Lettre de Corneille au P. Boulard, du 10 juin
2. Cette édition de 1654 1655, imprimée à Rouen en 3 vol. in- 12, se vendait, à Paris, chez Aug. Courbé. Le troisième volume ne parut qu'en 1655. Comme on le grossit dM/2c/ro;nè^e, Don Sanche, Nicomeàe et Pertharite, il n'a pas moins de ^70 pages.
3. Lettre de Guy -Patin, édit. de Reveillé-Parise, t. du 21 juin 1653.
Depuis que Montauron, cet astre de fortune, s'était éclipsé dans une débâcle, les poètes n'avaient plus eu de protecteur, vraiment libéral. Maynard, en quête d'un Mécène nouveau et ne le trouvant pas, n'avait pu survivre plus d'un an à la ruine de Montauron, et sa dernière plainte avait été pour la libéralité morte, pour cette vertu signalée, qu'on a, disait Corneille, à cette occasion même ',
Qu'on a depuis longtemps de la cour exilée.
Maynard, ajoutait-il,
Maynard l'a chaque jour criée à haute voix : Il n'est porte où pour elle il n'ait frappé cent fois ; Mais sans en voir l'image en aucun lieu gravée , Il est mort la cherchant et ne l'a pas trouvée.
Que ne pouvait-il attendre ! Fouquet, dont la tâche fut de reprendre, mais avec plus d'intelligence et plus de magnificence encore, sous l'inspiration éclairée de Pellisson, la succession des libéralités de Montauron, l'héritage de sa bienfaisance, Fouquet la lui eût fait connaître. Le pauvre Maynard eût une dernière fois salué cette haute vertu, comme dit Corneille encore 2,
Cette haute vertu, cette illustre bannie. Cette source de gloire en torrent infinie. Cette reine des cœurs, cette divinité, J'ai retrouvé son nom : la Libéralité.
A quelle époque Corneille fut-il admis chez Fouquet, et eut-il part à ses largesses^ M. Chéruel 5 suppose que ce dut être en 1657. Il a raison. Nous allons soutenir son hypo-
1. La Poésie à la Peinture, dans les Œuvres diverses, p. 18?.