‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 34 sur 105 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

3. Mémoires sur la vie publique et privée de Fouquet, t. 1, p. 42S.

thèse par une preuve. Quelque temps après la prise de Hesdin par les Espagnols, qui eut lieu cette année, Scarron écrivit une lettre assez chagrine à l'un des familiers du surintendant, dans laquelle, après quelques plaintes sur sa méchante fortune, il insinue que les visites des Corneille chez Fouquet et le bon accueil qu'on leur fait lui causent un certain déplaisir. Le pauvret tremble pour son burlesque. Il a grand 'peur que le tragique en faveur ne supplante ses petites rimes. « Tout contribue, écrit-il, à me faire détester mon malheur » ; puis, continuant : « Ajoutez à cela, dit-il, le Boisrobert et les Corneille,

Que votre cher patron,

Le moderne Mécène , A régalés en faveur d'Hippocrène :

Ce qui pourrait troubler le repos de Scarron Autant que les lauriers du vaillant Miltiade Empêchaient de dormir un autre Athénien.» i

Pension, bon accueil, régal, tout cela n'était qu'à la condition expresse de quelques œuvres nouvelles. Pierre et Thomas n'y répugnèrent pas. Ils ne demandèrent qu'une chose : des sujets, et promirent que les tragédies seraient bientôt faites. Puisque des sujets étaient demandés, Fouquet prit la peine d'en chercher lui-même; il en proposa trois, dont l'un, celui d'Œdipe, fut accepté par Pierre, et un autre, celui de Camma, fut pris par Thomas.

Un peu plus d'un an après, en février 1659, Œdipe était joué avec un succès immense à Phôtel de Bourgogne ; le roi venait lui -même assister à l'une des représentations 2 , félicitait gracieusement l'auteur et, déjà soucieux de ne pas abandonner au fastueux Fouquet le privilège de tous les

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