dans lesquelles, pour ne nommer que VŒdipe, Serîorius , Othon et Psyché, l'on trouve encore tant de remarquables parties.
En 1655, après la mauvaise fortune de sa Pertharite, Corneille s'était pris d'un profond dégoût pour le théâtre, et avait résolu d'y renoncer tout à fait. Déjà, pendant les sept ou huit années précédentes, une succession de chutes complètes, comme celle de sa Théodore en 1645, ou de demi-succès comme pour son Héraclius en 1647 et son Don Sanche l'année d'après , l'avait peu à peu préparé à cette résolution de retraite. Les ennuis qu'il avait eus par suite du procès des libraires Courbé , Quinet et Sommarville à propos de son Héraclius < , n'avaient pas été de nature à le faire revenir sur ce dégoût. D'un autre côté, il se sentait vieillir; sa santé, longtemps vaillante, ne l'était plus autant, et force lui fut même, l'année qui suivit ses premiers adieux au théâtre, c'est-à-dire en 1654, d'aller passer une saison aux eaux de Bourbon 2.
Son jeune frère Thomas avait grandi cependant. Depuis trois ans même; il s'était donné droit de bourgeoisie à l'hôtel de Bourgogne par le succès de sa pièce : les Engagements du hasard; et Pierre, en obligeant aîné, s'était mis alors à penser qu'il serait bon de lui laisser la place, sans le gêner par la concurrence de nouvelles œuvres, les anciennes