Carpenteriana, 172^, in-8, p
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à qui voulait l'entendre avec cette naïve effusion de joie mêlée de surprise qu'il eut toujours pour tout succès conquis et pour tout argent gagné. Jamais le théâtre n'avait mis son cœur ni sa bourse à pareille fête : aussi ne le regrettait-il pas. « Je lui ai ouï dire, écrit Gabriel Guéret, que son Imitation lui avait plus valu que la meilleure de ses co médies, et qu'il avait reconnu par le gain considérable qu'il y avait fait que Dieu n'est jamais ingrat pour ceux qui travaillent pour lui. )) C'est là une de ces échappées de franchise qui firent parfois accuser Corneille d'un amour immodéré de l'argent, lorsqu'il n'y fallait voir que la satisfaction ingénue de l'homme qui , s'étant voué pour faire vivre les siens au plus ingrat des labeurs, se trouve tout surpris d'avoir atteint le résultat cherché.
En 1655, sa santé, déjà chancelante, avait éprouvé une rude secousse; il avait été pris, dit Charpentier, « d'une grosse maladie ' , » mais, toujours infatigable, il n'en avait pas travaillé moins. Pressé par le succès et par les instances de son libraire Ballard, c'est pendant ces heures de souffrance qu'il avait traduit le troisième livre de limitation 2. Puis , se guérissant plus lentement qu'il ne travaillait , après avoir livré cette nouvelle partie de l'œuvre à son cher imprimeur de Rouen, Laurent Maurry, et avoir donné à l'impression le soin qui lui était ordinaire, il s'était mis en route pour Bourbon, avec l'espoir d y recouvrer tout à fait la santé.
Il s'y trouvait en 1654, pendant que son IIF livre s'en allait dans la boutique de Ballard, rue Saint-Jacques, compléter par son succès celui des deux premiers. Restait à traduire le quatrième : Corneille n'y perdit pas de temps; cependant on ne l'eut imprimé pour la première fois, à la suite d'une réimpression des trois autres, que deux ans