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après, en 1656. Pourquoi ce retard? Peut-être à cause d'une rechute. Ce qui est certain, c'est qu'au mois de janvier 16^5 , au moment où l'on aurait pu le croire le plus occupé de son travail, il était assez grièvement malade pour que le bruit de sa mort courût à Paris ' .
En 1656, enfin, il est tout à fait rétabli, son travail est achevé; sa traduction de Vlmitation a paru, en un beau volume in-40, chez Robert Ballard. Corneille n'a plus rien à faire, que fera-t-il ? L'Eglise ne le possède plus, car depuis 1652, après une année d'exercice, oii il déploya une conscience de travail attestée encore aujourd'hui par de longues pages de registre toutes écrites de sa main 2, il s'est démis de ses fonctions de marguillier. Va-t-il de nouveau se consacrer au théâtre ? On peut l'espérer. Un certain aiguillon l'y pousse, c'est le succès de son frère Thomas, auquel il a cédé la place de peur de l'éclipser, et dont il pourrait craindre à présent que l'éclat ne l'éclipsât lui-même.
Après les Illustres ennemis, joués sans grand résultat en 16 $4 ; après le Geôlier de soi-même, qui fut plus heureux en 1655, Thomas Corneille a tout à coup, dans l'hiver de 1656, remporté une véritable victoire : il a donné son Cid, il a fait jouer Timocrate, dont la fortune fut si longue que les comédiens furent obligés de l'arrêter. Après l'avoir représenté quatre-vingts fois de suite, ils refusèrent de le représenter davantage, craignant, en ne jouant plus que cette pièce, de désapprendre les autres.
Il y avait certes dans cet immense succès du cadet un puissant motif d'émulation pour l'aîné. Pour qu'il ne songeât pas un peu alors à tenter de nouveau les hasards du théâtre, il eût fallu que sa résolution fût tout à fait invincible;