V. la Lettre de Scarron citée plus. haut
2. C'est, par exemple, au château de Belin que Boisrobert lui adressa, le S octobre i6j7, cette fameuse lettre si hostile au Cid.
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le coche et s'en revint à Rouen. Au mois de mai 1658 nous Vy trouvons tout recueilli dans son œuvre nouvelle, et craignant de s'en distraire même par une lettre à quelqu'un de ses amis. C'est son frère Thomas qu'il charge d'écrire à sa placer L'an d'après, aux mois de mars et d'avril, bien qu'on joue sa pièce à Paris , il est encore à Rouen. Pendant quelques jours seulement il a paru à l'hôtel de Bourgogne , puis bien vite il est revenu là-bas , dans son ménage, laissant les comédiens faire ce qu'ils veulent des rôles de sa tragédie , et mettre , par exemple , suivant leur fantaisie, uneJocaste nouvelle à la place de celle qu'il avait choisie 2. Brave homme! tout le satisfait; pour peu qu'on lui écrive quelques mots sur ce qui se passe, il est content.
Il désire toutefois qu'on ne prenne pas pour ces lettres les moyens de communication les plus lents ^ car alors les retards seraient sans fm. Une fois, il y a quelques années de cela, le P. Boulard, son ami, s'étant avisé de lui faire tenir un paquet par commission et non par message direct, il a dû l'attendre près de trois semaines : aussi , quoiqu'il soit patient, il lui en a fait reproche : u Vous avez eu peur, lui a-til écrit 3, de me faire couster du port par le messager, et vostre pacquet a été dix-huit jours à venir de Paris à Rouen, pour me faire cette espargne. Je vous supplie de n'avoir plus cette circonspection, et de croire que la voye du messager n'est pas si onéreuse qu'on n'en soit bien récompensé par la promptitude. )>
Corneille, accoutumé par la vie de province à des habitudes qui le tinrent toujours en garde contre celles de Pa-
1. V. la lettre de Thomas Corneille à l'abbé de Pure, du 19 mai 16$ 8, Œuvres , édit. Hachette, t. V, p. J70.
2. V. la lettre de P. Corneille à l'abbé de Pure, du 12 mars 1659, et celle de Thomas au même , du 4 avril suivant.
3. Lettre de 1652 , la veille de Pâques, Biblioth. de V École des chartes, 1852, p. 352.
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ris, n'avait rien, encore une fois, des mœurs oisives et relâchées dans lesquelles s'acoquinaient et dont faisaient parade les poètes du temps, même les plus sérieux et les plus sages, même Rotrou, qu'il appelait son père' , et dont cependant il n'eût certes pas voulu suivre la vie.
Comme Tristan 2, comme Boisrobert^, Rotrou était un effréné joueur qui, furieux lui-même contre sa passion, cherchait tous les moyens possibles de lui dérober quelques épaves de sa bourse et n'y parvenait pas 4. Corneille, en cela comme pour tout le reste, était de la plus irréprochable continence ; je ne sache pas qu'il ait jamais rien perdu au jeu, si ce n'est pourtant un sonnets Proche voisin de Fredoc, lorsqu'il habita la rue d'Argenteuil, je jurerais qu'il ne mit jamais les pieds dans son tripot de la place du Palais- Royal^. Il ne vivait pas dans les cabaretS; comme St-Amant qui finit par y mourir?, ni comme La Serre qui finit par s'y marier 8. Quoique bel et bien anobli par lettres royales, ainsi que nous le verrons , il n'était pas fanfaron de noblesse comme Scudéry, dont, par parenthèse, les airs de bravache lui prêtèrent quelque peu à rire dans sa Réponse aux observations sur le Cid. où il lui dit sur le ton d'une douce ironie : « Je ne doute ni de votre noblesse ni de votre vaillance, etc.»
1. Les frères Parfaict , Histoire du théâtre français, t. IV, p. 462.
2. V. notre notice sur lui dans les Poètes français de M. Eugène Crepet, t, II, p. $39-54^7 et un excellent article de M. Eug. de Montlaur dans la Reyue du Progrès du 1 5 mars 1840, p. 226-230.
3. V. sur lui l'article de Ch. Labitte dans la Revue de Paris , i'''^ sept. 1839, p. 71.
4. V. à ce propos une curieuse anecdote dans VHistoire littéraire de l'abbé Lambert, in -40, t. II, p. 302.